Passion de S. Pionius
Introduction lxv
pelles-tu ? — Je suis chrétien. — Frappez-le sur la bouche et dites-lui : Ne réponds pas une chose pour une autre. — Je dis mon vrai nom; si tu me demandes mon nomd'usage, mes parents m'appelaientTaraque.))Le juge à Probe : « Comment t'appelles-tu? — Premièrement, je dirai mon plus beau nom qui est chrétien; ensuite, parmi les hommes, on m'appelle Probe. » Le juge à Andronic : « Ton nom ? — Si tu désires connaître mon véritable nom, je suis chrétien ^ »
La fermeté des catholiques du xvi^ siècle frappe les contemporains. Le martyre vient chercher ses élus au sein de la vie familiale ou de la besogne quotidienne ; en descendant de cheval, comme pour Marmaduke Bowes, gentilhomme du Yorkshire ; au fond du manoir paternel, au foyer, dans la rue, aux champs, dans la boutique ; ils y marchent avec simplicité, sans surprise, sans emphase, sans répugnance. « Je remarque en tous, écrit le sieur de Marsys, la même force produite par la même grâce. Les vieillards ne redoutent pas Tincommodité de leur prison, les jeunes gens ne craignent point la perte de leur liberté, les dames ne rougissent pas de l'ignominie de leurs fers 2. »
Mais la fermeté de ces martyrs offre un caractère très original que ne présentent pas au même degré les récits de la primitive Eglise. Il faut, croyons-nous, grouper divers traits afin de se rendre compte qu'un élément nouveau s'est introduit dans la fermeté, et cet élément tient au tempérament de la nation anglaise. C'est le commen-