MARTYRE DE FRANÇOIS DE LANGLADE DU CHAILA
AU PONT-DE-MONTVERT (lOZÈRe), LE 22 JUILLET 1702.
M. du Chaila était né en 1647, au château du Chaila-d'Ance, paroisse de Saint-Paul-le-Froid. II entra jeune au séminaire des Missions-Etrangères et fut envoyé en qualité de missionnaire au Siam, où il épuisa ses forces, en sorte que ses supérieurs durent le rappeler en France en 1686. Dès le mois de novembre de cette même année, il fut destiné aux missions du diocèse de Mende, Les historiens lui donnent les titres darchiprêtre des Cévennes et de curé de Saint-Germain-de-Calberte. Il avait le prieuré de Laval avec dispense de résidence '.
1. Le Laval dont fut prieur M. du Chaila était, selon toute apparence, Laval-d'Atger, dans le canton de Grandrieu : M. du Chaila était orighaaire du Chaila-d'Ance, commune de Saint-Paul-le-Froid, et sa famille disposa joendant longtemps du bénéfice de Lavald'Atger, situé dans les environs. Ce bénéfice, du reste, était riche, tandis que celui de Laval-du-Tarn était d'un revenu plutôt médiocre. Or, M. Mingaud qualifie de ric/ie le prieuré de Laval. D'après un document que l'auteur de cette note a entre les mains, le prieuré de Laval ne fut donné à l'abbé du Chaila qu'en 1698. Il ne peut être question du Laval situé dans les environs de la Grand'Combe actuelle, dans l'ancien diocèse d'Uzès, puisque le Laval de l'abbé du Chaila était sûrement dans le diocèse de Mende.
Au mois de juin 1685, l'abbé du Chaila se démit des deux prieurés simples de Saint-Préjet-d'Allier et de Notre-Dame-de-la-Nativité de Molezon, en faveur de Jean Lemoine, clerc tonsuré du diocèse de Paris. (Arch. départ., s. G., n" 2127.) Il avait pris possession du prieuré de Saint-Préjet d'Allier par procureur pendant l'année 1681. A celte date, il était déjà prieur de Molezon et chapelain du Saint-
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Il appela à son aide des missionnaires de divers ordres et travailla quinze ans à sa tâche ardue. Dans ce but, il avait fondé un établissement destiné aux jeunes gens qui se préparaient au sacerdoce, mais cette création dura peu. L'époque des missions de M. du Chaila coïncide avec l'entrée en campagne d'une troupe de prophètes formée par Guillaume du Serre, prêchant la haine dupape, de l'Eglise, des prêtres et du roi coupable de s'opposer à leurs entreprises. Le bon accueil qu'on leur faisait les con" firma dans leur fanatisme, et ils se répandirent dans les diocèses d'Uzès, d'Alais, de Viviers, de Nîmes, de Montpellier et de Mende. Ils ne furent pas longtemps à s'apercevoir que M. du Chaila était le plus grand obstacle à leurs succès. Aussi c'était moins à cause du mal que cet ecclésiastique leur faisait que pour celui qu'il empêchait de faire que les protestants l'honoraient de leur haine. Sa vigilance à observer leurs démarches, ses mouvements pour en faire prévenir les suites, les avaient forcés pendant le cours de la nouvelle guerre à être des sujets fidèles ou tout au moins tranquilles. Les Cévennes, par leur situation, par la forme de leur terroir, et par l'esprit et la religion de leurs habitants, devaient être le centre de la révolte. Il fallait donc délivrer cette contrée de quelqu'un qui pouvait en rendre les avantages inutiles. Convenait-il de laisser des obstacles à la rébellion dans les lieux où elle devait être le plus à l'aise ?
Esprit en l'église paroissiale de Saugues, alors du diocèse de Mende. (Arch. départ., s. G., 2121.) Le 16 novembre 1686, l'abbé du Chaila prit possession de la cure de Sainte-Colombe-de-Reyre, dans le canton d'Aumont. En 1695, il s'en était déjà démis, probablement en faveur de quelque prêtre en qui il avait confiance. (Arch. départ, s. G., n» 2000.) Le 18 août 1687, « messire François de Langlade, prêtre, docteur en théologie, abbé du Chaila », permute avec Pierre Solignac la chapellenie de Saint- Antoine, fondée dans l'église paroissiale de Saint-Préjet d'Allier, contre la cure de Frutgères. Le même jour, il permute la cure de Frutgères contre celle du Collet-de-Dèze, dont l'abbé Jean Roux était titulaire. (Arch. départ., s. G., n» 1883.)
Nous devons ces précieux détails à l'obligeance de M. l'abbé A. Foulquier, actuellement curé du ColIet-de-Dèze.
(J.-B. Coudert, Yictimesdes Camisards, p. 46.)
« Toutes les prophéties furent donc tournées contre cet abbé. L'Esprit n'avait guère d'autres occupations que d'ordonner sa mort. «