‹ Les martyrs (volume 4)Chapitre 34 sur 59 · L'Ouvreleul, t. I, p · texte numérisé non relu

L'Ouvreleul, t. I, p

La Baume complète heureusement ce récit trop sommaire :

« Ils investirent, dit-il, la maison du curé, et ayant enfoncé la porte de derrière à coups de hache, ils l'obligèrent à leur allumer du feu et à leur donner les clefs de l'église, où ils le traînèrent, pendant que d'autres ramassaient les bancs pour les brûler. Le curé s'échappa et courut de toute sa force dans le village en criant : Au secours ! Miséricorde ! sans qu'aucun habitant voulût ou osât paraître.

« Ces bandits le poursuivirent, et, layant arrêté, lui donnèrent plusieurs coups de bâton sur la tête et le ramenèrent dans l'église.

« Il leur échappa une seconde fois.

« L'ayant pris de nouveau à cent pas de l'église, ils lui écrasèrent la tête et le visage à coups de fusil et avec une fourche de fer.

« Comme il criait encore, mais d'une voix languissante, parce que sa tête était presque en lambeaux, ils allumèrent du feu dans la rue et lui brûlèrent les côtés, la tête et le visage avec des tisons. Ce supplice si cruel ne fut pas long, parce que, quand ils le commencèrent, il était à demi mort des coups qu'ils lui avaient donnés.

« Ayant laissé le corps dans la rue, ils retournèrent à l'église, ils renversèrent le bénitier et les fonts baptismaux, brisèrent le tabernacle dans lequel heureusement il n'y avait point la réserve, mirent les bancs en un monceau avec tout ce qu'ils trouvèrent dans la sacristie, les livres de plain-chant, les missels et les ornements, et allumèrent le feu qui les consuma avec tout ce qui dans l'église pouvait être brûlé. Après leur départ, on retira du brasier le calice et la patène. »

Quelques victimes des Camisards 45

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