Relazîone e voto delV Rev. Andréa Maria Frattini, promo
tare délia fede sopra Vintroduzione délia causa de molti servi di
Dio, morti nelle persecuzioni per la fede cattolica nella Corea, etc., p. 6 et 7. Rome, 1857.
6 septembre 1839. Que la grâce de Dieu et la patience
de notre Sauveur soient toujours avec nous ! »
Ils écrivirent aussi quelques lignes d'adieu à tous
les membres de la Société des Missions étrangères.
« Corée, 6 septembre 1839.
(( Messeigneurs, Messieurs et chers Confrères, « La divine Providence qui nous avait conduits, à travers tant d'obstacles, dans cette mission, permet que la paix dont nous jouissions soit troublée par une cruelle persécution. Le tableau qu'en a tracé Mgr Imbert, avant son entrée en prison, et qui vous sera envoyé, vous «n fera connaître la cause, la suite et les effets.
(( Aujourd'hui 6 septembre, est arrivé un second ordre de Monseigneur de nous présenter au martyre. Nous avons la consolation de partir après avoir célébré une dernière fois le saint Sacrifice. Qu'il est consolant de pouvoir dire avec saint Grégoire : Unum ad palmam iter, pro Christo mortem appeto. (Il n'est pour moi qu'un chemin vers la palme, je désire la mort pour le Christ.) Si nous avons le bonheur d'obtenir cette belle palme, quœ dicitar suavis ad gustum, iimbrosa ad requiem, honorabilis ad triumphum (que l'on dit suave au goût, ombreuse pour le repos, honorable pour le triomphe), rendez-en pour nous mille actions de grâces à la divine bonté, et ne manquez pas d'envoyer au secours de nos pauvres néophytes, qui vont de nouveau se trouver orphelins. Pour encourager nos chers confrères, qui seront destinés à venir nous remplacer, nous avons l'honneur de leur annoncer que le premier ministre Ni (actuellement grand persécuteur) a fait faire trois grands sabres pour couper des têtes. Si quelque chose pouvait diminuer la joie que nous épouvons à ce moment
Martyre de Mgr Imbert, de M. Chastan et de M. Maubant 577
du départ, ce serait de quitter ces fervents néophytes que nous avons eu le bonheur d'administrer pendant trois ans, et qui nous aiment comme les Galates aimaient saint Paul. Mais nous allons à une trop grande fête, pour qu'il soit permis de laisser entrer dans nos cœurs des sentiments de tristesse. Nous avons l'honneur de recommander ces chers néophytes à votre ardente charité.
« Agréez nos humbles adieux, etc., etc.
Jacques-Honoré Pierre-Philippe
Chastan, Maubant. »
Après avoir ainsi tout disposé, les généreux missionnaires, sachant que les satellites les attendaient à environ dix lys de là, se pressèrent d'aller les rejoindre. Bientôt on arriva à la ville de Hong-tsiou,où ils furent enchaînés. Puis, on les conduisit à cheval, à la capitale ; là, ils furent remis entre les mains du grand juge criminel, et réunis à leur évêque. Le lendemain, le grand juge criminel, déployant un appareil formidable, traduisit à sa barre les trois Européens et leur dit : « Qui vous a logés ? D'où est venu l'argent que vous avez ? Qui vous a envoyés? Qui vous a appelés ? » Ils répondirent : « C'est Paul Tieng qui nous a logés. L'argent à notre usage, nous l'avons apporté avec nous. Nous avons été envoyés par le Souverain Pontife, chef de l'Eglise, et les Coréens nous ayant appelés pour secourir leurs âmes, nous sommes venus ici. » Sur ces réponses, on leur donna une rude bastonnade, et pendant trois jours, on renouvela les interrogatoires et aussi les supplices, dont malheureusement les détails ne nous sont pas connus. On sait seulement que pour leur faire dénoncer quelques chrétiens, on les frappa, à trois reprises, de la planche à voleurs, sans pouvoir leur arracher une parole. « Retournez maintenant dans votre patrie. »
LES MARTYRS. — T. XIIF. 37
leur dit le juge. — « Nous ne voulons pas, » répondirent-ils ; <( nous sommes venus pour le salut des âmes des Coréens, et nous mourrons ici sans regret. » Reconduits à la prison, ils y furent pendant quelque temps gardés à vue jour et nuit. Puis on les transféra au Keum-pou, prison des dignitaires et des criminels d'Etat. Pendant trois jours, ils y subirent de nouveaux interrogatoires devant les principaux ministres. C'est là qu'ils furent confrontés avec Paul Tieng, Augustin Niou et Charles Tsio, et tous ensemble torturés de différentes manières. L'évêque et les prêtres reçurent chacun soixante-dix coups de bâton, avant qu'on prononçât leur sentence de mort. Le jour de l'exécution fut fixé au 14 de la huitième lune, qui, cette année, correspondait à la fête de l'apôtre saint Matthieu, 21 septembre. Déclarés criminels au plus haut degré, ils devraient être mis à mort avec le cérémonial extraordinaire appelé koun-mun-hio-sion. En pareil cas, le lieu de l'exécution n'est plus en dehors de la petite porte de rOuest, mais dans un endroit plus éloigné, nommé Sainam-io, non loin du fleuve.
Le jour venu, on les conduisit au supplice, sur des chaises à porteur, les mains liées derrière le dos, au milieu d'un cortège de plus de cent soldats. A Tendroit fixé, on avait planté un pieu au sommet duquel flotttait un étendard, portant la sentence des condamnés. A peine arrivés, ils sont dépouillés de leurs vêtements ; on ne leur laisse que le pantalon. Puis les soldats leur attachent les mains devant la poitrine, leur passent sous les bras de longs bâtons, leur enfoncent deux flèches de haut en bas à travers les oreilles, et, leur jetant de l'eau au visage, les saupoudrent d'une poignée de chaux. Ensuite, six hommes, saisissant les bâtons, font faire trois fois aux martyrs le tour de la place, pour les livrer aux dérisions et aux grossières moqueries de
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la foule. Enfin on les fait mettre à genoux, et une douzaine de soldats courent autour d'eux le sabre au poing, simulant un combat, et leur déchargent, en passant, chacun un coup de sabre.
Le premier coup que reçut M. Chastan n'ayant fait aussitôt qu'effleurer l'épaule, il se leva instinctivement et retomba à genoux. Mgr Imbert et M. Maubant restèrent immobiles. Les têtes ayant été abattues, un soldat les posa sur une planche, et les présenta au mandarin, qui partit tout de suite pour donner à la cour avis de l'exécution.