‹ Les martyrsChapitre 104 sur 147 · EusbBK, Vit. Const.. II · texte numérisé non relu

EusbBK, Vit. Const.. II

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que liberté violée. Si les temps où nous vivons sont pleins de tristesse et de menace, ils ne doivent pas troubler la sérénité de notre jugement, ni obscurcir le but de notre action. Dans la lutte inégale il suffit d'être égal à son devoir.

LA PASSTOIN DE NOTRE SElGiNEUH JÉSUS-GIIUIST

On a donné le récit de la Passion de Notre- Seigneur Jésus- Christ en une seule histoire, où sont rassemblés les traits ditïérents, épars dans les écrits des quatre évangélistes. On a suivi dans ce travail la première concordance de ce genre qui ait été faite, celle du philosophe Tatien, disciple de saint Justin. Ce personnage vivait dans la seconde moitié du second siècle (i5o-aoo après J.-C). il destinait son œuvre aux lectures liturgiques des églises syriennes où elle fut en usage pendant plusieurs siècles sous le nom célèbre de Diatessaron ou « harmonie des quatre ». Le principe qui réglait la composition de«e livre était de n'y introduire pas un seul mot qui ne fût pris dans le texte de l'Evangile. Ce genre de recueils obtint dans les anciennes liturgies un succès général.

CiASCÀ, Taliani Evangelioriim Hannonix, arabice (1888). M. l'alsbé Martin estime que « la version arabe, ne représenterai t^elle pas le livre de Tatien, elle aurait encore pour nous un très grand prix, parce (lue celte Harmonie paraît représenter assez exactement l'ouvrage composé au second siècle ». Voyez sur celle question notre préface aux Monumenta Ecclesise Lilurgicùt tome I.

Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ

Après que Jésus eut dit ces choses, il s'en alla avec ses disciples au delà du torrent do Cédron, où il y avait uïi jardin dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le

trahissait, connaissait aussi ce lieu-là, parce que Jésus s'y était souvent trouvé avec ses disciples ^ Quand il y fut arrivé il leur dit^ : « Demeurez ici pendant que j'irai là pour prier ^. Priez afin que vous ne tombiez pas dans la tentation*. » Et ayant pris avec lui Pierre et les deux fils de Zébédéc, il commença à être saisi de tristesse et plongé dans une profonde afïliction ; alors il leur dit : « Mon âme est triste jusqu à la mort; attendez ici et veillez avec moi ^. » Et, s'étant éloigné d'eux à la distance d'un jet de pierre, il se mit à genoux^, priant pour que, s'il était possible, cette heure s'éloignât de lui, et il disait : « Père, Père, tout vous est possible^; s'il vous plaît, éloignez de moi ce calice; néanmoins que ma volonté ne s'accomplisse pas, mais la vôtre ^. ))

Et il retourna à ses disciples qu'il trouva endormis, il dit à Pierre^ : a Simon, v-ou s dormez ^*^? Quoi! vous n'avez pu veiller une heure avec moi ? Veillez et priez, afin que vous ne tombiez point dans la tentation** ; car l'esprit est prompt, mais la chair est faible ^^. »

Il s'en alla encore prier une seconde fois, en disant . i( Mon Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite ^^. » Il revint à ses disciples de nouveau, et les trouva endormis ; car leurs yeux étaient appesantis, et ils ne savaient que lui répondre *''.

Et les ayant laissés, ii s'en alla encore prier, pour la troisième fois, disant les mêmes paroles ^^. Alors un ange du ciel lui apparut, et le fortifia ; et, étant tombé en agonie, il redoublait ses prières, i\ lui vint aussi une sueur qui découlait comme des gouttes de sang jusqu'à terre. Et lorsque, après sa prière, il se fut levé et qu'il fut revenu

I. lo. i8. 1-3. — 2. Le. aa. Aoa. — 3. Mt. 36. 36b. — 4. Le. aa. iob. — 5. Mt. 26. 37-A8. — 6. Le. 22. /il. — 7. Me. i5. 35b-36a. — 8. Le. aa, /|3. — 9. Mt. 26. ho. — 10. Me. i4. 37b. — II. Mt. aO. /job-^ia. — la. Me. i/.. 38b. — i3. Mt. aO [^a. — 1/4. Me. i/». 4o. — i5. Ml. atl. 44.

Fm Passion (te Notre-Seignciir Jésas-Christ 3

vers ses disciples, il les trouva (jui s'étaient eridorruis, arc"ab!«''s par la tristesse, et il leur dit^ : u Dormez niaiiitenaiil <^t r(^posez-vQiis~; c'est assez, l'heure est venue : voilà (pie le l'ils de l'homme va eUe livré entre les mains des pécheurs. Levez-vous, allons-^; celui (pii doit me trahir est près d'ici. » Comme il parlait encore. Judas, l'un des douze, arriva, et avec lui une grande troupe de gens armés d"(''pées et de hâtons, (pii avaient été envoyés par les princes des prêtres et par les anciens du peuple. Or, celui qui le trahissait leiu" avait donné ce signal, en leur disant : y Celui tpie je baiserai, c'est lui-même : saisissez-vous de lui^; aui'élez-le et gardez-le bien ^\ »

Cependant Jésus, sachant tout ce qui devait arriver, vint à eux*^, et aussitôt s'a|)proc]iant de Jésus, il lui dit : « Maître, je vous salue ; » et il le baisa.

Jésus lui répondit"^ : « Judas! vous trahissez le Fils de l'homme par un baiser* ; mon ami, qu'êtes-vous venu faire ici*? »

Alors Jésus dit aux princes des prêtres, aux officiers du temple, et aux anciens qui étaient venus pour se saisir de lui*" : (( Qui cherchez-vous? »

Ils lui répondirent : a Jésus de Nazareth. »

Jésus leur dit : y C'est moi. »

Or Judas, qui le trahissait, était lui-même avec eux. Aussitôt donc que Jésus leur eut dit : « C'est moi n, ils reculèrent et tombèrent renversés à terre.

Il leur demahda une seconde fois : « Qui cherchezvous ? »

Et il lui dirent : « Jésus de Nazareth. »

Jésus leur répondit : u Je vous ai dit que c'est moi. Si

I. Le. 32. A3-iOa. — 2. Mt. 2G. /i5 a. — 3. Me. ih. /iib-^aa. — d. ML afi. 46b-',S. — 5. Me. i',. 4'.!». — G. lo. i8. U. — 7. Mt. 2G. /1q-5o. — 8. Le. 32. /i8b. — 9. Mt. 2G. fob. — lo. Le. 22. Saa.

donc c'est moi que vous cherchez, laissez ceux-là s'en aller. »

C'était afin que cette parole qu'il avait dite fût accomplie : Je n'ai laissé périr aucun de ceux que vous m'avez donnés ^

En même temps ils s'avancèrent, et, mettant la main sur Jésus, ils l'arrêtèrent^ ; ceux qui étaient autour de lui, voyant ce qui allait arriver, lui dirent : u Seigneur, frapperons-nous de l'épée ^ ? » Alors Simon-Pierre, qui avait une épée, la tira, en frappa un serviteur du grand-prêtre, et lui coupa l'oreille droite : et cet homme s'appelait Malchus ; mais Jésus dit à Pierre : « Remettez votre épée dans son fourreau ; ne faut-il pas que je boive le calice que mon Père m'a donné'*? tous ceux qui se serviront de l'épée périront par l'épée. Croyez-vous que je ne puisse poiiit prier mon Père, et ne m'enverrait-il pas aussitôt plus de douze légions d'anges ? Comment donc s'accompliront les Ecritures d'après lesquelles tout cela doit arriver^? » et lui ayant touché l'oreille, il le guérit^.

Ensuite Jésus dit à cette troupe : « Vous êtes venus avec des épées et des bâtons pour me prendre comme un voleur; cependant j'étais tous les jours assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m'avez pas arrêté"^, mais c'est ici votre heure et la puissance des ténèbres^. Cela s'est fait afin que ce que les prophètes ont écrit fût accompli. )) Alors les disciples l'abandonnèrent et tous s'enfuirent^; aussitôt les soldats, le tribun qui les commandait et les gens envoyés par les Juifs, se saisirent de Jésus et le lièrent ^°.

Or, il y avait là un jeune homme qui le suivait, couvert seulement d'un suaire ; ils voulurent l'arrêter, mais il leur

.">., lo. i8. /(b-g. — 2. Mt. 26. Bob. — 3. Le. 22-/49. — /j. lo. 18, lo-ii. 5. Mt. 26. 52b-5/,. — 6. Le. 22. 5ib. — 7. Mt. 2G. 55. — 8. 1 32. 53b. — 9. Mt. 26. 56. — 10. lo. 18. 12.

La Passion de Notre-Seignciir Jdsus-Christ 5

laissa le suaire entre les mains et il s'échappa nu du milieu d'eux'.

Et ils amenèrent Jésus d'abord chez Anne, qui était beau-père de Caïphc, grand-prctre cette année-là. Or, Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs, qu'il él;iit expédient qu'un se\d homme mourut pour le peuple. Cependant Siuion-Picrrc suivait Jésus avec un autre disciple, qui, étant connu du grand-prêtre, entra dans la cour de sa maison avec Jésus; mais Pierre était demeuré dehors, à la porte. L'autre disciple, qui connaissait le grand-prêtre, sortit donc et, ayant parlé à la portière, il le fît entrer. Cette servante, qui gardait la porte, dit donc à Pierre : M N'êtes-vous point aussi, vous, un des disciples de cet homme*? » Mais Pierre le renonça, en disant : « Femme, je ne le connais point ^, et je ne sais ce que vous dites ^. »

Or les serviteurs et les officiers du grand-prêtre étaient là auprès du feu, à cause du froid % et Pierre s'étant assis auprès '^. se chauffait avec eux"^, pour voir la fin^.

Cependant le grand-prêUe interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. Jésus lui répondit : « J'ai parlé publiquement au monde; j'ai toujours enseigné, dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai jamais parlé en secret. Pourquoi m'interrogez-vous ? Interrogez ceux qui m'ont entendu, et demandez-leur ce que je leur ai dit. Ceux-là savent ce que j'ai enseigné. » A ces mots, un des gens qui étaient là présents donna un soufllet à Jésus, en lui disant : « Est-ce ainsi que vous répondez au grand-prêtre? » Jésus lui répondit : « Si j'ai mal parlé, faites voir le mal que j'ai dit; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappez-vous? » (Or Anne l'avait envoyé lié chez Caïphe, le grand-prêtre.)

I. Me. i6. 5i-5a. — a. lo. i8. 13-17. — 3. Le. 23. 67. — /,. Me. i/i, 68b. — 5. lo. 18. iSa. — 6. Le. aa. 55a. — 7. lo. i8-i8b. — 8. ML a6. 58b.

Cependant Simon-Pierre se tenait toujours là et se chauffaitS une servante l'aperçut, elle commença à dire à ceux qui étaient présents'"^, comme il était à la porte pour sortir : (( Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth. » Pierre le nia une seconde fois, en disant avec serment : « Je ne connais pas cet homme^, et un peu après"* un des serviteurs du grand-prêtre, qui était parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, lui dit^, assurant la même chose : « En vérité, cet homme était aussi avec lui^, son langage le fait assez connaître^ ; ne vous ai-je pas vu avec lui dans le jardin^? n Alors il se mit à faire des imprécations, et à dire avec serment : « Je ne connais point cet homme dont vous me parlez®. » Au même instant, comme il pailait encore, le coq chanta. Alors le Seigneur, se retournant, regarda Pierre, et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite^^ : u Avant que le coq ait chanté deux fois, vous m'aurez renoncé trois fois^^»; et étant sorti, il pleura amèrement ^^.

Dès qu'il fut jour, les anciens du peuple, les princes des prêtres et les scribes s'assemblèrent*^ ; ils cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire mourir ; et ils n'en trouvèrent pas, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés ^"^j mais leurs témoignages ne s'accordaient pas ^^. Enfin, il vint deux faux témoins^®, disant: (( Nous lui avons entendu dire : Je détruirai ce temple bàli par la main des hommes, et en trois jours j'en rebâtirai un autre, qui ne sera point fait de main d'homme ^'^. »

Mais Jésus se taisait ^^.

Alors le grand-prêtre, se levant au milieu de l'assem-

I. lo. i8. 19-25. — 2. Me. ilx. 69. — 3. Mt. 26. 71b. — U. Le. 32. 58a. — • 5. lo. 18. 2Ga. — 6. Le. 32. 59b. — 7. Mt. 26. 73b. — 8. lo. 18. 26b. — 9. Me. lU. 71. — 10. Le. 22. 6ob-6ia. — 11. Me. ik- 3o. — 22. Le. 22. 62. — i3. 6C. — \k' Mt. 26. Sgb. 60a. — i5. Me. i4. 59. — 16. Mt. 26. 20b. — 17. Me. ik. 57b-58. — 18. Mt. 2G. G3a.

[.a Passion de Nohc-So'ujnciir Jésus-Christ

blt'o, interrogea Jésus et lui dit* : m Vous ne réponde/, rien à ce que ceux-ci déposent contre vous* ? »

Mais Jésus ^^\rdait le silence et ne faisait aucune réponse^.

Et l'ayant introduit dans leur conseil, ils lui dirent : u Si voiis êtes le Christ, dites-le-nous. »

11 leur répondit : u Si je vous le dis, vous ne me croire/, point, et si je vous interroge, vous ne me rcj^ondnv, pas, cL vous ne me laisserez point aller ^. »

Kt lo grand-prétre lui dit : « Je vous adjure, par le Dieu vi\ant, de nous dire si vous êtes le Christ, le Fils de Dieu. »

Jésus lui répondit : « Vous l'avez dit^'. »

Alors tous lui dirent : « Vous êtes donc le Fils de Dieu ? »

Il leur répondit : « Vous le dites, je le suis*'. Au reste je vous déclare qu'un jour vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la majesté de Dieu, et venant sur les nuées du ciel". »

Aussitôt le grand-prêtre, déchirant ses vêtements, s'écria'* : u H a blasphémé^, n

Et ils criaient : « Qu'avons-nous encore besoin de témoignage, puisque nous l'avons entendu nous-mêmes de sa propre bouche ^^ ? Que vous en semble ** ? »

Ils répondirent : « Il mérite la mort*^. »

Et quelques-uns commencèrent à lui cracher au visage et à le frapper*', ils se jouaient de lui **, et les valets lui donnaient des soufQets "*, disant: « Christ, prophétise qui est celui qui t'a frappe *^ ? »

Et ils proféraient encore contre lui beaucoup d'autres injures et blasphèmes*^.

1. Me. 14. Goa. — 2. Mt. 2fi. 62b. — 3. Me. 14. fila. — 4. Le. 22. 6Cb-()8. — 5. Mt. 2G. G3b-G4a. — 6. Le. 22. 70. — 7. Mt. 26. 64b. - 8. Me. 14. 63a. - 9. Mt. 26. Gôb.— 10. Le. 22. 71. — 11. Me. 14. 64b — 12. Mt. 26. 66b. - 13. Me. 14. 65a. — 14. Le. 22. 63b. — 15. Mo. 14. Gôb. — IG. Mt. 26. 68. — 17. Le. 22. 65.

Ils menèrent donc Jésus de la maison de Caïphe au prétoire. Or, c'était le matin ^ et ils le livrèrent à Pilate^, mais ils n'entrèrent pae dans le prétoire, de peur de devenir impurs, et afin de pouvoir manger la pâque ^.

Or, Jésus parut devant le gouverneur "* ; et Pilate, étant sorti, vint à eux et leur dit : « De quel crime accuser-vous cet homme ? » Ils lui répondii'ent : « Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne vous raurix)ns pas livré ^. Nous l'avons trouvé pervertissant notre nation, empêchant de payer le tribut à César et se disant Roi et Ghyist^. «

Pilate leur dit : u Prenez-le vous-mêmes, et jugez-le selon votre loi ». Mais les Juifs lui répondirent : « jNous n'avons pas le droit de faire mourir personne », afin que la parole que Jésus avait dite fût accomplie, pour marquer de quelle mort il devait mourir.

Pilate rentra donc dans le prétoire, et, ayant fait amener Jésus, lui dit : u Etes-vous le roi des Juifs ? »

Jésus répondit : « Dites-vous cela de vous-même, ou d'autres vous l'ont-ils dit de moi ? »

Pilate lui répliqua : « Est-ce que je suis Juif? Ceux de votre nation et les princes des prêtres vous ont livré entre mes mains : qu'avez-vous fait ? »

Jésus lui répondit : « Mon royaume n'est pas de ce monde ; si mon royaume était de ce monde, mes sujets ne manqueraient pas de combattre pour que je ne sois point livré aux Juifs ; mais mon royaume n'est point d'ici-bas. »

Pilate lui dit alors : « Vous êtes donc roi ! »

Jésus lui répondit : « Vous le dites ; je suis roi, et c'est pour rendre témoignage à la vérité que je suis né, et que je suis venu dans le monde. Quiconque aime la vérité entend ma voix. »

Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité ? »

I. lo. i8. 28a. — 2. Me. i5. ib. — 3. lo. 18. 28b. — U. Mt. 27. iia. - 5. lo. 18. 29-30. — 6. Le. 23. 2b.

Im Passion de l\'otre-Sei(jneur Jésus-Christ

\ peine eut-il dit ces paroles qu'il retourna vei?s les Juifs».

Alors Pilote dit aux princes des prêtres et au peuple : « Je ne trouve aucun sujet de condamnation en cet lionime. »

Mais eux insistaient avec plus de force, et disaient : a 11 soulevé le peuple, semant sa doctrine par toute la Judée, dej>uis la Galilée, où il a connnencé, jusqu'ici. »

Pilate, entendant nommer la Galilée, demanda s'il était Galilécn ; et quand il eut su qu'il était de la juridiction d' lier ode, il le renvoya à Hérode, qui pour lors se trouvait lui-même à Jérusalem. Hérode fut ravi de voir Jésus, car il le désirait depuis longtemps, d'après tout ce qu'il avait entendu dire de lui, et il espérait lui voir faire quelque prodige. Il lui fît donc un grand nombre de questions ; mais Jésus ne lui faisait aucune réponse.

Cependant les princes des prêtres et les scribes étaient \h, qui poursuivaient constamment leur accusation contre lui ; mais Hérode avec sa cour ne le traita qu'avec mépris, et lui ayant fait mettre une robe blanche, il se joua de lui, et le renvoya à Pilate, et dès ce jour, Hérode et Pilate, d'ennemis qu'ils étaient auparavant, devinrent amis.

Or Pilate, ayant assemblé les princes des prêtres, les magistrats et le peuple, leur dit : u Vous m'avez présenté cet homme comme soulevant le peuple ; et vous voyez que je l'ai interrogé devant vous, sans trouver en lui aucun sujet de condamnation sur les chefs dont vous l'accusez. Hérode n'en a point trouvé non plus, car je vous ai renvoyés à lui, et vous êtes témoins qu'il ne l'a reconnu coupable d'aucun crime qui mérite la mort. Je le laisserai donc aller, après l'avoir fait châtier ^. »

Or, les princes des prêtres l'accusaient sur plusieurs

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