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La version syriaque parle aussi d'un léopard

Appendice 149

rris : « Ne le jette pas à l'ean, s'écriaiont-elles ; les phoques vor\t dévorer une si belle jeune tille! >^ Mais à ce moment même la foudre éclate, les monstres sont frappés et on voit leurs corps privés de vie surnager sur l'eau.

Le spectacle se prolonge; d'autres bêtes sont amenées. Les fenunes alors, qui décidément prennent parti pour Thècle, s'avisent d'un curieux stratagème. Elles jettent au milieu de l'arène tous les parfums qu'elles portent, le nard, la canelle, Tamome, d'autres essences, si bien que les bêtes surprises ou charmées tombent en léthargie et ne touchent pas à la vierge.

Il Aillait en finir. Alexandre, l'accusateur de Thècle, se tourne vers le préfet : « Vous avez des taureaux furieux, dit-il, il faut l'attacher à ces animaux. » La victime est liée par les pieds et livrée à ces bêtes dont on excile la fougue par de cruelles brûlures. Vains eflbrtsi Thècle échappe encore à ce genre de mort.

Le président, voyant qu'on n'en viendrait pas à bout, et craignant des complications à cause de la princesse Tryphéna, lui rend la liberté. Elle en profite pour prêcher la parole de Dieu, puis par une simple couture, changeant sa tunique de femme en un vêtement masculin, elle se remet à la recherche de Paul avec une troupe de jeunes gens et de jeunes filles. Elle finit par le trouver à Myre, en Lycie : elle lui raconte tout ce qui s'est passé à Antioche. Paul, après s'en être étonné et réjoui comme il convenait, lui donne la mission d'annoncer la parole de Dieu, et elle retourne à Iconium, sa patrie.

On aura remarqué dans ces dernières lignes, et dans d'autres passages des Actes, un des traits caractéristiques de cette histoire, une des raisons pour lesquelles TertuUienla condamnait, c'est l'insistance que met l'auteur à reconnaître à la vierge le droit d'enseigner la parole de Dieu.

A Iconium, la situation a bien changé pendant l'absence de Thècle. Thamyris, son fiancé, devenu son accusateur et son ennemi, est mort. Mais Théalis, sa mère, vit encore. Thècle, ayant vainement essayé de la convertir, quitte la ville. Sur la route d'Iconium à Daphné, elle vient faire un dernier pèlerinage pieux à ce tombeau où saint Paul lui a révélé l'Evangile ; puis elle part pour Séleucie, prêchant toujours la parole de DUni.

i5o Les Martyrs

Ici paraît se terminer l'odyssée de notre héroïne dans les Actes les plus anciens . Plus tard, on allongea le récit de quelques épisodes qui ont leur théâtre à Séleucie * .

Cette ville est la capitale de l'Isaurie ; située au pied des dernières pentes de la chaîne du Taurus, sur les bords du Calycadnus et tout près de la mer, Séleucie était recherchée des étrangers pour la douceur de son climat, la beauté de son site, la politesse de ses mœurs. Notre sainte en devint le plus illustre ornement et sa réputation y attira de nombreux pèlerins '.

L'auteur des dernières pages ajoutées aux Actes primitifs nous raconte que, craignant les jjaïcns de Séleucie, elle se retira à un stade de la ville sur une montagne où elle trouva une grotte ; elle s'y cacha, y vécut plusieurs années de la vie anachorétique, luttant contre les assauts du démon. Des femmes, entendant parler d'elle, vinrent la voir, se firent instruire et vécurent sous sa direction de la même vie ascétique.

Sa renommée croissait de jour en jour ; de la ville on commença à lui amener des malades qu'elle guérissait, de quelque maladie qu'ils fussent frappés.

Les médecins de Séleucie s'en émurent. Ils étaient menacés d'une grève d'un nouveau genre, celle des malades. Il fallait perdre cette femme, qui leur faisait une si dangereuse concurrence. Ils ourdissent un ténébreux complot et envoient de jeunes libertins pour séduire et déshonorer la vierge. Mais le secours de Dieu, qui, si souvent déjà l'avait sauvée de la mort, ne l'abandonna pas. Les rochers s'entrouvrent devant elle ; elle pénètre dans cet antre improvisé, et à peine est-elle entrée que les pierres se referment sur elle, aux yeux émerveillés de ses persécuteurs, qui n'eurent que le temps de saisir son manteau et d'en arracher un morceau, dépouille inutile entre leurs mains, et qui ne servit qu'à prouver contre eux la réalité du miracle ^ Jamais plus on ne, revit Thècle ; âgée de dixhuit ans lors de son premier martyre à Iconium, elle en avait

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