Tkaja.n, Epist. ad Plin., Tehtuix., ApoL, c. v
XLvi Les Martyrs
du délit *. » L'infraction à la loi consistant dans la simple profession de christianisme, on continuait donc, sauf pour le point prévu par la règle de procédure de Trajan, à vivre sous le régime néronien. Antonin le Pieux écrivit aux cités et particulièrement aux Larissiens, aux Thessaloniciens et aux Athéniens de ne pas faire d'émeutes, [xt^oîv vEWTspiÇs'.v, au sujet des chrétiens*. C'était une simple mesure de police.
Dans le procès de Bithynie, nous avons assisté à une procédure tout entière de droit commun. Le rescrit de Trajan inaugure une jurisprudence et Tertuilien, qui nous en montre l'illogisme, témoigne du maintien de cet état de choses au début du III' siècle. Dans l'intervalle, une monstruosité légale a pris place à l'instruction, a \'^ous violez contre nous toutes les formes de l'instruction criminelle, dit Tertuilien. Vous torturez les autres accusés pour leur arracher un aveu ^ ; les chrétiens seuls sont mis à la question pour leur faire nier ce qu'ils confessent à grands cris *. » Nous ne savons quand ni comment s'introduisit la torture afin d'arracher l'abjuration. Nous en voyons l'emploi à Lyon, en 177 ; mais dans ce procès fameux, la torture est mise en œuvre, tantôt pour obtenir des aveux, et ceci était conforme au droit commun, tantôt pour obtenir l'abjuration, comme dans le cas deBlandine et de Ponticus, dont on