VII. — LE ZÈLE TÉMÉRAIRE
Règle générale. — Les téméraires. — Le martyr typique. — Législation : de ceux dont la fuite expose le prochain, de ceux qui détruisent les idoles. — Règle spéciale pour les apostats repentants. — Les débiteurs insolvables.
L'Eglise eut encore à intervenir dans l'excès opposé à la fuite inspirée parla pusillanimité. Il n'est pas douteux que de très bonne heure elle régla ce point de discipline eu repoussant le sacrifice de ceux qui, dans leur ardeur
1. S. AuGusT., lettre citée, § 12. Voy. Le Blant, Les Perséc. et les Mari., p. 157.
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intempestive, provoquaient le martyre en pioclamnnt leur croyance sans avoir été mis dans l'obligation <ie le iaire.
Saint Grégoire de Nazianze résume dans une phrase cette discipline : « C'est témérité que de s'offrir, c'est lâcheté que de se refuser *. » Les faits connus de tous alors prouvaient l'inopportunité ou le péril de cette conduite. On se transmettait avec horreur le nom de ces téméraires qu'une chute lamentable avait précipités des hauteurs du martyre dans l'abîme de i'a[)ostasie.
A Sniyrne, au temps de saint Polycarpe, un chrétien nommé Quintus réunit quelques fidèles; tous ensemble ils allèrent se déclarer chrétiens, tous moururent, à l'cxcepion de Quintus, qui sacrifia ^. Ces tristesses étaient fréquentes, mais nous n'avons pas les éléments indispensables à une évaluation quelconque. Les documents nous apprennent que beaucoup de fidèles, bravant renseignement de rÉglise, emportés par leur zèle, se livrèrent aux persécuteurs et persévérèrent dans leur confession. Néanmoins une sorte de défaveur planait sur leur souvenir. A côté de ces « enfants perdus » du martyre, se dressait ce que j'appellerai volontiers le type officiel : Polycarpe de Smyrne, Cyprien de Carthage. De Polycarpe on disait qu'il était martyr « selon l'ordre du Christ 3 », se dérobant d'abord devant le péril, puis, le moment venu, marchant à la mort sans faiblesse.
La discipline va, dans cette question du zèle téméraire,