‹ Les martyrsChapitre 56 sur 147 · Passio S. Theodoriti presbyteri · texte numérisé non relu

Passio S. Theodoriti presbyteri

Préface î.xxvii

le premier rang iiccoiirureiit (Va})pcs de terreur. Les hommes revêtus d'emplois pul)lics vinrent où les appelaient les devoirs de leur charge. D'autres, amenés par leurs familiers, par leurs proches, et personnellement cités, s'approchèrent des autels maudits. Quelques-uns, paies, tremhlants. semblaient être plutôt des victimes que des gens venus pour sacrifier. La foule raillait ces malheureux qui ne savaient trouver ni la résolution de se soumettre, ni le courage de mourir. Il en était qui couraient aux idoles, jurant avec audace que jamais ils n'avaient été chrétiens. Il en était qui s'enfuyaient et parmi lesquels quelques-uns étaient repris. Plusieurs de ces derniers supportaient pendant quelques jours les misères de l'emprisonnement, puis abjuraient avant même d'clre conduits devant le juge. On en voyait qui, courageux d'abord au milieu des tortures, fléchissaient sous la menace de nouveaux supplices*.

Les malheureux tombés dans l'apostasie épiloguaient sur leur cas. Le Christ avait dit : « Celui qui me reniera devant les hommes, je le renierai devant Dieu » ; les apostats disaient : « Nier qu'on soit chrétien n'est pas renier le Christ 2. » D'autres niaient la faute à cause du défaut d'intention ; en invoquant Jupiter, ils tournaient, disaient-ils, leur esprit vers le Dieu véritable ^, ou bien en adorant le soleil, ils adressaient leur prière à Dieu, « Soleil de l'éternellejustice* ». Toutes ces escobarderies ne trompaient personne, mais les païens se contentaient

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