XX. — LES ADJURATIONS
C'est là un sujet qui a prêté à plusieurs difficultés. Jene m'y arrêterai pas, puisque mon dessein n'est pas de disputer, mais d'exposer quelques traits dont la probabilité approche de la certitude, si elle n'y atteint pas, et dont la connaissance doit faciliter la lecture des actes contenus dans ce volume.
Certaines adjurations sont fort naturelles et se représentent fréquemment : Pense à ta jeunesse ; épargne ton grand âge; aie compassion de toi-même et des tiens.
Sous le radieux climat de Smyrne, un magistrat dit à saint Pionius : « Ecoute, tu as tant de motifs d'aimer là vie! Tu mérites de vivre, homme pur et doux. Vivre est bon. Il est bon de respirer cet air lumineux ^. »
Parfois, on cherchait à influencer le fidèle : <( D'autres ont sacrifié.
— Chacun agit comme il l'entend, répond le martyr. Je m'appelle Pionius et je ne m'occupe pas des