CHIFFONS DE LAINE
Préparation. — Les chiffons, avant d'être appliqués, doivent avoir été divisés en loqi^s ayant au plus environ 0",10 de largeur et 0»,i0 de longueur. On exécute cette opération à l'aide d'une faucille solidement engagée dans une porte ou d'une faux implantée dans un billot, sous un angle de 45 à 70\ C^ travail n'est pas sans inconvénient, surtout lorsque les chiffons sont vieux et sales, et il faut que les ouvriers soient munis de gants de peau.
M. de Gasparin rapporte que la gale fut introduite à la colonie de Mettray par des enfants qui avaient été chargés d'opérer cette division.
Les tofUisses et les balayures de fabriques de drap n'exigent aucune préparation.
La coupure des chiffons revient de 6 à 10 fr. les 1000 kilog.
ChilTona ea pondre. — En 1850, OU a proposé d'imprégner les chiffons d'une solution faible de soude caustique, de les dessécher et de les réduire en poudre.
Ainsi préparés, on les vendait 20 fr. les 100 kilog.
Terrains snr lesqnela on les emploie. — Les chiffons de
laine conviennent aux terres légères et aux sols argileux. Toutefois, leurs effets sont beaucoup plus sensibles dans les terres sablonneuses et perméables que dans les terrains compactes, parce qu'ils s'y décomposent moins rapidement et y retiennent beaucoup d'humidité. En Provence, on les emploie principalement sur les terrains secs.
Emploi des eiiiffona. — Lorsque les chiffons ont été divisés, on peut les laisser séjourner, ainsi que le propose Schwerz, sur l'aire d'une bergerie ou les jeter dans une fosse contenant du jus de fumier. Par ces deux procédés on augmente la puissance fertilisante de cet engrais , puisqu'on lui permet d'agir plus rapidement. On peut aussi les employer dans leur état naturel, en ayant soin, toutefois, de les répar-
tir le plus également possible sur le sol. Gè dernier procédé est celui qu'on suit le plus généralement.
Lorsque Mathieu de Dombasle les appliquait sur des terres arables, il les mélangeait quelques mois à Tavance avec 3000 à 4000 kilog. de fumier, afin de rendre leur décomposition plus facile. Il avait spin de ne jamais permettre quô le mélange se desséchât, en répandant toutes les fois que cela était nécessaire une quantité de fumier suffisante pour que la masse fût imbibée jusqu'à la base.
On peut répandre les tontisses à la main.
Quantité à appliquer. — La quantité qucTou emploie par hectare varie entre 1500 et 3000 kilog. Dans la Brie* M. Delongchamps les applique à la dose de 3000 kilog.; cette quantité fertilise le sol pendant trois années. A la Varenne-Saint-Maur, M. Lefour les employait sur des terres siliceuses à raison de 1500 kilog. ARoville, Mathieu de Dombasle en mettait 250 grammes à chaque pied de houblon, soit 1000 kilog. à l'hectare; lorsqu'il les employait sur des terres arables, il en appliquait de 1200 à 1500 kilog.
En Angleterre, on les emploie dans la culture du houblon à la dose de 1500 à 1600 kilog. à l'hectare.
On emploie les tontisses provenant des fabriques de drap à la dose de 200 kilog. par hectare.
■ode d'âetioB. — Les chiftons de laine agissent sur les plantes par les matières organiques et l'azote qu'ils contiennent.
Ces engrais manifestent lentement leur action. Ainsi, dans les circonstances ordinaires, leurs effets sont encore sensibles trois à cinq années après leur application; d'un autre côté, Johnston a reconnu qu'ils continuent à dégager des matières utiles à la végétation longtemps après que les engrais plus mous et plus fluides ont perdu leur force.