‹ Les Maximes de La RochefoucauldChapitre 44 sur 75 · DE · texte numérisé non relu

DE

Force gens veulent être dévots, mais personne ne veut être humble.

Le travail du corps délivre des peines de l'esprit, et c'est ce qui rend les pauvres heureux ^

i. Vauvenargues vers le milieu du xvm» siècle reprenait la même pensée : « Le laboureur a trouvé dans le travail de ses mains la paix et la satiété, qui fuient l'orgueil des grands •. Le chansonnier Déranger, dans un style plus vulgaire, a résumé la pensée de nos moralistes :

Les gueux, les giieiuc.

Sont des gois heureux , ris s'aiment entr'eux.

Vivent les gueux '.

Mais la boutade de Béranger ne doit pas nous faire illusion sur

Les véritables mortifications sont celles qui ne sont point connues ; la vanité rend les autres faciles.

L'humilité est l'autel sur lequel Dieu veut qu'on lui offre des sacrifices.

Il faut peu de chose pour rendre le sage heureux ; rien ne peut rendre un fou content : c'est pourquoi presque tous les hommes sont misérables.

Nous nous tourmentons moins pour devenir heureux que pour faire croire que nous le sommes.

ves compensations que La Rochefoucauld et Vauvenargues voulaient bien accorder au pauvre peuple.

Les pauvres de tous états^au x\ti' et au x\tii' siècle, vivaient dans une misère si profonde, qu'on est étonné de trouver sous la plume de ces deux nobles écrivains lexclamation virgilienne :

0 fortunatos nimium, sua si bona norint,

Agricolas !

Mais Virgile parlait des propriétaires. La Bruyère, de son côté, faisait des laboureurs une peinture moins séduisante, mais plus Iraie : « L'on voit certains animaux farouches, des mâles et des femelles, etc. ».

li est bien plus aisé d'éteindre un premier désir que de satisfaire tous ceux qui le suivent.

La sagesse est à l'âme ce que la santé est pour le corps.

Les grands de la terre ne pouvant donner la santé du corps ni le repos d'esprit, on achète toujours trop cher tous les biens qu'ils peuvent faire.

Un véritable ami est le plus grand de tous les biens et celui de tous qu'on songe le moins à acquérir.

Les amants ne voient les défauts de leurs maîtresses que lorsque leur enchantement est fini.

La prudence et l'amour ne sont pas faits l'un pour l'autre ; à mesure que l'amour croît, la prudence diminue.

Il est quelquefois agréable à un mari d'avoir une femme jalouse ; il entend toujours parler de ce qu'il aime.

Qu'une femme est à plaindre quand elle a tout ensemble de l'amour et de la vertu I

Le sage trouve mieux son compte à ne point s'engager qu'à vaincre.

Il est plus nécessaire d'étudier les hommes que les livres ^

1. Ici notre auteur semble critiquer et affaiblir le rôle qu'il s'est imposé. En effet, ce n'est pas pour faire montre

xviir

Le bonheur ou le malheur vont d'ordinaire à ceux qui ont le plus de l'un ou de l'autre.

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