LE SOLDAT
Au tocsin qui sonna la fuite de Varennes
Et qui, de cloche en cloche, alla de bourg- en bourg-,
Tu portais l'épaulette et le catogan court
Et l'uniforme vert des Drag-ons de la Reine.
Ton cheval pommelé en tirant sur les rênes Hennit dans l'air civique où g-rondait le tambour, Et tu partis, rêvant aussi le prompt retour, Etant bon g-entilhomme et comme eux tête vaine.
Ce fut l'exil, l'espoir, Coblentz, le camp des Princes. Le temps passa, et tu revins dans ta province Mourir, près du manoir jadis seigneurial.
Et^ vieux soldat, à l'âtre où flambe une bourrée, Tu chauffais tristement, d'Octobre à Prairial, Tes sabots de bois rude et ta tête poudrée.