‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 42 sur 116 · LES FRÈRES · texte numérisé non relu

LES FRÈRES

Crois-moi. Tes pieds sont faits pour suivre le chemiD Qui, du seuil de la porte au bord de la fontaine, Conduit si mollement que sur son sable à peine Se marquera ton pas silencieux et vain.

L'air natal respiré rend ton soupir divin. Chante. Ta flûte est droite et juste ton haleine. La nature s'émeut à la chanson humaine; La colombe roucoule el ne fu:t pas ta main.

Pour moi, mon dur talon convient à la sandale;

Ma semelle de cuir frappe fort sur la dalle;

Mon souffle âpre sied mieux au cuivre qu'au roseau.

Adieu, Frère, la vie est double, rude ou belle, Et saurons-nous quel Dieu nous fit ainsi rivaux. Car ma voix furieuse est pourtant fraternelle ?

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