LE MARIN
Le soleil a liâlé de son âpre brûlure Sou visag^e marin où les yeux, vifs encor, Semblent, loin de recueil et vers les feux du port, Orienter la vcrg-ue et régler la voilure.
Vieux galant d'abordag-e et coureur d'aventure, Regrettant le grappin et l'ancre et le sabord, Il garde dans sa main qui s'y crispe et le tord Le rauque porte-voix où vibra sa voix dure.
Il monta, tour à tour, du Levant au Ponant, Le Non-Pareil, le Joli-Cœur et le Tonnant^ Brick ou frégate ou lougre ou vaisseau pavoisé;
Et, prompt à commander salves ou branle-bas, Son geste semble au mât qu'un boulet a brisé Clouer le pavillon sous qui l'on coule bas.