‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 97 sur 116 · PORTRAITS DE MAINS · texte numérisé non relu

PORTRAITS DE MAINS

Si le Temps à jamais effaça dans l'oubli Le sourire perdu de leurs bouches vivantes, Son caprice a laissé les formes indolentes De leurs mains se survivre en un pastel pâli.

Celle-ci tient encor l'œillet qu'elle a cueilli; Toutes, ticdes de paix ou fébriles d'attentes, Mains de mères, mains de vierges ou mains d'amantes, Cambrent leur grâce fîère ou leur galbe joli.

Sur le jaune papier où ressort la san<;^uine J^e flexible bouquet de ces mains consanguines Allonge de blancs doigts dont l'ongle fardé luit.

Et qui sait si jadis, au cadran des pendules, Elles n'ont pas touché par hâte ou par ennui. L'aiguille où l'heure avance et où le temps recule?

L'ONCLC

Les abbés à rabat et les marquis coquets Minaudent en lorg-nant les dames peu farouches, Et le sourire encor plisse le fard des bouches, Et le silence rit encore de caquets.

L'habit fleur de pêcher et la robe à bouquets, Les boîtes à bonbons et les boîtes à mouches! Et tout le gai décor, de l'écran aux piédouches. Se mire dans le bois miroitant des parquets.

Mais celui-ci, rétif au conciliabule,

Seul en son cadre noir au fond du vestibule,

Crispe à l'écart son poing* gantelé de métal ;

L'armure bombe encor sa poitrine tragique Et sur son blanc manteau guerrier et monacal fi'écartèle la cioix de l'Ordre Teutonique,

l'S'A LES ML;j.>u,i,i;s m'augilï

Page 1