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RENCONTRE

Si j'étais dieu, déesse Si j'étais duc, duchesse, — Commode, ce refrain !

Si j'étais czar, czarine, Et partant mandarine Si j'étais mandarin.

Le jour où, l'ayant rencontrée, Je l'adorai du premier coup, J'ai vu sa crinière lustrée, Ses petits pieds, son nez, son cou...

A qui saurait, capédéJiou !

Donner à mes deux yeux l'étrenne De sa jambe et de son genou, J'offre un beau sonnet pour sa peine.

Le soir, dans sa chambre encloîtrée, Quand, ayant tiré son verrou, Elle s'endort, de blanc parée, A l'heure où veille le hibou, A quoi songe ce cher bijou?

Où va sa pensée incertaine ?

A qui voudra bien me dire où J'offre un beau sonnet pour sa peine.

Est-elle simple ou mijaurée, Celle qui me change en toutou ?

Est-elle tendre? évaporée ?

Son cœur est-il en amadou ?

Prend-elle amour pour un joujou ?

Est-elle méchante et hautaine ?

A qui répondra, point grigou, J'offre un beau sonnet pour sa peine.

ENVOI

Oiseaux des bois, merle ou coucou, A qui de vous, voyant ma reine, Lui dira : « Pitié pour un fou ! »

J'offre un beau sonnet pour sa peine

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