RACINE
Mais autour de leur col et sur leur sein de lait Maint collier de très purs diamants ruisselait D'une splendeur toujours jeune, toujours divine.
Et parmi les langueurs et parmi les pâleurs Scintillaient, seuls vivants, ces feux ensorceleurs ; Et ces joyaux étaient les larmes de Racine.
Qui ne t'honore point n'aura pas mon estime ; De la fleur du bon sens ton petit livre est plein. Sagement, deux à deux, tes vers vont leur chemin, Amis de la Raison, taquinés par la Rime.
Ton cœur de dur régent fut parfois magnanime : Tu jugeas grand sur tous ton ami Poquelin; Tu brusquas un Jésuite, ô Français né malin, En lui criant tout haut que Pascal est sublime.
Et si tes vers prudents ménagent la couleur, S'ils ne pèchent jamais par excès de chaleur, Je te pardonne, va, lorsque je considère,
Brave rimeur de froide et correcte façon,
Que tu perdis, enfant, « une très jeune mère »,
Et que, maussade et sourd, tu mourus vieux garçon.