AUXILIUM MEUM A DOMINO' GOMMENTARIUS
HERUM
IN SALUBERRIiMA MEDIGINiE FAGULTATI PARISIENSI
GESTARUM CUM TABULIS ACCEPTI ET IMPENSI
A die decimo qu'uito mensis novembris anni m.dcc.lvh ad diem cjuintuni mensis novembris anni îm.dgc.lviii
Magistro Joaxne Baptisïa Boyer
deçà no '.
' Cette formule varie fréquemment, et ne se rencontre guère avant le dix-septième siècle : les doyens emploient alors indifféremment : Gloria in excelsis Deo. — Intende in adjutorium meum Deus salutis mece. — Uni et Trino, etc.
^ Ce titre est moins complet dans les premiers volumes.
Les Commentaires débutent toujours de la même manière. Le premier chapitre n'a pas de titre spécial, et il est invariablement consacré au récit de la séance tenue par les docteurs pour la nomination d'un nouveau doyen. Depuis l'ori^jine de la Faculté, l'époque de cette réunion était fixée au samedi qui suivait la Toussaint, » primo sabbatlio post festum omnium sanctorum'.» La séance était ouverte par un discours du doyen sortant, qui rendait ensuite compte de sa gestion.
Voici la formule employée chaque année pour l'entrée en matière :
Anno Domini millesiino septingentesimo trigesirno quarto, die sabbati post festum omnium sanctorum sexto novembris. Facultas légitime convocata fuit a Magistro Theodoro Hyacintlio Baron, tune decano, per scliedulam ab apparitoribus delatam, dccanum et professores electura. Convenere fréquentes in scliolas superiores doctores medici, hora deciina nialutina, post sacrum, more solito...
NOMINA ET COGNOMINA HONORANDORUM MAGISTRORUM
REGENTIUM " SALUBERRI3I.K
FACULTATIS MEDIC.E PARISIENSIS.
Dans l'origine, les doyens se contentaient d'indiquer SOUS ce titre le nom et le prénom de chaque docteur :
Marcus Myron, medicus regius. [Année 1599.]
Voici une des formes les plus usitées : Commentai'iux eoruirt (]uœ acta sunt eo tempore cjuo magister jEt^iduis Héron, Parisiensis, ex decreto Facultatis decaiii munere functus est. — Gilles Héron fut doyen de 1603 à 1604.
' Commentaria, t. X, p. 416.
' A partir du quinzième siècle, onlitseulement : doclorum.
Plus tard, on y joi(}nit tous les titres auxquels ceux-ci pouvaient prétendre :
Antonius de Jussieu, reglae scientiarum academiae, re{}iarumque societatuui Angliae et Prusslœ socius, botanices in liorto regio parisiens! professer et demonstrator. [Année 1733.]
Ludovicus Glaudius Bourdelin, Parisinus, antiquusFacultatis decanus, regiae scientiarum acaderniœ, regiseque societatis Berolinensis socius, in horto regio chimiae professer, et Galliarum principum medicus primarius. [Année 1772.]
DISPUTATIONES QUODLIBETARI^E.
Ces questions ou thèses cjuodUbétaires précédaient l'examen de licence. Cette épreuve durait pour chaque candidat six heures consécutives , de six heures du matin à midi. Le président de la thèse prenait le premier la parole, et argumentait contre le bachelier, qui devait ensuite, de huit à onze heures, répondre à toutes les objections qui lui étaient proposées par neuf docteurs. A onze heures, les examinateurs faisaient au candidat une dernière interro(jation qu'ils avaient le droit de choisir en dehors de la thèse, c'est de là que vient le nom de quodlibc taire. Après cette longue séance, si l'épreuve était favorable, le président se levait, et prononçait ces mots : a Audivistis, viri clarissimi, quam bene, quam apposite, responderit baccalaureus vester ; eum, si placet, tempore et loco commendatum habebitis. »
Les Commentaires indiquent toujours exactement, outre le sujet de la thèse quodlibc taire, les noms du président et du candidat :
Die martis 4 decembris [1597], disputavit de quodlibeta-
ria M*"" INiculans Marchant, rcspondantc Joannc de Gayette, Lutctiano, de hac qua;slione : Est ne fœtus matri quaui patri siinilior?
Die jovis 17 decciubris [1733], di.sputavit de qiiodlihetaria quaestione M^' Juliannes-Baptisla Ludovicuc Cliornel, respondcnte Laccalaurco yV Francisco Felicitate Cochu, SangermanoinLaya.Quaestio fuit talis, affirmative condusa : An castl rariwî œgrotant, facilius curantur ?
QU^STIONES CARDINALÏTI-E.
Quand le cardinal Guillaume d'Estouteville vint, en 1452, examiner et réformer l'Université de Paris, il appela l'attention des professeurs de la Faculté sur l'élude de l'bvgiène, qui était encore fort négligée. Il ordonna que les bacheliers soutiendraient une thèse sur cette branche importante de l'art médical, et cette épreuve, en souvenir de son fondateur, prit et conserva le nom de Thesis ou cjuœstlo cardlnalltia, thèse cardinale. Les Commentaires sont également très complets à cet égard :
Die jovis 14° niartii [1577], respondit de cardinalitia quaestione M" Petrus Arthuys, Autissiodorensis, préside D° Gulielmo de la Barre. Quaestio autem erat : An in peracutis, turgente niateria, eodem die est purgandum?
Die jovis 8" aprilis [1745], disputavit M^'' Jacobus Antonius Millet de quaestione cardinalitia : An litteratis vitu cœlebs? et concluait affirmative. Proponebat Antonius Petit, Aurelianus, a sexta ad meridiem,
antiquodlibetari.e qu^stiones, qu-e vulgo pastillarij: nungupantur.
Ces cjuœstiones pastiUariœ étaient une des épreuves subies par les licenciés qui aspiraient au doctorat. Elles perdirent, d'ailleurs, beaucoup de leur
importance vers le dix-septième siècle, en proportion de celle qu'acquéraient les vespcries. Les Commentaires indiquent ainsi les qucesliones pasliUdriœ :
Die mercurii 21° mensis novenibris [1576], disputavit de pastlllaria M*^"" Gerinanus Courtin, et quaîstioneiu liane proposuit caiididato : An temperainenlinn sitnul cuni seniine a générante transfuditur ?
Die martis 27° fcbruarii [1608], disputavit de pastillaria quaîstioiie M'^'' Micliacl Toutain, doctor uiedicus, qui niedicinœ candidato hanc quœstioneiu proposuit : An hystericis viy^gin ibus Yen us ?
QUiESTIONES IN AGTIBUS VESPERIARUM ET DOCTORATUUM AGITAT.E.
La vesperie précédait de quelques semaines la réception du bonnet de docteui'. Le candidat soutenait d'abord sur un point donné une discussion avec deux professeurs. Le président prononçait ensuite un discours latin destiné à exposer au récipiendaire la dignité et l'importance de la profession qu'il allait embrasser, et la meilleure manière d'en remplir les devoirs :
Die martis 8° januarii [1577], vesperisatus fuit M'^'' Dominicus Bourgoing, préside D° Augustino FrondeLcuf, qui quidcm preses hanc candidato quaestionem proposuit : Est ne cibiis calidior liyeme salutaris?
Die martis 30° januarii (1601), M" Michael Toutain, licentiatus, respondit de vesperiarum quœstione, préside M° Nicolao Jabot, qui candidato liane quaestionem proposuit : An aies nonus criticus ?
QUiESTIONES MEDICO GHIRURGIC.E.
Ces thèses n'apparaissent que fort tard sur les
refjislres de la Faculté'. Elles sont d'ailleurs en général indiquées avec autant de soin que les précédentes :
Die jovis 11 niartii [1734], M" Joliannes-Baptista Boycr, rcgis consiliarius, et in seiiatu Parisiensi niedicus ordinarius, disputavit de qua^stione quodlihctaria clururgica. Talis fuit quœstio affirmative propugnata, respondente baccalaureo M" Jacobo Francisco Yandremonde, Landraceno : An fistulœ a ni sectio cliii'urgica?
ORATIONES PUBLIG.E.
Le titre indique suffisamment à quelles matières ce chapitre est consacré. Voici d'ailleurs deux exemples :
Dieu aidant.
M'"^^ Elie Col de Tilars, docteur régent de la Faculté de médecine de Paris, conseiller médecin ordinaire du Roy en son Ghàtelet, professeur de chirurgie en langue françoise, ouvrit ses cours par un discours public, qu'il prononça dimanche 29 novembre 1733, à 2 heures après midi, et par lequel il prouva que la chirurgie est plus redevable de sa perfection aux anciens qu'aux modernes.
Dieu aidant.
Maître Noël Marie de Gevigland, docteur régent de la Faculté de médecine et professeur de chirurgie en langue françoise, prononça pour l'ouverture solennelle des écoles de chirurgie, un discours public sur l'origine de la chirurgie, le dimanche 24 novembre 1744, à 4 heures et demie après midi.
OBITUS DOCTORUM.
Ce chapitre, qui n'existe malheureusement pas * Voy. Les chirurgiens. .
dans les premiers volumes, renferme des documents très curieux, et que l'on chercherait vainement ailleurs. Quelques-unes des notices qu'on y trouve prennent, surtout à partir du dix-huitième siècle, toutes les allures d'une petite oraison funèbre :
Die sabbati 30" octobris [1734], M" ^gidius Adam, Gonstantiensis, hora sesquiseptinia vespertina obiit, inorbo abdoniinis inflauimatorio correptus, annum agens 49"^"^ Ipsius corpus, uiaxima coniitante doctoruui caterva, delatum est ad sedein Deo sacrain sub invocatione S'' Severini, et sepultum est in ejusdem ecclesiae ossuario. Collcgœ amicissimo det Deus requiem sempiternam !
Die jovis 29° septembris [1763], vitam cum morte commutavit M" Ludovicus Alexander Viellard, San-Laudœus. Sacris fontibus ablutus fuerat, die 21° mensis maii anni 1714, in ecclesia parocliiali Sancli Thomae San-Laudœi. Repetita per plures continues dies vasorum pectoris liœmorrhagia correptus, dciiide tussi, febre continua usque ad quinquagesimum diem protracta, pulmonorum suppuratione confractus, suam mortem praesagiens, liane vidit impavidus, ad sanctissima religionis sacramenta pie confugit, sagax et bonse mentis... Postero die, veneris scilicet, tuniulo conditum fuit ejus corpus in ecclesia Sancti Eustachii ; ipsius funeri interfuit Facultas.
DEMONSTRATIONES ANATOMIG.E, OPERA CHIRURGICA,
GALENICA ET CHIMIGA
IN AMPHITHEATRO CELERRATA.