SON ORGANISATION EN VUE DE L* ENSEIGNEMENT
et les revêtait du sceau de la Faculté. C’était lui qui convoauait les réunions, nommait les chirurgiens et les apothicaires de la ville, inspectait l’exercice de ces professions. Il était juge des différends relatifs à l’École, recevait le serment des gradués et des étudiants, et indiquait le sujet des disputes. Cette charge était viagère. Jusqu’à 1664, elle fut élective; à partir de cette époque, le roi s’attribua la nomination directe. L’un des derniers chanceliers élus fut Ranchin. Il avait obtenu sa nomination, en fournissant à ses frais un tapis pour recouvrir la table des délibérations. Il fit plus tard des libéralités plus coûteuses. La Faculté lui dut la reconstruction ou l’embellissement de plusieurs des édifices consacrés à son enseignement, et qui tombaient en ruine. Il ne demandait en échange que la reconnaissance, et il l’obtenait; si bien que ses collègues lui laissèrent peu à peu prendre sur eux une préséance que les chanceliers n’avaient pu obtenir jusque-là, et qu’ils gardèrent depuis.
Le second personnage de la Faculté était le doyen. 11 remplaçait le chancelier en son absence. Il avait en outre pour fonction spéciale de veiller à la direction des études, et de prescrire la matière des cours. Enfin, deux procureurs , nommés tous les ans le jour de la Saint- Luc, se partageaient l’administration des biens et la tenue des archives de la compagnie. Plusieurs officiers subalternes complétaient ce personnel : syndic, trésorier, secrétaire, bedeaux, etc.
Ce qui, en réalité, faisait l’importance de cette Faculté, c’était le nombre considérable des écoliers qui la
LA FACULTÉ DE MONTPELLIER
fréquentaient. De tous temps, cette jeunesse tumultueuse avait fait la terreur des paisibles habitants de Montpellier : au moyen âge, elle constituait une sorte de petite république, ayant ses droits et ses franchises, gouvernée par un chef nommé par le suffrage universel, sous le nom à' Abbé des écoliers . C’était un personnage considérable, qui traitait avec le chancelier de puissance cà puissance. Par le progrès des temps, on était parvenu à supprimer cette organisation par trop démocratique, en y substituant quatre conseillers , désignés par les professeurs parmi les écoliers, et destinés à servir d’intermédiaires entre leurs camarades et les autorités universitaires ou municipales !. Outre les écoliers libres, qui formaient la majorité, un certain nombre étaient casernés; ils étaient répartis entre quatre collèges, fondés par la libéralité de divers bienfaiteurs, et où ils recevaient l’éducation gratuite. Le plus important de ces établissements était le Collège des douze Médecins, fondé par le pape Urbain Y.
111. Seize examens menaient les aspirants des premiers degrés scolastiques jusqu’au grade suprême, le doctorat. Le premier de ces examens, celui du baccalauréat, ne pouvait être subi qu’après trois ans d’études. Il durait de huit heures du matin jusqu’à midi.
1. On trouvera, dans l’ouvrage cité de M. Germain, de curieux détails sur cette organisation, et accessoirement sur la célèbre et licencieuse société des Béjaunes, principalement formée d’étudiants en droit.