Michel Léyy, Traité ff hygiène publique et privée
loin de là au vaste ensemble créé plus tard par le génie de Bichat, et à cette belle classification des tissus, des systèmes et des appareils, qui a renouvelé la physiologie moderne. Cependant Ton ne saurait sans injustice méconnaître les premiers et louables efforts tentés dans cette direction. En fait, la notion de tissu se cache au fond de ce qu'on désigne alors sous le nom un peu vague de parties vraiment similaires, savoir : les os, les cartilages, les fibres, les membranes, les ligaments, les tendons, les chairs, la peau.
Par leur union, par leurs combinaisons variées, les parties similaires forment les organes, instruments, lesquels sont de trois ordres. Le premier ordre comprend les organes de la structure la plus simple : tels sont les nerfs, les artères, les veines. Les organes de second ordre atteignent déjà une texture plus complexe : ainsi les muscles possèdent chacun un corps charnu, un tendon, une gaîne fibreuse, etc. ; les doigts comprennent des phalanges, des articulations, des ongles, un appareil tactile. Enfin de la réunion de plusieurs organes de second ordre résultent des organes de troisième ordre, véritables machines vivantes destinées à accomplir, par l'association de différentes pièces, une seule et même fonction.
Il est à déplorer que ces vues d'ensemble, qui contiennent de véritables éléments de progrès, viennent aboutir à la doctrine des quatre humeurs, dont elles ne sont guère que le préambule. Ici c'est encore Galieu qui règne en maître, et nul n'oserait le contredire sur