Voy. plus haut, p
2. c Une crise, dans ces maladies, c'est ou une exacerbation,' on un affaiblissement, ou une métaptose, ou une autre affection, ou la fin. » (Hippocrate, Des affections, trad. Littré.)
n est curieux de voir avec quel soin tous les faits cliniques étaient ramenés à cette interprétation. C'est ainsi que la salivation mercurielle, accompagnée d'une grande fétidité de l'haleine, était considérée non comme l'indice de la saturation de l'économie par le médicament , mais comme le virus lui-même , l'humeur pec-
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La conséquence pratique de ce système, c'est que dans la grande majorité des cas, lorsqu'on juge opportun de ne pas s'en fier aux seules ressources de la nature, il faut chercher à délivrer le corps des matériaux étrangers qui l'encombrent. De là l'utilité de la saignée, nonseulement pour extraire une partie du sang, lorsqu'il existe en trop grande quantité, mais surtout pour enlever avec lui l'humeur peccante, en laissant à l'hématose le soin de réparer les pertes subies. De là encore le fréquent emploi des purgati£s, qui sont bien chargés, comme le mot l'indique, de purger^ de nettoyer le corps : et voilà l'origine du grand art de la puigation.
Pour bien purger, il faut connaître le tempérament des plantes. Car les plantes, comme les hommes, ont leur tempérament. Leurs qualités sont occultes ou manifestes. Celles-ci sont elles-mêmes de premier, de second ou de troisième ordre.
Les qualités premières, celles qui plus directement constituent le tempérament de la plante, sont dues aux éléments qui entrent dans sa constitution. Ce sont, comme pour Thomme, la chaleur, le froid, l'humidité, la sécheresse. Dans chacune de ces qualités, on peut distinguer huit degrés, et de leur mélange en toute pro-
cante s'écoulant au dehors mélangée avec la salive. C'est, du reste, ce que Fracastor exprimait par ces vers :
Liquefacta maU excremeDta videbis
Assidue spuio immundo fluitare per ora, El largum ante pedes tabi minbere flumoD.
l'art D£ la PURGATION. 369
portion résultent mille nuances. Ainsi, eu égard à un homme bien tempéré, le chou échauffe au premier degré, les câpres au deuxième, la cannelle au troisième, Tail au quatrième... L'orge rafraîchit au premier degré, le concombre au deuxième, le pourpier au troisième, la ciguë au quatrième!... La buglosse humecte au premier degré, la violette au deuxième, la laitue au troisième... Le fenouil dessèche au premier degré, le plantain au deuxième, Tabsinthe au troisième, etc., etc.; en sorte que, quel que puisse être un tempérament humain donné, on peut toujours espérer de trouver soit une plante isolée, soit des associations diverses, qui lui conviennent, et d'où résulte un tempérament capable de lui servir de correctif, de suppléer à ce qui lui manque, ou de neutraliser ce qu'il a d'excessif.
Les plantes possèdent, en outre, des qualités secondes qui les caractérisent davantage. Elles sont raréfiantes, atténuantes, adoucissantes, apéritives, irritantes, etc. A chacune des qualités premières correspond, en général, un certain groupe de qualités secondes, de telle façon que celles-là étant connues, celles-ci pourront être prévues d'ordinaire. Ainsi les plantes chaudes seront le plus souvent atténuantes, raréfiantes; les plantes froides seront épaississantes, condensantes, etc. Enfin, les qualités troisièmes (quelquefois rapportées aux qualités occultes) sont de nature beaucoup plus spéciale. C'est par elles qu'une plante est diurétique, emménagogue, anodine, etc.
Tout cela est nécessaire à connaître pour savoir bien purger, puisqu'il faut, avant tout, que le tempérament
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4u purgatif s'adapte à celui du sujet qu'on pui^. liais Joute cette science serait vaine^ si Ton n'y qfiitait celle des qualités occultes. C'est, en effet, aux qualités occultes que la plante doit ses vertus yraiment actives; c'est par elles qu'elle est yénéneuse, ou qu'elle peut sernr d'antidote, ou enfin qu'dle est purgative. Les qualités occultes, ce sont cdles au delà desquelles l'esprit ne peut plus pénétrer; c'est la nature s'enveloppaot du voile épais qui dérobe à nos yeux les causes premières. Comment un purgatif est-il ce qu'il est? L'est-il par attraction , choisissant les humeurs et les attirant au dehors, de même que la plante végétant dans la terre choisit et attire les sucs dont elle doit vivre ? l'est-il par impulsion^ poussant devant lui l'humeur qu'il rencontre sur son passage ? et en ce cas, pourquoi pousse-t-il l'une et non pas l'autre? Là est le grand mystère de la purgation. Toujours est-il que chaque purgatif agit d'une façon particulière et déterminée. En un mot, c'est un spécifique. La scammonée agit sur la bile, la coloquinte sur la pituite, l'ellébore noir sur la mélancolie. Et ce n'est pas tout: il y a des purgatifs spéciaux à chaque partie du corps et à chaque humeur qui engorge cette partie. L'un évacuera la bile jaune de la vésicule du fiel, l'autre la bile noire de l'estomac, un troisième la pituite de la tête, et cette simple considération du siège va multiplier à l'infini les difficultés et les préceptes.
Ajoutons, pour être juste, que le moment qui nous occupe est précisément celui de la grande réaction contre
les qualités occultes, et que cette réaction se fait au sein même de la Faculté. Guy Patin en est un des principaux inspirateurs. On commence à se méfier de ces grands mots qui ne servent que de déguisement pompeux à notre ignorance ; on s'habitue à penser qu'il n'y a dans la nature que deux sortes de causes, celles qui nous sont connues et celles qui nous échappent; et que le rôle de la science est justement de diminuer le nombre de celles-ci au profit de celles-là. Mais cette révolution n'est point encore descendue, si Ton peut ainsi dire, de la théorie dans les faits. Elle n'est point sortie du domaine de la métaphysique. Les causes occultes ont perdu leur nom; mais elles dominent encore la science; la théorie de la purgation et la doctrine des purgatifs spécifiques est intacte» et sert de base à la thérapeutique tout entière.
YI. Esprits, calorique inné, humide radical. Des contenants et des contenus, passons aux esprits qui les animent. Ce sont les ministres de l'âme, chargés par elle de transmettre les mouvements aux corps. Si l'on voit le sang s'échapper avec force d'une artère ouverte, c'est que les esprits qui y sont contenus s'élancent violemment au dehors, entraînant avec eux le liquide. Leur existence ne saurait être révoquée en doute. En effet, la nature a horreur du vide, natura fugit vacuum ut capitalem hostem * . Or, on trouve dans nos organes de nom-
1. Gela s*est dit longtemps encore après les expériences de Pascal et de Torricelli. — Ce n'est certes pas ici le lieu de tejiter
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breuses cavités, celles des vaisseaux, du coBur^ du cerveau. Ces caTités doivent être, sur le viTant, remplies par quelque chose ; ce quelque chose ne peut être que les esprits. Us sont composés d'une substance trèschaude, éthérée, d'une légèreté, d'une ténuité extrêmes, et servent de véhicule au calorique inné et aux facultés de l'âme. Chaque organe est muni, en naissant, de fes esprits spéciaux. Le nombre en est donc précisément égal à celui des parties et des tempéraments. Mais en raison de la dépense qui s'en fait journellement, ils seraient bientôt épuisés, s'ils n'étaient sans cesse alimentés par de nouveaux esprits venant des trois grands centres vitaux, le foie, le cœur, le cerveau. Ce sont les esprits influents ou errants. Ces derniers sont eux-mêmes de trois ordres : esprits naturels, esprits vitaux, esprits animaux.
Voici, selon la théorie, comment se passent les choses : le chyle arrive par la veine porte au foie, où il se transforme en sang. Là, la portion la plus pure des aliments subit une première élaboration. Elle forme la vapeur du sang, qui elle-même, au contact des esprits propres du foie, passe à Tétat d'esprits naturels. Le foie étant l'origine des veines, fournit, par leur intermédiaire, des es-
aucune réhabilitation. Je ne puis pourtant m'empècher de remarquer que cette fameuse horreur du vide, parfaitement ridicule dans le cas particulier de la pesanteur de Tair, avait, dans la philosophie du temps , une portée beaucoup plus étendue. Elle contenait, sous une forme bizarre, une grande idée de physique générale, à laquelle la science tend à revenir, par l'hypothèse d'un éther impondérable.