‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 188 sur 222 · Amour médecin^ acte II, se. vi · texte numérisé non relu

Amour médecin^ acte II, se. vi

402 MOUÉRS DISCIPLE M GASftBlIflI.

la chaleur et rinflammatioD porte au cerveau du malade beaucoup Ae fuligines épaisses et crasses, dont la vapeur noire et maligne cause dépravation aux fonctions de la faculté princesse... La véritable source de tout le mal est ou une humeur crasse et féculente, ou une vapeur noire et grossière qui obscurcit, infecte et salit leâ esprits animaux, i» etc., etc. K Enfin, si Ton veut bien se rappeler et l'œil qui voit parce que le cerveau lui envoie des esprits optiques, et Testomac qui digère parce qu'il est doué de la faculté concoctriee^ et le séné qui purge parce qu'il a la vertu cholagogue^ ne trouvera-*t-on pas que tout cela n'est guère, au pied de la lettre, qu*une variante du fameux couplet !

Opium fkeit dormire, Quia est in eo Virtoi domltiva, Gujus est natura Sensus assoupire.

Tous ces traits, que je prends au hasard (car encore un coup il faudrait tout citer), et qui se perdent à la scène dans lafoUe gaieté de raction générale, contiennent, sous une forme bouffonne, la satire la plus vraie, la plus philosophique qui ait jamais été faite des défauts de la méthode scolastîque, et la protestation la plus éloquente en faveur de l'expérience, et de ce sens de la vie pratique, qui a peut-être été la plus constante inspiration de MoUère.

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