‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 21 sur 222 · LES ÉTUDIANTS · texte numérisé non relu

LES ÉTUDIANTS

Or les études étaient chères. Je n'ai point eu entre les mains de tarif détaillé des frais d'examens et de thèses. Mais, dans un des factums imprimés quelques années plus tard à l'occasion du procès de la Chambre royale^ je trouve ces frais estimés à 5,000 francs. En admettant qu'il y ait là quelque exagération, il s'agit encore d'une somme considérable pour l'époque, sans compter qu'on n'était guère docteur avant vingt-huit ou trente ans, et que jusque-là tout était dépense. La Faculté de médecine, plus libérale en cela que bien des institutions modernes, ne voulait pas que la pauvreté fût un obstacle au mérite. L'article XXV des statuts portait : « Pour que l'accès aux grades en médecine ne soit pas interdit aux jeunes gens pauvres, il sera fait remise des droits d'examen pour la licence et le doctorat à ceux qui seront manifestement dans le besoin, si d'ailleurs il est constaté qu'ils sont instruits et honnêtes ; à la condition qu'ils prendront l'engagement^ par un acte authentique, de rembourser ces frais lorsqu'ils seront parvenus à une meilleure position de fortune. »

Que ferait-on de mieux dans une démocratie ?

Page 1