ROLE POLITIOUE DE QUELQUES MÉDECINS
IL A la cour, on avait bien d'autres exigences à supporter, car, outre la difficulté de plaire à tel ou tel, il y avait encore celle de ne pas déplaire à vingt autres; exercice excellent pour assouplir les caractères, mais non pas, certes, pour les fortifier. Aussi la plupart résistaient-ils mal à cette épreuve. Cependant, pour les juger d'après le témoignage de leurs contemporains, il faut se souvenir d'une considération qui a son importance. Les princes du sang, et le roi à plus forte raison, avaient le droit de prendre leurs médecins où bon leur semblait; ce titre seul dispensait de tous les autres, et donnait à celui qui le portait la faculté d'exercer son art, ni plus ni moins que les docteurs de Paris. Or, il arrivait souvent que les princes , ne fût-ce que pour faire acte d'autorité, fixaient leur choix en dehors des adeptes de la rue de la Bûcherie, et prenaient, par exemple, un docteur de Montpellier, qui se trouvait, par là, investi de toutes sortes de privilèges , et faisait aux médecins de la Faculté, dans la plus riche clientèle de Paris, une redoutable concurrence. 11 était naturel qu'on fût mal disposé pour ces nouveaux venus.
chambre à l'autre. On serait trop heureux si on pouvait trouver de ces billets et en faire un recueil. Je suis assurée que Ton y trouverait des préceptes pour le régime de vivre, des précautions jusques au temps propre à faire des remèdes, et des remèdes même dont Hippocrate et Galieu n'ont jamais entendu parler avec toute leur science ; ce serait une chose fort utile au public , et dont les Facultés de Paris et de Montpellier feraient bien leur profit. » — Voy. encore, dans le même ouvrage, les liaisons de la marquise de Sablé avec les médecins Valant et Gureau de la Chambre.
LE PARTI YAUTIER. 133
Leur position les mêlait parfois à la politique. C'est ainsi que sous Richelieu, Vautier, homme habile et remuant, se trouva transformé en une manière de chef de parti. Le mot n'est pas trop fort, car les mémoires du temps parlent souvent en propres termes du parti Vautier. Docteur à Montpellier, il était venu chercher fortune à Paris, et sut si bien s'y pousser, qu'il parvint à se faire nommer premier médecin de la reine Marie de Médicis, mère de Louis XIII. Il passait pour la dominer entièrement, ce Je mettrai ici, dit Tallemant des Réaux, ce que j'ai appris de Vautier. Un cordelier, nommé père Crochard, l'avait pour domestique, comme un pauvre garçon ; madame de Guercheville le fit médecin du commun chez la reine mère , à trois cents livres de gages. Or, quand elle fut àAngoulême, et que De Lorme l'eut quittée à Aigre (aux enseignes qu'elle disait en son style qu'elle lui avait dit des paroles plus aigres que le lieu où elles avaient été dites), elle eut besoin d'un médecin. Il ne se trouva que Vautier, que quelqu'un qui en avait été bien traité lui loua fort. Il la guérit d'un érysipèle, et ensuite il réussit si bien et se mit si bien dans son esprit, qu'il était mieux avec elle que personne : d'où vint la grande haine du cardinal contre lui. C'était un grand homme bien fait, mais qui avait de grosses épaules ; il faisait fort l'entendu. Il était d'Arles ; sa mère gagnait sa vie à filer, et on di3ait qu'il ne l'assistait point. )>
On sait comment le parti Vautier parut un moment triompher, et failUt obtenir de la faiblesse du roi le