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SES PARTISANS ET SES DÉTRACTEURS

déplorables accidents. D'ailleurs, l'antimoine n'était alors donné que comme vomitif. Quiconque a ressenti l'horrible prostration qui succède à l'emploi de ce remède, comprendra la juste défiance qu'il devait inspirer. Personne, jusque-là, n'avait dit ni compris que le principal avantage qu'on en puisse tirer consiste précisément à utiliser à propos cet affaissement des forces, en fractionnant les doses, sans produire de vomissements. Nous ne le savons que depuis Rasori. La lutte était donc entre ceux qui avaient pour principe de n'évacuer l'humeur peccante qu'après la coction, et qui conséquemment proscrivaient les vomitifs \ et ceux qui soutenaient au contraire qu'il valait beaucoup mieux prévenir les effets désastreux du séjour prolongé de la matière morbide, en la faisant rejeter au plus tôt. En un mot la prétention de ces derniers était de juguler la maladie.

VIII. De quel côté était la raison ? Racontons d'abord la querelle. Elle occupe un siècle entier. En 1566, un arrêt solennel du parlement de Paris condamne l'antimoine; en 1666 un autre arrêt du même parlement le réhabilite. Nous nous tiendrons surtout aux environs de la seconde époque.

Voici d'abord la traduction de la décision de la Faculté, qui avait motivé l'arrêt de iS66.

1. Cependant leur oracle Hippocrate, qui bâtissait moins de théories, mais qui savait mieux observer, avait connu Tusage de cette classe de médicaments, et notamment de Tellébore blanc.

186 CONDAMNATION DE l'ANTIMOINB.

a Décret de la Faculté.

<c Tout le collège de la Faculté de médecine ayant été convoqué à l'effet de porter un jugement pour servir de règle relativement à Tantimoine, il a été décidé, d'après l'autorité de tous ceux qui se sont illustrés. en médecine, et pour les raisons déjà exposées devant M. le procureur général, que l'antimoine est une substance délétère, et, comme tel, doit être classé parmi les simples de nature vénéneuse ; que, de plus, il n'existe pas de préparation qui puisse le corriger, de manière à en permettre l'usage sans danger. Décrété aux Écoles de médecine, le troisième jour des kaiendes d'août de l'année 1566. »

En 161 S nouveau décret, porté dans le même sens, à l'unanimité.

Ces décrets ont ceci de remarquable, qu'ils nous donnent de la manière la plus exacte l'idée que nos pères se faisaient des médicaments et des poisons. Pour eux, toute la question se réduisait à savoir 52 V antimoine est un poison. La médecine moderne, à la fois plus hardie et plus sage, reconnaît que le degré d'utilité ou de nocuité d'une substance dépend uniquement de l'usage qu'on en fait, et des doses auxquelles on la donne. Tous les grands agents thérapeutiques dont elle s'est enrichie sont d'énergiques modificateurs de l'économie, capables de donner la vie, précisément parce qu'ils peuvent donner la mort. Elle utilise les plus redoutables moyens de destruction : le mercure, l'arsenic, l'opium,

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