‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 91 sur 222 · ATTITUDE DE GUY PATIN · texte numérisé non relu

ATTITUDE DE GUY PATIN

cîpalement quand ils se servent d'antimoine. » Voilà sa profession de foi, et le fond de sa pensée.

Toutefois il y met d'abord une certaine discrétion. Il écrit en 1650 à Falconnet : « Je pense vous avoir envoyé ci-devant Stibii novœ vindiciœ, en vers hexamètres et pentamètres contre l'antimoine; en voilà d'autres un peu meilleurs que je vous envoie. Ne dites à personne que ce soit moi qui vous les ai envoyés. » Vers cette époque il semble conserver encore quelque indécision : « Je sais trop bien que s'il appartient à quelqu'un de se servir d'antimoine, que c'est affaire aux docteurs dogmatiques, qui sauront bien prendre leur temps et le donner bien à propos, lorsqu'il est bien préparé. » On peut penser, sans jugement téméraire, qu'il n'ignore pas, à ce moment, qu'il est question de lui pour le prochain décanat; il ne veut pas compromettre ses chances. Une fois doyen, il a moins de précautions à prendre; à mesure que la querelle s'envenime, sa tête se monte, et il devient de plus en plus intraitable. C'est une nature trop entière pour s'en tenir longtemps aux moyens termes et aux tiers partis. Il a d'ailleurs à cela des raisons personnelles. L'antimoine et Guénaut, cela ne fait qu'un dans son esprit, comme dans celui de tout le monde ; et Guénaut lui est particuUèrement odieux à divers titres, mais surtout comme médecin du cardinal Mazarin. Aussi TOthodoxe de Germain trouve en lui un fervent admirateur, et il va sans dire que V Antimoine triomphant d'Eusèbe Renaudot lui paraît une œuvre plate et absurde.

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