DIEU, PROVIDENCE
Dieu a une perfection infinie, parce que, dans une très parfaite et très simple unité, il a la puissance de faire toutes choses.
De La Chambre, Les Caractères des Passions.
11 n’y a que Dieu qui puisse remplir l’entendement et donner à la volonté une joie et un amour parfaits, parce
qu’il n’y a que lui seul qui possède tout l’être.
Le même, ibid.
L’esprit de Dieu s’est caché dans ses ouvrages... Aussi, dans toutes les choses de la nature où l’on voit tant de marques d’une sagesse admirable, il ne faut pas croire que ce soit d elles qu’elle procède ; mais que c’est l’esprit de Dieu qui se coule dans leurs effets, qui leur donne
l’ordre, le mouvement, et qui les guide à la fin qu’il leur a prescrite.
Le même, ibid.
La créature nous fait penser à un Créateur qui ne doit tenir l’existence que de lui-même.
Le Camus, Médecine de V Esprit.
Toutes les analogies portent l’homme à regarder les ouvrages de la nature comme produits par des opérations comparables à celles de son esprit dans la création des ouvrages les plus savamment combinés, et qui n’en diffèrent que par un degré de perfection mille fois plus grand ; d’où résulte pour lui l’idée d’une Sagesse qui les a conçus et d’une Volonté qui les a mis à exécution, mais de la plus haute sagesse et de la volonté la plus attentive à tous les détails , exerçant le pouvoir le plus étendu avec la plus minutieuse précision.
Cabanis, Du Perfectionnement de l'Homme physique et moral (1) .
Selon les lois que Dieu nous a données , nous devons l’aimer par-dessus toutes choses et notre prochain comme nous-mêmes; sagesse qui établit le bonheur du genre humain.
Haller, Danger de l'Esprit d' Incrédulité.
Dans la nature, tout phénomène a son côté sensible et saisissable, puis son côté occulte et mystérieux : l’un cor-
(1) Dans cet ouvrage inédit, on trouve, en faveur de l’immortalité de l’âme, des preuves que Cabanis devait à ses méditations sur l’anatomie et la physiologie : c’est donc à tort qu’on l’a accusé d’athéisme et de matérialisme.
responcl aux besoins de l’homme, l’autre reste le secret de Dieu. Mais, étant admis à la connaissance de la loi, nous devons reconnaître l’existence du législateur.
Théodore Perrin, De la Périodicité.
Incertain s’il trouvera ce qu’il cherche hors de Dieu, l’homme est toujours certain de trouver tout en Dieu.
De La Roière, Philosophie physiologique de l'Homme.
Voici les relations nécessaires que l’homme doit établir avec Dieu : il doit croire et espérer en lui , l’aimer d’une manière absolue, vivre dans sa présence avec soumission, humilité, et le prier pour tous ses besoins.
Le même, ibid.
Si Dieu n’a pas besoin de nous, nous avons besoin de lui. S’il a suffi d’un seul acte de sa volonté pour mettre dans toutes les générations passées, présentes et futures les dispositions et les penchants qui doivent conduire l’humanité tout entière au but qu’il s’est proposé d’atteindre, nous, faibles, ignorants, incertains même sur les choses qu’il nous est le plus important de connaître, nous avons besoin d’un soutien, d’un lien, d’un appui moral toujours présent à notre pensée.
Collineau, De P Entendement humain.
Dieu ne nous abandonne jamais entièrement ; car, dans nos actes les plus criminels, il est encore au fond de la conscience quelque chose de lui qui commence le remords.
Le même, ibid.
Pour le philosophe, tout dans l’univers n’est-il pas angage et parole de Dieu, manifestation et révélation de
ses attributs? Nous ne voyons l’univers entier qu’à travers un nuage , et ce nuage est resplendissant de l’idée de Dieu.
BÉiunD, Rapport du physique et du moral.
La sagesse de Dieu est peu honorée de ces esprits vulgaires qui, jetant des yeux étonnés sur les merveilles de la création, les admirent dans leur grossière ignorance; mais elle reçoit une magnifique louange de ceux qui, faisant un judicieux examen de ses œuvres, lui rendent l’hommage d’une religieuse et savante admiration.
Thomas Browne, La Religion du Médecin.
Ce mot Dieu, écrit en lettres stellaires sur la voûte des cieux, ne l’est pas moins sur la voûte du crâne, sur les courbes du cœur ou la forme de tout autre viscère.
Réveillé-Parise, Eludes de /’ Homme.
La confiance dans la Providence est le meilleur fil que l’on puisse avoir pour se tirer du labyrinthe de la vie, et la meilleur défense à opposer aux attaques dirigées contre le repos de notre âme.
Hufeland, L’Art de prolonger la vie humaine.
Nier l’existence de Dieu est une folie dont aucun médecin instruit ne saurait être capable. 11 est impossible que toutes les lumières qu’il a acquises ne le portent pas à la connaissance et à l’admiration du Créateur.
Muret, Leltre sur la Pratique de la Médecine.
Rien ne découvre davantage une étrange faiblesse d’esprit que de ne pas connaître quel est le malheur d’un homme sans Dieu, rien ne marque davantage une extrême
bassesse de cœur que de ne pas souhaiter la vérité des promesses éternelles ; rien n’est plus lâche que de faire le brave contre Dieu.
Denys Balme, Lettre.
Si Dieu a donné à chaque être sa parure appropriée, si rien n’échappe à ses bienfaits, je déclare que c’est la marque d’une bonté achevée : qu’il soit donc par nous célébré comme bon ! S’il a su trouver en tout les dispositions les plus parfaites, c’est le comble de la sagesse ; s’il a tout fait comme il l’a voulu, c’est la preuve d’une puissance invincible !
Galien, Utilité des Parties du Corps , traduction de Daremberg.
Dieu se présente partout à nos yeux ; nous trouvons dans les objets les plus vils les traces de la main éternelle qui les a formés.
Nieuwentyt, L’ Existence de Dieu démontrée par les merveilles de la nature.
Il te convient servir, aimer et craindre Dieu et en lui mettre toutes tes pensées et ton espoir, et, par foy formée de charité , être à lui adjoint, en sorte que jamais n’en soit désemparé par péché.
Rabelais.
L’innéité du dogme de la grande personnalité (1) de
(1) Heureux l’écrivain qui a une foi vive et profonde en ce Dieu tripersonnel, « non pas, dit M. Caro, en cet infini vague et chimérique des panthéistes, qui s’engendre perpétuellement lui-même dans un progrès sans fin, mais en un Dieu réel, personnel, distinct de l’univers et de l’homme, en un Dieu qui soit Dieu mémo, au lieu d’être la négation ironique et sentimentale de Dieu. »
Dieu reste à tout jamais comme la plus .magnifique preuve de l’immortalité de l’âme.
Lauvergne, De ï Agonie et de la Mort.