ESCLAVAGE
Après la mort de l’âme, l’esclavage est le plus grand dommage que la personne morale puisse souffrir.
L'abbé Bautain, docteur en médecine, Philosophie morale.
L’esclavage de l’homme est toujours illégitime, parce qu’il est contraire à la nature humaine, qu’il tend à détruire en la dégradant. Il ne peut s’établir et se soutenir que par la violence. C’est aussi par la violence qu’il finit le plus ordinairement.
Le même, ibid.
Ceux qui ont embrassé avec ardeur la cause de l’abolition de l’esclavage y mettent peut-être un zèle qui n’est pas toujours selon la science. Délivrer subitement des esclaves sans les préparer à la liberté par un état intermédiaire, ce serait déchaîner des bêtes féroces ; car ces hommes abrutis par la servitude ont toutes les passions de l’animal.
Le même, ibid.
Il faut commencer par civiliser les esclaves, par les moraliser, il faut leur donner l’instruction chrétienne, leur annoncer et leur faire goûter la parole divine. La religion de Jésus-Christ peut seule les humaniser avec le temps.
Le même, ibid.
espérance.
L’espérance est, comme la piété, un sentiment tendre et religieux que le Ciel envoie au secours des infortunés, ou plutôt elle n’est que la piété même ; car sentir naître l’espérance au milieu des plus grandes douleurs et dans le sein de maux presque désespérés, c’est déjà élever son âme vers le Dieu qui les donne et qui seul a le pouvoir de nous en délivrer.
M.-A. Petit, Essai sur la Médecine du Cœur. Pensées.
L’homme ne vit pas seulement de la vie présente : il a besoin de croire à un monde meilleur, et il s’y transporte sur l’aile de l’espérance.
Dkscuret, La Médecine des Passions.
Le chrétien qui ne s’abuse pas sur les destinées de l’homme et qui met son espérance plus haut que la terre, accepte les misères d’ici-bas comme un calice d’expiation ; il sait que Dieu lui payera en félicités suprêmes la dernière de ses larmes et la moindre de ses douleurs. Sublime espérance que celle-là qui produit la résignation d’esprit, ferme la bouche au murmure, ouvre le cœur aux sacrifices de toutes sortes, et verse sur les douleurs du temps qui s’envole le baume des éternelles consolations!
Beloijino, Des Passions.
L’espérance est fille de la foi : avant d’espérer, il faut croire.
Le même, La Femme.
J entends par espérance, non celle qui se renferme dans
les bornes de noire existence actuelle, mais celle qui s’étend jusqu’au delà du tombeau.
Hufeland, L'Art de prolonger la vie humaine.
Foi et espérance, vertus sublimes! qui peut, sans vous, parcourir la carrière de la vie semée d’impostures et d’illusions, dont le commencement et la fin sont enveloppés de nuages, et où le présent n’est qu’un instant, qui, à peine sorti du cercle de l’avenir, est déjà englouti par le passé ?
L’espérance est une faculté précieuse; elle tient la place du bonheur, si souvent refusé à l’homme.
M.-A. Bonnet (de Lyon), Des Passions.
L’homme de foi ne désespère jamais; l’espérance chrétienne est une vertu, parce qu’elle est le premier fruit de la foi.
L'abbé Beautain, docleur-en médecine, Philosophie morale.
Espérer, c’est choisir son rêve.
Beauchène, Maximes , Réflexions et Pensées.
La première récompense de la foi, c’est l’espérance; espérer, n’est-ce pas jouir par anticipation?
Souvenirs d'un ancien médecin.
De toutes nos affections, l’espérance est celle qui anime le plus, et, conséquemment, la plus importante pour l’hygiène de l’âme. Ce pressentiment céleste est comme une partie délicate de notre moi, un moi charmant qui ne veut jamais se laisser anéantir.
Feuciitf.iisi.euf.n, Hygiène de l'Ame.
esprit.
Le propre de l’esprit est de combiner et de mettre en saillie les rapports des choses, puis de donner du tour à ce qu’il dit et de la grâce à ce qu’il fait; flamme vive et brillante, il est plus voisin de l’imagination que du bon sens.
Descuuet, Théorie morale du goût.
Généralement parlant, l’esprit passe par les mêmes vicissitudes que le corps ; on connaît l’âge d’un auteur aux traits de sa plume presque aussi facilement qu’aux traits de son visage.
Le Camds, Médecine de l'esprit.
L’esprit, comme les muscles, a sa gymnastique ; il s’assouplit et se développe par l’exercice.
Pariset, Éloge de Vauquetin.
L’élévation des sentiments,- la pureté des principes, donnent infailliblement à l’esprit une force, une justesse, une portée incalculables.
Reveillé-Parise, Physiologie et Hygiène des hommes livrés aux travaux de l'esprit.
On peut juger de l’étendue de l’esprit par les questions, et de sa finesse par les réponses.
Beauchène, Maximes, Réflexions et Pensées.
On a toujours trop d’esprit pour tromper les hommes, on n’en a jamais assez pour les éclairer.
Le môme, ibid.
L’esprit doit être un mauvais guide, car il est rare qu’on le trouve clans le bon chemin.
L’homme d’esprit sans prévoyance est un myope sans lunettes.
Le même, ibid.
Pour n’être pas bête, il ne suffit pas d’avoir de l’esprit, il faut encore savoir s’en servir.
Le même, ibid.
La présence d’esprit est un pilote qui nous garantit du naufrage; il ne quitte pas le gouvernail, et ne s’abandonne jamais à la merci des flots au milieu des tempêtes de la vie.
Le même, ibid.
S’il est beau et rare d’avoir beaucoup cl’esprit, il est plus beau et plus rare encore d’en être économe, d’en faire un sage et utile emploi.
Reveillk-Parise, Galerie médicale.
Éclairer son esprit, voilà pour l’homme le meilleur moyen de préserver et de rétablir sa santé.
Feuciitersleben, Hygiène de l'Ame.
La véritable culture de l’esprit, c’est le développement harmonieux de nos forces; elle seule nous rend heureux, bons et bien portants.
Le même, ibid.