HONORAIRES
Quels honoraires pourraient dédommager le médecin de cette pressante sollicitude qui use sa vie, qui le fait s’identifier à son malade et souffrir de ses souffrances? Quels honoraires compenseront ces angoisses de la pratique qui le poursuivent jusque dans son sommeil?
Croveilhier, Ucs Devoirs cl de la Moralité du médecin
A côté d’un petit nombre de personnes qui reconnal-
PENSÉES, MAXIMES ET REFLEXIONS, tront généreusement vos soins et qui acquitteront la dette du cœur, combien se croiront quittes envers vous quand, après avoir supputé le nombre de vos visites et en avoir tarifé la valeur, elles solderont arithmétiquement vos soins, comme une monnaie qu’on échange ! Combien vous payeront de la plus noire ingratitude !
Le même, ibid.
Quand il s’agit d’honoraires entre un malade et son médecin, c’est pour l’un et pour l’autre une question de pudeur. Selon le pieux docteur Andry, « la main du médecin doit être un tronc où chacun met ce qu’il veut, sans qu’on le voie, sans qu’on le sache. »
Reveillé-Parise, Physiologie et Hygiène des hommes livrés aux travaux de l'esprit.
Un usage assez généralement établi entre les hommes qui cultivent l’art de guérir, c’est de ne point recevoir d’honoraires les uns des autres. Ce mutuel désintéressement est une preuve d’estime réciproque et de confraternité.
Cadet de Gassicodrt, Dictionnaire des Sciences médicales, art. Honoraires.
L’étymologie d ' Tionoraires ( honos , honneur) prouve que ce prix ne s'offre qu’à ceux qui professent des sciences ou qui cultivent des arts libéraux. C’est à tort que plusieurs grammairiens l’ont appliqué aux rétributions dues aux prêtres; ce payement s’appelle casuel. L’évaluation des honoraires d’un médecin est relative : 1° à l’importance du service qu'il a rendu; 2" au temps
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qu’ont duré ses soins; 3° à la réputation qu’il s’est acquise; l\° à la fortune de celui qu’il a traité.
Le même, ibid.
Les honoraires seront toujours ce qu’ils doivent être, c’est-à-dire honorables et productifs, si le corps des médecins, pénétré de sa dignité, se maintient à la place que lui assignent l’importance de son art et la considération dont il jouit ; s’il n’admet dans ses rangs que des hommes véritablement instruits et de mœurs graves; s’ils se présentent avec cette noble simplicité qui écarte l’idée du besoin, et cette affabilité pleine de réserve qui appelle la confiance sans permettre la familiarité; s’ils ne se prodiguent jamais inutilement et paraissent vivre retirés quoique au milieu du tumulte du monde; si, prêts à voler < gratuitement au secours de l’indigent qui souffre, ils ne cèdent rien de leurs droits à l’avarice opulente, et préfèrent la perte de tout ce qui leur est dû à une honteuse transaction.
Le mémo, ibid.