HYGIÈNE
Je rappellerai à l’hygiène quelle montre une grande témérité quand elle s'inscrit en faux contre certaines prescriptions de l’Église, qui tendent à soumettre le corps à l’esprit ; ces prescriptions sont de tous les temps , la philosophie les consacre aussi bien que la religion. Tout ce qui élève l’esprit sans détruire le corps, tout ce qui émousse cette pointe acérée des sens, est digne de notre respect et commande notre adhésion.
Ch. Daremberg, Variétés médicales.
Un de mes confrères, âgé de quatre-vingt-trois ans, ramenait aux trois points suivants l’hygiène qui a prolongé sa carrière: «Je mange peu, je marche beaucoup, et je suis gai. » Un autre octogénaire assurait s’être toujours borné à ce principe : peu de nourriture, beaucoup d’exercice; du reste, un sou de vin dans un sou d’eau.
Heveillé-Parise, Etudes de l'Homme.
La médecine les masses.
ne sauve que les individus, l’hygiène sauve
De Pounière.
L’hygiène est un puissant auxiliaire que nous devons invoquer pour combattre nos passions , particulièrement pour en prévenir la naissance , le développement et les progrès.
L’abbé Debreyne, docteur en médecine, Théologie morale.
De même qu’il existe une hygiène, une thérapeutique médicales pour le principe de la vie, de même il existe une hygiène et une thérapeutique spirituelles pour notre principe spirituel ; cette hygiène et cette thérapeutique consistent, pour le développement et le redressement de nos facultés intellectuelles et morales, dans toutes les bonnes impressions qui nous arrivent du monde extérieur; dans les choses du culte religieux, elles se résinent dans la religion qui remonte au berceau du genre humain, dans le christianisme par conséquent.
Vitteadt, La Médecine daim ses rapports avec la Religion.
L'hygiène de l’âme est la science de la santé morale.
Bertrand de Saint-Germain, La Revue medicale.
L’homme a le pouvoir d’établir l’équilibre dans son âme. C’est là le fondement de toute l’hvgiène morale : mais, pour arriver à ce point, il faut d’abord travailler à se connaître et gagner de l’empire sur soi-même.
FEUcnTERSi.EREN, Ilggii'nc de
Sache vouloir, fais ce que dois, voilà en deux mots toute l’hygiène de l’âme.
Le même, Maximes et Pensées.
Pourquoi l’hygiène, dont le but est le perfectionnement physique et moral de l’homme, repousserait-elle le concours de la religion, si bien d’accord avec ses propres doctrines.
V incent, Des Habitudes dans l'armée.
HYPOCHONDRIE, HYPOCHONDRIAQUE.
On peut considérer l’hypochondrie comme l’amour exagéré de la vie , et la mélancolie comme en étant la satiété, même la haine. Dans la première maladie, c’est le moi physique qui est atteint; dans la seconde, le moi moral.
Lodver-Villermay, Traité des maladies nerveuses.
L’hypochondrie est assurément, la plus folle et en même temps la plus triste des maladies humaines. Observez avec soin l’hypochondriaque, vous reconnaîtrez avec regret que son mal ne consiste, à proprement parler, que dans un sombre et triste égoïsme. Il ne vit, il ne pense, il ne souffre que dans son misérable moi exposé à mille ennemis.
Fedcutersleben, Hygiène de l’Ame.
Les hommes riches, rassasiés, oisifs, sont les plus exposés à l’hypochondrie, eux que les sots regardent comme les heureux de la terre.
Le même, ibid.
Les souffrances de l’hypochondriaque sont réelles : ce
serait une grande erreur que de les croire imaginaires..
Brachet, Traité complet de l'Hypochondrie.
La fréquentation des hypochondriaques suffit pour déterminer l’hypocliondrie chez des individus qui ont reçu en partage une grande susceptibilité morale et un • caractère méticuleux; c’est là une nouvelle preuve de la. tendance de l’homme à obéir à l’empire de l’imitation.
Falret, De l'Hypochondrie.
Une maladie morale, plus déplorable que la mauvaise humeur, un amour de soi plus exclusif que l’égoïsme,, peut atteindre l’homme et en faire aux yeux du philosophe un objet de pitié plutôt que d’aversion ou de mépris: j’ai désigné l’hypochondrie.
Foissac, Hygiène philosophique de l'Ame.
L’hypochondriaque concentre son attention sur une seule vie, une seule organisation, une seule santé...., la sienne : il n’a de craintes, de tourments, de préoccupation constante que pour lui-même.
On engage l’hypochondriaque à se distraire ; il serait préférable, sans même en prononcer le nom, qui parfois l’irrite, de lui procurer la distraction qui lui est nécessaire, de choisir celle qui est en rapport avec ses goûts et son caractère, de lui en fournir adroitement les moyens, de le placer au milieu de joies douces et réelles, qui ne laissent dans l’âme ni vide ni regrets.
Le même, ibid.
L’hypochondriaque serait sauvé s’il consentait à se
livrer sérieusement à un travail agricole ou à quelque œuvre de charité d’un long et difficile accomplissement.
Le même, ibid.
Pour guérir un hypochondriaque, il faut surtout le bien écouter, le plaindre sincèrement, et savoir le distraire à propos, sans jamais lui parler de distraction.
Souvenirs d'un ancien médecin.