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INGRATS, INGRATITUDE

L’ingratitude est une apathie coupable de l’âme; c’est une infirmité du cœur ou une altération défectueuse de notre système sensible ; c’est presque toujours le résultat de la vanité en révolte contre cette espèce de supré-

raatie que le bienfaiteur exerce sur celui qu’il oblige.

Aubert, Physiologie des Passions.

Ce sont les ingrats qui, en se multipliant, ont rendu la générosité si rare sur la terre.

Le même, ibid.

Le code de notre législation n'inflige point de peine à l’ingrat; mais son juge le plus sévère est dans son propre cœur : c’est là que ses remords prennent naissance. Il est aussi pour son orguei un châtiment cruel et inévitable : c’est le souvenir de son bienfaiteur.

Le même, ibid.

Rien ne ressemble plus à l’amour paternel que l’attachement que voue un médecin sensible à l’homme qu’il a évidemment sauvé du trépas, et, pour que la similitude soit complète, rien ne ressemble plus à l’ingratitude des enfants que. celle de quelques malades guéris envers leur bienfaiteur.

M.-A. Petit, Essai sur la Médecine du Cœur.

Après l’ingratitude envers ceux de qui on tient la vie, la plus grande est celle qui méconnaît les soins de celui qui la sauva.

Le même, ibid.

Quel homme n’a pas à se plaindre des ingrats ! mais toute personne raisonnable les a bientôt oubliés : l’ingratitude est plus digne de pitié ou de mépris que de colère.

R. Muret, Lettres sur la pratique de la Médecine.

Quand un bienfait est méconnu ou payé d’ingratitude,

PENSÉES, MAXIMES ET RÉFLEXIONS, celui qui a été obligé devient souvent l’ennemi de son bienfaiteur. Il semble que le bien reçu tourne en poison dans le cœur de l’ingrat, comme le rayon solaire dans les plantes vénéneuses qui le pervertissent en se l’assimilant.

L’abbé Baütain, docteur en médecine, Philosophie morale.

L’ingrat ne peut supporter la présence ni le souvenir de celui qui lui a rendu service ; car il y trouve une cause d’humiliation qui irrite son orgueil ou un reproche qui tourmente sa conscience.

Le môme, ibid.

L’homme généreux reçoit en donnant, l’ingrat dérobe en recevant.

Beadchène, Maximes, Réflexions et Pensées.

Se plaindre d’un ingrat, c’est presque le justifier.

Le môme, ibid.

Il y a encore un certain plaisir à faire du bien aux ingrats ; car la conscience nous dit qu’une bonne œuvre n’est jamais perdue , qu’il est un Être qui paye généreusement toutes celles que le monde aura oubliées.

Richard (de Nancy), Discours sur les Etudes et les Qualités du Médecin.

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