MALADES
Changer de médecin est pour beaucoup de gens un acte de la plus grande indifférence. Ils ne songent pas que, ne s’attachant à personne, on ne s’attache point à eux, et qu’à l’heure du péril, ils chercheront en vain un ami dévoué, un homme qui joigne à l’expérience des choses l’expérience des personnes, qui sente leur danger autant qu’eux, qui s’en affecte, qui, pour les y dérober, ne trouve aucun sacrifice pénible, et surtout qui consente à se charger de la responsabilité de leur vie, au moment où ils sont menacés de la perdre.
M.-A, Petit, Essai sur la Médecine du Cœur.
La chambre du malade est le royaume du médecin.
Proverbe oriental.
Mes meilleurs malades sont les pauvres, parce que Dieu s’est chargé de me payer pour eux.
Boerhaave.
Il faut traiter les malades comme êtres sensibles plutôt que comme êtres intelligents ; c’est pourquoi la philosophie le cède-t-elle de beaucoup à la religion comme puissance affective.
Riiies, Des Affections morales et des Passions.
Lorsque nous sommes appelés auprès d’un malade, nous ne devons pas seulement connaître son tempéra-
ment et l’état de ses fonctions vitales, mais encore son caractère, ses mœurs, la régularité on le désordre de ses I fonctions morales.
M.-A. Bonnet (de Lyon), Des Passions.
Il devient impossible de bien diriger une maladie lorsqu’on n’est pas secondé par le malade.
Reveillé-Paiuse, Physiologie el Hygiène des hommes livrés aux travaux de l'esprit.
Une vérité bien connue des médecins, c’est que la plupart des malades ressemblent à des esclaves qui demandent la liberté, sans avoir le courage de rien entreprendre pour l’obtenir.
Le même, ibid.
Ambroise Paré osait se réserver l’humble mérite de panser les malades, mais c’est à Dieu qu’il rapportait la gloire de la guérison. Tout le monde connaît sa maxime favot'ite : Je le pansai, Dieu le guérit.
Pariset, Discours.
L’ingratitude des malades est une chose vraiment remarquable, surtout parmi les personnes opulentes. Le proverbe qui dit : Mal passé n’est que songe , se vérifie tous les jours.
Cadet Gassicourt. Dictionnaire des Sciences médicales, art. Honoraires.
On a fait faire au malade un grand pas vers la guérison quand on a su ramener le calme dans son esprit et le sourire sur ses lèvres.
Souvenirs d'un ancien médecin.
La plupart des malades agissent envers le médecin
comme les malheureux envers la Divinité : ils l’appellent quand ils souffrent, l’aiment pendant qu’il les soulage, l’oublient dès qu’ils ne souffrent plus.
Les riches qui fréquentent les eaux dépensent encore plus pour se rendre malades que pour se guérir.
Isidore Bourdon, Guide aux Eaux minérales.