‹ Les médecins moralistesChapitre 217 sur 352 · MARTYRS · texte numérisé non relu

MARTYRS

La religion épure le sentiment du courage; elle lui ôte tout ce qu’il peut avoir de vulgaire et de personnel ; elle imprime à l’âme humaine des élans qu’on ne saurait comparer avec aucune des émotions ordinaires de la vie.

C’est surtout chez les martyrs de la religion chrétienne qu’il faut admirer cette intrépidité passive, cette résignation absolue autant qu’immuable au sein des plus grandes calamités; ces chants d’allégresse, ces joies saintes au milieu des épreuves les plus déchirantes; ce calme imperturbable qui déconcerte une injuste fureur, ces victoires réitérées sur les passions les plus fougueuses qui tyrannisent notre existence , cette abnégation constante de toutes les jouissances, ces mortifications incompréhensibles, cet abandon total cle la volonté, ce noble dédain des choses de la terre, qui nous élève jusqu’aux régions de l’infini, ces .sacrifices de tous les moments au culte évangélique. Est -il en effet une puissance morale qui fasse éclater des sentiments [plus purs et plus magnanimes ?

Aliuert, Plujsiologie des Passions.

Le sang d’un martyr n’a jamais coulé en vain dans les

temps de calamité publique.

Cayol, Relation de la Blessure et de la Mort de Monseiijneur V Archevêque de Paris.

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