AME
On ne peut concevoir que celui qui a étudié la science de la vie, le scalpel à la main, puisse un seul instant douter de l’existence de l’âme.
Desruelles, Notice sur l'abbé Bellanger.
Osons le dire hautement, nous sommes plus sûrs, sous certains rapports, de l’existence de notre âme que de celle des corps : c’est la première base de l’évidence, le fondement de toutes les autres.
Béraud, Doctrine des Rapports du physique et du moral.
(I) Vojez ci-après, aux Fragments, la revue analytique des facultés de l'Ime.
J’appelle organe de l'âme une condition matérielle qui rend possible la manifestation d’une qualité morale ou d’unè faculté intellectuelle. Je dis que l’homme, dans cette vie , pense et veut par le moyen du cerveau ; mais si l’on en conclut que l’être voulant et pensant est le cerveau, ou que le cerveau est l’être pensant et voulant, c’est comme si l’on disait que les muscles sont la faculté de se mouvoir, que l’organe de la vue et la faculté de voir sont la même chose (1).
Gall, Anatomie du Cerveau.
J’admets l’âme comme un être immatériel enfermé dans le corps. Ses facultés ont besoin d’instruments corporels pour se manifester, et ces manifestations, qui ne peuvent avoir lieu sans les instruments corporels, sont modifiées, diminuées, augmentées ou dérangées, selon la disposition de ces instruments.
Spürzheim. Dérangement des Facultés intellectuelles de l'homme.
11 y a dans l’homme un principe distinct de la matière, dont le corps n’est que l’instrument temporaire et dont la vocation, la destinée sont autres que celles d’un organisme fragile.
Max Simon, Déontologie médicale.
11 existe en nous autre chose que des organes maté-
(1) Lorsque, en 1812, on accusa Gall de matérialisme, il répondit victorieusement par un écrit tout spiritualiste sur les dispositions innées de l’âme, dont la pluralité des organes ne l’empéchail pas d’admettre l’unité. Quant à Spürzheim, le plus célèbre des disciples de Gall, il s’est posé comme l’un des plus chaleureux partisans de l’école animiste dans son Essai sur la nature morale et intellectuelle de l'Ame.
1-iels : il y a un principe Spirituel qui ne peut périr, une âme créée à l’image de Dieu, qui vient de Dieu, qui est faite pour Dieu.
Vitteaüt, La Médecine dans ses rapports avec la Religion.
L’âme est cet ouvrier logé en nous pour travailler et perfectionner le moi suivant Dieu et la vérité des choses.
Lauvergne, Les Forçats.
L’âme est le principe immatériel, pensant, raisonnant, agissant ; les organes sont les instruments employés par ce principe. Il est donc absolument impossible d’étudier l’un à l’exclusion des autres sans tomber directement soit dans les erreurs du kanto-platonicisme, soit dans les absurdités du matérialisme le plus révoltant.
Lepelletier (de la Sarthe), Physiologie , méd. et philos.
L’âme est le moi de Platon, flambeau intérieur qui illumine le sanctuaire mystérieux de notre être, dont la lumière pure, immuable, éternelle, projette ses rayons sur les créations du génie de l’homme et les inspirations de sa conscience, éclaire la voie du inonde moral et le but élevé de la perfection. Ce flambeau, dont la flamme s’alimente aux sources du beau, du bon et du vrai, ne doit-il pas participer de l’immortalité de cette nourriture divine?
Théodore Perrin, De la Périodicité.
L’âme est une puissance qui multiplie ses efl’ets selon les diverses situations de l'homme : dans l'état de santé, c’est une flamme qui l’éclaires dans l’état de maladie, une force qui le conserve.
Le même, ibii.
L’âme veille comme une sentinelle attentive par le moyen des organes des sens.
Staiil.
L’âme est comme un timbre sur lequel frappent continuellement les sens ; mais elle dispose à son gré des sensations quelle reçoit et réagit sur elles selon sa volonté, preuve incontestable de son immatérialité et de sa liberté.
Beauchène, Maximes, Réflexions cl Pensées.
L’âme humaine présenté deux facultés distinctes, l’in- Stinct et la raison : l'instinct qui pousse aux actes irréfléchis et qui est la loi naturelle des animaux ; la raison qui préside aux actes mûrement pensés et qui est la loi naturelle de l’homme.
Dufieux, Nature et Virginité.
Les fondements de la morale reposent dans l’âme; les principes de nos devoirs y sont écrits en caractères sacrés.
Aubert, Physiologie des Passions.
Les âmes ont leur hygiène comme les corps : aux mies le bruit et l’agitation semblent préférables; aux autres le calme et le recueillement offrent plus de ressources.
Réveillé-Parise, Études de J' Homme.
1. âme est comme le sang, elle s’enrichit des principes sympathiques à sa nature ou dépérit dans un milieu contraire.
Théodore Perrin, De la Surdi -mutité.
Oh! que l’homme pourrait subsister sain et heureux
n (j les médecins moralistes.
pendant de longues années s’il savait épargner sur son
corps pour agrandir son âme!
VlRF.V.
L’âme a besoin d’aliment, elle est même la plus affamée de toutes les créatures, car elle ne peut cesser de vouloir, de désirer d’attirer à elle, comme le feu ne peut cesser de consumer.
L’abbé Bautain, docteur en médecine, Philosophie morale.
Les forces de notre âme s’étendent plus loin que nous ne croyons. Celui qui, par besoin ou par goût, les exerce souvent, sent bientôt que notre plus grande félicité est en nous-mêmes.
Zimmermann, De la Solitude.
Une âme forte dissipe souvent de grands maux ; elle est un puissant bouclier contre les traits du destin.
Le même, ibid.
Des âmes énergiques bravent et jettent loin d’elles tout ce qui irrite et consume les autres ; elles détournent fièrement les yeux de ce qui est, pour ne voir que ce qui doit être. Une âme vigoureuse relèvera aussi certainement le corps quelle anime qu’une âme faible perdra celui qui lui est confié.
Le même, ibid.
Dégagée des liens de la matière, l’âme s’appartient et se montre alors dans toute sa nudité, toute belle ou toute difforme.
Lauvergne, De l'Agonie et de la Mort.
L idée de 1 immortalité de l’âme est, selon moi. le seul
objet qui nous rende la vie chère et qui nous fasse supporter avec patience les peines dont elle est remplie.
Hufeland, L’Arl de prolonger la vie humaine.
Y a-t-il quelqu’un assez malheureux pour réfléchir sur r union de l’âme et du corps sans être convaincu de la puissance et de la sagesse de Celui qui les a formés !
Nieuwentyt, De l' Existence de Dieu.
Si l’union de l’âme avec le corps est merveilleuse en elle-même et dans la manière dont elle se fait, elle ne l’est pas moins dans les bornes qui lui ont été prescrites.
Le même, ibid.
Si l’homme connaissait son âme, s’il savait la manière intime dont elle est unie au corps, s’il étudiait les facultés précieuses dont elle jouit, l’homme deviendrait meilleur et s’ élèverait chaque jour davantage vers la Source unique de toutes ses perfections et de toutes ses vertus.
Émile Bégin, Le Courrier des Familles.
C’est par la culture de leur âme et par la pratique des bonnes inspirations qui naissent d’elle quand Dieu la favorise, que tant de grands saints, tant d’hommes illustres, ont servi d’exemple à l’humanité.
Le même, ibid.
A la mort, notre âme va à Dieu, mais elle n’y va pas comme la goutte d’eau qui court dans l’Océan pour s’y perdre, comme la monade qui va s’abîmer dans la monade des monades; il n’y a pas absorption de la partie par le grand Tout; elle se présente à Dieu avec ses ca-
ractères d’individualité, de personnalité, d’identité, de
responsabilité.
Vitteaüt, La Médecine dans ses rapports avec la Religion.
Sans une âme immortelle, la vie serait peu de chose et la mort ne serait rien ; elle nous fait regarder cette vie comme le berceau de l’autre.
BtuçpET, Physiologie de l'Honme.