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MODESTIE

La modestie est, en général, un mouvement prompt et délicat de notre âme, qui s’effectue en sens contraire de la vanité et de l’orgueil des hommes : c’est en quelque sorte la pudeur de l’esprit.

Aubert, Physiologie des Passions.

Être modeste, c’est savoir contenir le mouvement le plus impétueux de notre âme, qui est la vanité; c’est envisager avec douceur l’orgueil et la présomption de nos semblables; c’est leur attribuer une grande supériorité sur nous-mêmes; c’est faire des concessions continuelles à leurs prétentions ; c’est s’assujettir à toutes les déférences qu’inspire la conviction complète où nous sommes de leurs qualités et de leur mérite; c’est professer en toute occasion notre insuffisance, soit par nos actions, soit par notre maintien; c’est surtout être sage dans nos opinions, autant que réservé dans nos discours.

Le même, ibid.

La modestie est un sentiment de l’âme, qui nous porte à nous regarder comme peu de chose en nous-mêmes, ou comparativement à nos semblables et à l’idéal que la raison et la foi nous présentent à imiter.

Belouino, Des Passions.

Avec la modestie, les hommes apprendraient à ne pas se croire si vite capables et savants, ils éviteraient bien des déceptions, bien des humiliations. Beaucoup ne seraient pas obligés de descendre du rang qu’ils ont pris ; beaucoup aussi, s’ils savaient comme il convient de choisir la dernière place, parce que c’est la moins dangereuse, s’entendraient dire : « Montez plus haut. »

Le même, ibid.

La mélancolie est l’école de la modestie, et le mépris de soi-même est le premier degré de la connaissance de soi-même.

Zimmermann, De la Solitude.

Les hommes qui savent beaucoup ont d’excellentes raisons pour être modestes.

Réveillé-Parise, Eludes de l'Homme.

Unie an talent et au mérite, la modestie rehausse l’homme et le fait aimer de ses semblables, dont il ne choque point les prétentions.

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