PEUR
La peur, aussi bien que le courage, a son utilité dans les institutions de la Providence. On triomphe du malheur par le courage, on s’en préserve par la peur.
Alibert, Plujsiologie des Passions.
La peur est, surtout dans le premier âge, un sentiment conservateur : elle est en quelque sorte le bouclier de l’enfance, comme le courage doit être le bouclier de l’homme devenu adulte.
Comme la plupart des passions, la peur est éminem-
nemment contagieuse, surtout quand elle agit sur les masses.
Le môme, ibicl.
On ne peut se défendre d’une profonde affliction quand on songe qu’il y a au moins un tiers de l’espèce humaine moissonné par les effets terribles de la peur.
Aubert, Physiologie des Passions.
La peur, ce moteur de tant d’actions lâches et criminelles, cet espoir de tous les factieux, joue un rôle considérable dans la production de la folie.
Bbierue de Boismont, Du Suicide.
La peur n’est pas toute d’origine mentale : les hommes qui ont peur ne raisonnent pas ; ils ne sont pas tout à fait maîtres de leurs actions.
Barbaste, De l'Homicide et de V Anthropophagie.
La peur, qui tient au besoin de la conservation, doit faire excuser les actes quelle provoque : il serait difficile d’y reconnaître une origine criminelle.
Marc, De la Folie dans ses rapports avec les Questions méd ico-j udiciaires.
La peur abrège les jours de l’honnne; elle est un élément de l’hypochondrie ; aussi l’hypochondriaque meurtil de la peur de mourir.
Feiciitersleben, Hygiène de l'Ame.