‹ Les médecins moralistesChapitre 310 sur 352 · SENS · texte numérisé non relu

SENS

Les sens nous avertissent de ce qui se passe autour de nous ; mais leur action finit avec celle des corps qui les frappe. Le Créateur, afin de multiplier ses merveilles dans l’homme, a voulu suppléer à ce défaut des sens en nous donnant le pouvoir de nous représenter les choses qui sont passées, celles qui doivent arriver et celles qui sont absentes. Les philosophes ont appelé la première de ces facultés mémoire , et l’autre imagination.

Nieuwentyt, V Existence de Dieu démontrée par les merveilles de la Nature.

Si tout nous venait des sens, si rien ne nous arrivait que par les sens, comme on l’a si souvent répété depuis Aristote, la plupart des animaux devraient avoir une intelligence bien supérieure à celle de l’homme, parce qu’ils ont des sens bien plus exquis et bien plus parfaits. Cependant, quelle différence ! « Qu’on détruise les sens dans l’homme, dit Buffon, il perdra la connaissance des qualités du corps; l’âme n’en subsistera pas moins, les fonctions intérieures subsisteront, et la pensée se manifestera toujours au dedans de nous-mêmes. »

Buachet, Physiologie de l'Homme.

Ce sont d’excellents serviteurs que nos sens ; mais, il faut l’avouer, de fort mauvais maîtres ! Dans notre con-

stitution individuelle, ils ne se montrent que trop disposés à s’emparer du pouvoir, et à l’exercer d’une manière tyrannique.

Descdret, Les Merveilles du corps humain.

N’oublions pas que si nos sens sont des porte-idées, ils sont aussi des porte-passions dont on ne saurait trop se défier.

Le même, ibid.

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