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SUICIDE

C’est un déni de Dieu et, par conséquent, de soi.

Orfila.

On dirait que la déplorable résolution du suicide est en raison directe du vague et de l’inanité des croyances religieuses.

Devay, Hygiène des Familles.

Le suicide est contre soi une infamie, pour laquelle, à

défaut des lois, l’opinion devrait inventer une nouvelle flétrissure. S’il y a quelque honneur sur la terre, réservons-le aux âmes fortes qui luttent contre les grandes infortunes, et finissent par les soumettre. L’histoire a beau vouloir absoudre Caton, il ne fut qu’un illustre insensé : s’il eût eu au cœur ce brûlant amour de la patrie dont on prétend honorer sa fin, il eût mieux fait sans doute que de donner à l’univers le triste spectacle de son stérile désespoir : croyons plutôt qu’il s’est tué par démence, au moins on pourra le plaindre, mais l’imiter, jamais.

Scipion Pinel, Physiologie'de l'Homme aliéné.

Se suicider, c’est en effet braver la mort, mais c’est aussi avoir peur de la vie. Il est beau sans doute de mépriser la mort, mais, lorsque la vie est plus difficile à supporter, le vrai courage, c’est d’oser vivre. La religion nous en a donné un bel exemple dans Job ; l’intrépidité de Curtius, de Scévola, de Codrus, ne peut entrer en parallèle avec la patience de ce héros dont parle l’Écriture.

Thomas Browne, La Religion du Médecin.

Nous sommes convaincu que l’ennui de la vie et le suicide qui en résulte , dans un moment d’aliénation peuvent être attribués au vide de l’âme, maladie morale qui tend à devenir de plus en plus fréquente, par la négation et l’oubli complet des principes religieux, par l’inobservance du culte, et par les doctrines d’un matérialisme philosophique , où , si l’on admet une cause première, un être suprême, on s’enquiert fort peu de

ses desseins sur l’homme pendant la vie et après la mort.

Latjvergne, De l'Agonie et de la Mort.

Le meurtre volontaire de soi-même est un crime envers Dieu, qui n’a donné à personne le droit de disposer de ses jours. On n’est pas seulement sur la terre pour y vivre, souffrir et mourir : il y a bien peut-être à la vie humaine un but, une fin, un objet moral!

Brierre de Boismont, Du Suicide.

L’homme fait certainement partie du plan général de la création. En se tuant, il substitue sa volonté à celle du souverain Maître, et il assume une responsabilité terrible; car si, d’un côté, il y a l’impossibilité de supporter la douleur, de l’autre, il y a le juge suprême, l’immortalité de l’âme et l’éternité.

Le même, ibid.

Dans les formes variées qu’il présente, le suicide est loin d’être toujours une monomanie.

Andral, Coure de Pathologie interne.

Souvent la folie est venue mettre un terme au penchant destructeur de soi-même.

Barbaste, De l'Homicide et de l’ Anthropophagie.

Que faut-il répondre à cette question : «Le suicide est-il un acte de courage ou de lâcheté? » Je répondrai que l’homme qui se débarrasse volontairement du fardeau de la vie montre quelquefois une certaine énergie physique,

mais qu’il fait toujours preuve d’une lâcheté morale : il manque en effet de patience, et la patience, c’est le courage qui sait souffrir et attendre.

Descuret, La Médecine des Passions.

Le suicide est une injustice, car celui qui s’ôte la vie dispose de ce qui ne lui appartient pas. 11 est, de plus, une absurdité, parce que, en aucun cas, il n’améliore la position qu’il change.

L’abbé Bautain, docteur en médecine, Philosophie morale.

Oui, le suicide est une grande injustice, mais ce n’est, point envers nous-mêmes : c’est envers Celui qui nous a donné la, vie et les moyens de vivre, qui nous a assigné une destination, en nous fournissant les instruments nécessaires pour l’accomplir, et qui nous demandera compte un jour de ce qu’il nous a donné.

11 est contraire à l’observation de prétendre que le suicide soit toujours un acte de folie ; cette opinion peut, à bon droit, être rangée parmi les idées fausses si communes de nos jours.

Brierre de Boismont, Du Suicide.

Nous ne sommes pas exclusif : si nous reconnaissons souvent les caractères distinctifs du libre arbitre dans la mort volontaire, nous ne faisons aucune difficulté d’avouer l’influence de la folie sur ce genre de mort; c’est un motif déterminant pour l’Église d’user d’indulgence à l’égard de ces victimes involontaires.

Le même, ibid.

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