AVARE, AVARICE
L’avare est un fou à qui la morale et la religion jettent leur anathème.
Belouino, Des Passions.
L’avarice sordide est une négation du sens commun, puisqu’elle enseigne à souffrir au milieu de l’abondance; elle fait plus encore, elle dédore tôt ou tard les plus nobles productions de la science et du génie, lorsqu’elle vient s’y greffer comme ces lichens noirâtres qui ternissent l’éclat des statues d’un grand maître.
Lauvebgne, De l'Agonie el de la Mort.
Un avare ne peut prétendre à une âme ni grande ni généreuse ; on pourrait mettre en doute s’il en a une dite humaine et raisonnable, car on l’a vu porter l’oubli de luimême jusque par delà la tombe. Il est mal pieux, ou, pour mieux dire, il rabaisse les promesses révélées de notre religion au niveau de son égoïsme; il croit qu’il suffit d’admettre un Dieu, et de ne pas l'aire ce que son avarice
kii défend, pour lui être agréable et se dire bon chrétien.
L’avarice, ce fanatisme de la propriété, est peut-être la seule passion qui ne soit pas désabusée d’elle-même aux approches de la mort.
L’abbé Bautain, docteur en médecine, Philosophie morale.
Pour corriger l’avare, il conviendrait peut-être de lui présenter tous les jours le tableau des probabilités de la vie humaine; je ne connais rien qui aille plus directement à la guérison de cette folie incompréhensible.
Alibert, Physiologie des Passions.
Le coffre-fort de l’avare est à la fois son paradis et son
enfer.
Beauchéne, Maximes , Réflexions et Pensées.
L’avarice est plus funeste à la société que la prodigalité ; il serait donc plus sage d’ interdire les avares que les prodigues.
Le même, ibid.
Les biens de l’avare sont en séquestre, il n’en est que le gardien.
Le même, ibid.
Pourquoi la législation, qui donne des curateurs à certains prodigues, n en donne-t-elle pas aussi à certains avaies;’ L est que les héritiers naturels ou présumés de 1 avaie n ont aucun intérêt à faire interdire l’excellent conservateur de leurs biens.
Descuiiet, Lu Médecine des Passions.