‹ Les médecins moralistesChapitre 97 sur 352 · CULPABILITÉ, IMPUTABILITÉ · texte numérisé non relu

CULPABILITÉ, IMPUTABILITÉ

Il est impossible de soulever une question d’imputabilité à l’égard des idiots , de ces êtres imparfaits, placés dans l’intervalle qui sépare les animaux des hommes.

Belodino, Des Passions.

Les imbéciles échappent à toute poursuite; quant aux demi-imbéciles , ils doivent aussi être à l’abri de toute imputation, s’il est prouvé que la débilité de leurs facultés est telle qu’elle exclut la volonté. Peu importe, pour que l’individu soit justifié, que l’absence de la pensée soit absolue ou incomplète ; il suffit qu’au moment de l’action, il n’ait pas joui du sens moral qui fait la bonté ou la malice des actes.

Tout législateur doit considérer les passions comme une atténuation de la culpabilité dans une multitude de cas, et quelquefois comme une justification complète. Il ne faut cependant pas faire aux passions de trop larges concessions, il faut savoir distinguer les cas où la volonté a été entraînée de ceux où elle a mollement résisté, de ceux où elle a lâchement obéi, de ceux où elle a sciemment et de plein consentement lâché la bride à la passion.

Le môme, ibid.

S’il est des passions qui diminuent l’imputabilité des actes, il en est qui viennent aggraver considérablement

l’accusation. Les crimes commis par les passions réfléchies, telles que l’avarice, l’orgueil, l’ambition, la vanité, la vengeance, sont de nature à appeler toute la sévérité des lois.

Le même, ibid.

Non, je ne saurais regarder comme excusables tous les actes commis pendant l'effervescence des passions. Vouloir constamment assimiler ces dernières à l’aliénation mentale, ce serait placer l’ immoralité sur la même ligne que le malheur, ce serait offrir au crime l’encouragement de l’impunité. J’ai seulement voulu montrer que les passions suraiguës, c’est-à-dire qui éclatent tout à coup et avec violence, sont on ne peut plus voisines de la folie; et que, chez celles dont la marche est chronique, la culpabilité existe principalement pendant les deux premières périodes. Dans la troisième, en effet, la liberté morale, le libre arbitre n’est plus dans toute sa plénitude, parce qu’ alors, par un funeste effet de l’habitudç, la conscience est ordinairement muette, et le jugement plus ou moins faussé.

Descoret, La Médecine des Passions.

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