‹ Les médicaments chez les enfantsChapitre 136 sur 385 · DÉSINFECTION · texte numérisé non relu

DÉSINFECTION

l’entrée de la chambre, quittées à la sortie : ces blouses devront d’ailleurs être tous les jours, si c’est possible, désinfectées par l’étuve à vapeur ; lavage méthodique des mains au sublimé à 1 p. l 000, avec limage et brossage des ongles, lavage de la ligure, de la barbe, des cheveux, quand on aura ausculté ou approché de trop près le malade. Les repas des personnes qui assistent le malade ne devront pas être pris dans sa chambre; aucun aliment ne devra séjourner dans cette chambre. On fera de fréquents lavages et gargarismes de la bouche et de la gorge avec une solution boriquée à 3 p. 100, enfin on isolera autant que possible le personnel qui donne des soins aux malades.

Quant à l’enfant lui-même, on le préservera des infections secondaires par la propreté du corps et des cavités naturelles accessibles à l’antisepsie médicale (nez, oreilles, yeux, bouche, gorge, organes génitaux).

Maladies qui exigeât la désinfection. — Parmi les maladies qui exigent la désinfection, il faut ranger la diphtérie, la variole, le choléra, le typhus, la fièvre jaune, la scarlatine, ldi suet te miliaire. Ces maladies, à microbes très virulents, très persistants et très durables pour la plupart, exigent une désinfection complète et absolue. Dans la fièvre typhoïde, il faut surtout désinfecter les selles des malades; cependant, s’il y a une épidémie, et si la propagation semble se faire par les poussières des salles et dortoirs, la désinfection complète sera obligatoire. La tuberculose pulmonaire, surtout après décès, exige une désinfection complète. La rougeole, la coqueluche, Mérysipèle, la grippe, la pneumonie, ne doivent pas être placées sur le môme rang que les maladies précédentes au point de vue de la désinfection. Toutefois, dans les hôpitaux, quand une salle aura contenu beaucoup de coquelucheux, de morbilleux, de broncho-pneumoniques et même de diarrhéiques, il sera prudent de la désinfecter complètement, car elle pourra conserver des germes capables de réviviscence et de transmissibilité.

Voici le règlement en usage dans les lycées et collèges de France relativement à la désinfection et à l’isolement des maladies contagieuses.

1“ Les élèves atteints de la varicelle, de la variole, de la scarlatine, de la rougeole, des oreillons, de la diphtérie ou de la coqueluche seront strictement isolés de leurs camarades.

lÆS MEDICAMENTS CHEZ LES ENFANTS.

2“ La durée de l’isolement sera coinplée à partir du début de la maladie (premier jour de l’invasion); elle sera de quarante jours pour la variole, la scarlatine et la diphtérie; de vingt-cinq jours pour la varicelle, la rougeole et les oreillons. En ce qui concerne la coqueluche, dont la durée est extrêmement variable, on ne devra autoriser la rentrée que trente jours après la disparition absolue des quintes caractéristiques.

3“ Pour les maladies éruptives (variole, varicelle, scarlatine, rougeole), l’isolement cessera seulement lorsque le convalescent aura pris deux ou trois bains savonneux et aura été soumis à autant de frictions générales huileuses, portant môme sur le cuir chevelu.

4“ Les vêtements que l’élève avait au moment où il est tombé malade devront être passés dans une étuve à vapeur sous pression, ou soumis à des fumigations sulfureuses, puis bien

nettoyés.

5° La chambre qui avait été occupée par le malade devra être bien aérée. Les parois et les meubles seront rigoureusement désinfectés ; les objets de literie seront passés à l’étuve à vapeur sous pression ; enfin, les matelas préalablement défaits seront soumis au même traitement.

G“ Dans aucun cas, l’élève qui aura été atteint en dehors d’un établissement d’instruction publique de l’une des maladies contagieuses énumérées ci-dessus ne pourra être réintégré que muni d’un certificat du médecin constatant la nature de la maladie et les délais écoulés, et attestant que cet élève a satisfait aux prescriptions indiquées. Enfin, la réception de l’élève restera toujours subordonnée à un examen du médecin de l’établissement.

Une loi du 30 novembre 1892 a rendu obligatoire, à peine d’une amende de oO à 200 francs, pour les docteurs, officiers de santé et sages-femmes, la déclaration des maladies infectieuses suivantes : fièvre typhoïde et typhus, variole et varioloïde, scarlatine, diphtérie, suette miliaire, choléra et maladies cholériformes, peste, fièvre jaune, dysenterie, fièvre puerpérale (sauf secret réclamé), ophtalmie des nouveau-nés.

Désinfectants a employeu. — Les substances suivantes, sublimé corrosif, sulfates de cuivre, de zinc, de fer, clilorure de zinc, sont d’excellents désinfectants chimiques. Le sublimé s’emploie en

DESINFECTION.

solution à 1 p. 1 000 ou 2 000, les autres à o p. 100 ; ils peuvent, à cette dose, servir à désinfecter les selles, les crachats, etc. De même l’acide phénique à o p. 100, ou le lait de chaux. Les lessivées de cendres de bois sont excellentes pour le linge et les objets tissés qu’on peut lessiver sans détérioration. L’acide sulfureux est un agent infidèle et peu sûr, qui ne détruit pas tous les microbes et qui est d’une application difficile. La chaleur est un désinfectant parfait quand elle est applicable : on brûlera tous les objets de peu de valeur, même les baraques qui auront servi à loger des contagieux. On trempera dans l’eau bouillante les objets métalliques, les couverts et ustensiles qui auront servi aux repas des malades. Les linges souillés peuvent être désinfectés de la même façon ; on peut ajouter à l’eau chaude une proportion suffisante d’acide phénique (I p. 20).

La vapeur chaude sous pression (étuve de Geneste et Herscher) est un des désinfectants les plus employés aujourd’hui, car il est très efficace et peut servir pour certains meubles et surtout pour la literie, les tentures, matelas, etc. Les vapeurs de formol sont très employées depuis quelques années; l’aldéhyde formique ne détériore pas les objets, mais c’est un désinfectant de surface.

Tkchnique de la désinfectiox. — La désinfection de la chambre des malades ne présentera pas de grandes difficultés si elle a été préalablement dégarnie des meubles inutiles, rideaux, tapis, etc. ; cependant elle n’ira jamais sans une certaine détérioration. A Berlin, les parois de la chambre sont frottées demie de pain et badigeonnées ensuite d’eau phéniquée à 2 p. 100. En France, elles sont lavées avec une solution de sublimé à 1 p. 1 000, ou attaquées par la pulvérisation de ce même liquide. Les planchers sont lavés de même. Les objets métalliques, qui seraient attaqués par le sublimé, seront lavés avec l’acide phénique à o p. 100. Tous les objets faciles à enlever et pouvant entrer dans l’étuve à vapeur seront envoyés à l’étuve. Les meubles de valeur ne sont pas faciles à désinfecter : on se servira de chiffons trempés dans la solution antiseptique, de pinceaux, etc., ou même d’un simple essuyage à sec.

Les fosses d’aisances seront désinfectées par l’acide phénique à o p. 100 ou par le lait de chaux.

Ouand on voudra désinfecter une ])ièce par l’acide sulfureux, on fermera les huis des portes et fenêtres avec du papier gommé.

on graissera les objets métalliques (cuivre ou fer), et on allumera, sur un fourneau ou une plaque de tôle élevée, le soufre préalablement arrosé d’alcool (20 grammes par mètre cube). Voici les conseils qu’on peut formuler :

a. Enlever toute la literie, les rideaux, tentures et tapis de la chambre, et les faire passer à l’étuve sous pression à 120“ ;

b. Essuyer soigneusement tous les meubles, puis en frotter les bois avec un linge bien imbibé d’une solution de sublimé à 1 p. 1 000.

Le dessus des armoires, les corniches, le dos des cadres et toutes les saillies des moulures seront l’objet d’une attention spéciale ;

c. Lessiver à l’eau bouillante le parquet et toutes les boiseries (portes, fenêtres, planchers, etc.), et les laver ensuite largement avec la même solution de sublimé ;

d. Pulvériser les murs, très soigneusement, d’une solution phéniquée forte ou sublimée, à l’aide d’un grand pulvérisateur à pompe de Geneste et llerscher, ou bien répandre des vapeurs de j formaldéhyde.

La Ville de Paris met gratuitement à la disposition du public ' des étuves de désinfection. Ces étuves, au nombre de quatre, , sont situées ;

1“ Rue du Château-des-Rentiers, 73 ;

2“ Rue des Récollets, 6 hu\

3“ Rue de Chaligny, 21 ;

4“ Rue Stendhal, 1. |

Il suffit, pour obtenir l’envoi d’une équipe de désinfecteurs, de s’adresser à ces établissements, aux mairies, aux cimetières du Nord, de l’Est et du Sud, au refuge-ouvroir (rue Fessart, 37), à la station des voitures d’ambulance urbaine (rue de Staël, 6), à la caserne Lobau (bureau central de la direction des affaires muiiici- pales).

Le tarif de désinfection par les étuves municipales varie suivant le prix du loyer, de 0 (loyer inférieur à 800 francs) à 200 francs j (loyer de 20 000 francs et au-dessus). '

Enfin des voitures spéciales sont encore mises (jmluitement à ' la disposition du public pour le transport des maladies contagieuses dans les hôpitaux. Ces voitures sont désinfectées après le transport.

DIGITALE

DIGITALE

La digitale est le quinquina du cœur, le remède par excellence de lïnsuffisance cardiaque ; c’est dire que le champ de ses applications est très étendu. On emploie, en médecine, les feuilles de seconde année de la digitale pourprée, après les avoir mondées et débarrassées de leurs nervures. On les réduit en poudre au moment de s’en servir et on fait sécher à l’étuve. Si la pulvérisation est déjà faite, on conservera la poudre sèche, à l’ahri de la lumière, dans des flacons verts stérilisés, bouchés et paraffinés ; la poudre ainsi conservée aura la couleur verte et l’odeur de la plante.

Si des paquets de poudre sont conservés plusieurs jours avant l’emploi, on les doublera hermétiquement de papier d’étain.

Les préparations de digitale sont très nombreuses ; la digitaline cristallisée^ très active, ne représente pas tous les principes de la digitale; elle n’est pas souvent utilisée dans l’enfance, pas plus en solution qu’en granules.

La poudre de feuilles peut se donner en suspension dans un sirop, un looch, un julep gommeux (agiter avant de s’en servir) ; chez les enfants grandets, elle pourrait être prescrite en pilules.

On se sert généralement de \infusion ou de la macération. Pour faire l’infusion, on prend la quantité voulue de poudre de digitale, on verse sur elle 100 ou 120 grammes d’eau bouillante, et, au bout d’une demi-heure ou d’une heure, on passe et on édulcore pour faire une potion. Si l’on prolonge l’infusion plusieurs heures, on pourra avoir une préparation possédant à la fois les qualités de l’infusion et celles de la macération.

La macération consiste à traiter par l’eau froide, pendant douze ou vingt-quatre heures, la poudre de digitale; cette préparation passe pour être plus diurétique que l’infusion. Dansrunet l’autre cas, on ne devra se servir que d’eau distillée.

h'exlrait de digitale (hydro-alcoolique) n’est guère employé que comme adjuvant ou excipient; son dosage est incertain. Il en serait autrement de ['extrait fluide américain.^ heaucoup plus actif. La teinture de digitale s’obtient en traitant une partie de feuilles pulvérisées par cinq parties d’alcool à 60^ Un fait aussi usage de teinture éthérée également au cinquième.

Le sirop de digitale contient 25 centigrammes de teinture pour 10 grammes.

Indications et contre-indications. — Les enfants sont très sensibles à l’action de la digitale, comme à celle de tous les poisons énergiques et spécialement des poisons qui impressionnent le système nerveux. Mais ils supportent bien, toutes proportions gardées, les diverses préparations de digitale.

Les indications sont très nombreuses, et nous allons les énumérer :

1“ Maladies du cœur. — Toutes les maladies du cœur, congénitales ou acquises, indiquent l’emploi de la digitale, quand elles ont entraîné l’insuffisance des contractions cardiaques, quand le muscle affolé précipite ses mouvements, quand les battements deviennent sourds, inégaux, irréguliers, quand le pouls devient rapide, petit, ou intermittent, quand les veines s’engorgent, quand la cyanose apparaît, quand les infiltrations sous-cutanées ou viscérales entrent en scène, etc. En un mot Vasystolie fournit la grande, la principale indication de la digitale. Pourquoi? La digitale est un tonique du cœur, c’est le quinquina du cœur, comme on Ta dit.

Elle agit, sans doute par l’intermédiaire du système nerveux, sur la libre cardiaque qu’elle oblige à se contracter avec plus de force et de régularité. Elle ralentit les battements du cœur, elle les régularise, elle augmente leur force. Et alors le cœur chasse avec plus d'énergie dans les artères le sang qu’il reçoit des veines, la tension augmente dans le système artériel, la pression diminue par cela même dans le système veineux, la vis a tergo s’accroît, les reins laissent passer Turine en plus grande abondance (action diurétique secondaire), les infiltrations séreuses sont ainsi éliminées, et l’équilibre se rétablit.

Mais, pour que l’action de la digitale se fasse ainsi sentir, il faut que le myocarde ne soit pas trop dégénéré, qu’il ait conservé ses propriétés contractiles, c’est-à-dire il faut intervenir à temps.

- A la période ultime des maladies du cœur, l’action de la digitale est beaucoup moins prompte et beaucoup moins sûre.

La digitale est indiquée surtout dans les affections valvulaires du cœur, reliquat d’endocardites plus ou moins anciennes qui ont porté soit sur Torilice mitral, soit sur Torifice aortique. C’est surtout dans le rétrécissement et l’insuffisance de la valvule mitrale

DIGITALE

que la digitale peut rendi’e des services. 3Iais si elle est contreindiquée dans le rétrécissement et rinsul'fisance aortiques accompagnés d’hypertrophie du ventricule gauche et de battements énergiques, elle peut devenir nécessaire, môme dans ces maladies, quand le pouls se précipite, quand il devient irrégulier.

La digitale est encore indiquée dans les maladies congénitales du cœur, avec ou sans cyanose, pour relever la contraction cardiaque presque toujours insuffisante, et pour favoriser la diurèse. Elle peut rendre des services également dans les endocardites et péricardites aiguës, rhumatismales ou autres, qui troublent parfois si profondément la force et le rythme des contractions cardiaques. Elle est moins utile dans la péricardite chronique et la symphyse cardiaque, où elle peut être absolument contreindiquée. Favorable dans l’hydropéricarde et la péricardite sérofibrineuse, elle ne peut rendre aucun service dans la péricardite purulente et hémorragique.

La digitale ne m’a pas semblé utile aux enfants et aux jeunes gens atteints de palpitations nerveuses, ou d’hypertrophie de croissance; cependant certains médecins la recommandent et dans ces cas elle agirait comme sédatif du système nerveux.

2“ Maladies de l'appareil respiratoire . — Le digitale peut être indiquée dans certaines maladies de l’appareil respiratoire, dans la pleurésie et l’hydrothorax, dont elle favorisera la résorption par son action diurétique ; dans la pneumonie, quand le cœur sera trop affaibli et la fièvre trop vive ; un médecin roumain a meme prétendu juguler la pneumonie par des doses massives de digitale; sans aller aussi loin que cet imprudent, on peut donner une dose modérée de digitale pour empêcher le cœur de sombrer, pour favoriser l’élimination des toxines par les urines, et diminuer ainsi la fièvre. En somme, l’emploi de la digitale, dans la pneumonie, est restreint à de rares indications.

M. Jules Simon conseille la digitale dans certains cas de phtisie avec éréthisme et palpitations ; cette pratique me paraît louable. J’ai pour ma part fait un usage assez fréquent et assez encourageant de la digitale dans les bronchites fébriles des enfants, dans la grippe, dans la broncho-pneumonie, etc. Dans toutes ces maladies, si le poumon ou l’appareil bronchique sont primitivement lésés, le jeu du cœur est secondairement entravé, et c’est pour cela qu’il faut songer à la digitale.

Dans les hénioplysies abondantes ou inquiétantes par leur répétition, la digitale est parfaitement indiquée, non pas qu’elle agisse sur la cause première de l’hémorragie, sur le tubercule, mais parce qu’elle combat la congestion pulmonaire, en ralentissant les battements du cœur.

3® Maladies des reins. — Dans les cas de néphrites aiguës ou chroniques, d’albuminurie passagère ou durable, la digitale estelle indiquée? S’il s’agit d’une poussée aiguë sur les reins avec fièvre, albuminurie abondante, urines rares et rouges, je crois que la digitale n’est pas indiquée, et que le régime lacté seul est à essayer.

Mais à la phase chronique des maladies rénales, dans les néphrites, dans les congestions passives, avec ou sans anasarque, la digitale, employée avec mesure, est sans danger et peut rendre des services. Elle est beaucoup moins irritante pour le rein que la scille et les autres diurétiques. Son association avec le régime lacté la rend encore plus inoffensive. D’ailleurs, dans les maladies des reins, ce n’est pas pour agir directement sur le filtre urinaire qu’on prescrit la digitale, c’est pour relever la contraction cardiaque, quand elle est affaiblie. S’il y a hypertrophie du ventricule gauche, bruit de galop, la digitale sera contre-indiquée.

4° Maladies infectieuses aiguës. — La digitale a été très souvent prescrite dans les maladies infectieuses, dans les fièvres, dans les septicémies, qui, tout en menaçant l’organisme entier d’une intoxication mortelle, agissent avec prédilection sur le cœur, qui souvent se ramollit, se dilate, et manque à sa tâche au moment le plus critique. C’est alors qu’on peut faire appel à la digitale, concurremment avec les toniques, l’alcool, le quinquina, le café, etc. Quelle que soit la maladie dont l’enfant sera atteint, diphtérie, fièvre typhoïde, scarlatine, rougeole, etc., la digitale devra intervenir, s’il n’est pas trop tard, et si le myocarde n’est pas profondément altéré.

On a dit que la digitale agissait sur la fièvre, qu’elle était un antithermique, et il semble bien en effet qu’il en soit ainsi dans quelques cas. Comment expliquer cette action? Pour moi, je ne crois pas que la digitale agisse directement sur les centres pyrétogènes, mais elle peut concourir à l’abaissement de la température, en fortifiant le cœur, en augmentant la diurèse, et en favorisantainsirélimination des toxines et des matériauxusés capables

DIGITALE

d entretenir la fièvre. Ace compte, la digitale pourrait être encore considérée comme un antiseptique. Son action eupnéique peut s’expliquer de la même façon.

Maladies du sijstème nerveux. — On a dit que la digitale était un sédatif du système nerveux et on l’a prescrite dans les névroses, l’épilepsie (Duclos), les convulsions. Isambert, chez un enfant maniaque de quatorze ans, a vu le délire céder sous l’influence de XXX gouttes de teinture de digitale.

6° Affections diverses. — Le D" Pilatte (de Nice) a traité avec succès les engelures par la digitale intuset extra.

Mode d’ad.uixistratiox et doses. — Avant deux ans, la digitale est rarement indiquée et sera prescrite à très faible dose, 1 /lO ou 1/20 de la dose des adultes.

Au-dessus de deux ans, on comptera 1 centigramme de poudre par année d’âge (2 centigrammes à deux ans, o à cinq ans, 10 à dix ans, etc.). On pourra s’écarter de cette règle, qui n’a rien d’inflexible, suivant la force, le poids des enfants, l’intensité et la nature de la maladie. On devra parfois augmenter, doubler les doses susdites, ou bien les diminuer. Voici quelques formules :

Poudre de feuilles de digitale 0 gr. 05

Looch blanc GO grammes.

Agiter avant de s’en servir, une cuillerée à café de deux heures en deux heures enfant de cinq ans).

Poudre de digitale 0 gr. 10

Eau distillée 40 grammes.

Sirop de café

Une cuillerée à dessert de deux heures eu deux heures (enfant de dix ans).

A partir de dix ans, et parfois avant cet âge, chez des enfants dociles, on pourra prescrire les pilules suivantes :

Poudre de feuilles de digitale 0 gr. 05

Extrait de digitale 0 gr. 05

Excipient et glycérine Q. s.

Pour 1 pilule, l à -i par jour.

Poudre de digitale 0 gr. 05

— de scille 0 gr. 05

— de scammonée 0 gr. 05

Excipient et glycérine Q. s.

Pour 1 pilule, 2 à :J par jour (enfant de ([uinze ans et au-dessus).

Quand on donnera la poudre do digitale avec la confiture ou le

miel, 01] aura soin d’enrober le médicament avec soin dans une cuiller.

Quand on prescrit l’infusion ou la macération de digitale, on dosera le médicament suivant la règle approximative suivante : 2 centigrammes de poudre par année d’àge. Par exemple, on donnera à un enfant de trois ans, 5 à 6 centigrammes de poudre en infusion ou en macération ; 10 centigrammes à un enfant de cinq ans; 20 centigrammes à un enfant de dix ans, etc. Voici quelques formules :

Poudre de feuilles de digitale 0 gr. 10

Faites infuser trente minutes dans eau bouillante.. CO grammes.

Ajoutez sirop de pointes d’asperges 30 —

Une cuillerée à entremets de deux heures en deux heures (enfant de cinq ans).

Poudre de digitale 0 gr. 20

Faites macérer douze heures dans eau froide .ïO grammes.

Ajoutez sirop des cinq racines 30 —

Prendre par cuillerées à dessert de deux heures en deux heures (pour un enfant de dix ans).

Poudre de digitale 0 gr. 30

Faites infuser une heure dans eau bouillante 100 grammes.

Passez et ajoutez sirop de café 30 —

Une cuillerée à soupe de deux heures en deux heures pour un enfant de dix à quinze ans.

On peut faire macérer ensemble la digitale, le tilleul, l’oranger:

Digitale 0 gr. 10

Fleurs de tilleul ) - „

; lia 2 grammes.

heuillcs d oranger \ “

Faites macérer douze heures dans eau 100 —

Passez et ajoutez sirop de groseilles 30 —

(Enfant de dix ans.)

Pour l’usage externe, on a employé l’infusion de lo à 30 grammes de poudre dans un litre d’eaubouillante, pour imbiber des flanelles appliquées sur le ventre et recouvertes de talTetas gommé (liydropisie, ascite).

L’extrait de digitale, peu usité, je l’ai déjà dit, se donnera en pilules (seconde enfance), ou enpotion à la dose de 1 centigramme par année d’àge : 5 centigrammes pour un enfant de cinq ans, 10 centigrammes pour un enfant de dix ans, etc.

Extrait de digitale 0 gr. 10

Coguac 10 grammes.

Sirop de digitale 10 —

Sirop de café 20 —

Eau de tilleul 80 —

Par cuillerées à soupe de deux heures en deux heures (enfant de dix ans).

DIGITALE

La teinture de digitale se donne par gouttes dans une potion aromatisée au gré de l’enfant ; on donne en moyenne I ou II gouttes par année d’àge : Il à lY gouttes pour un enfant de deux ans, V à X pour un enfant de cinq ans, X à XX pour un enfant de dix ans, etc.

Teinture de digitale X gouttes.

Julep gommeux GO grammes.

Une cuillerée à café d'heure en heure (enfant dé cinq à dix ans).

Teinture de digitale X gouttes.

Oxymel scillitique 10 grammes.

Sirop des cinq racines 20 —

Eau distillée 100 —

Par cuillerées à soupe de deux heures eu deux heures (enfant de cinq à dix ans).

lluchard a donné la formule d’un vin toni-cardiaque à la teinture de digitale que je modifierai ainsi ;

Teinture de digitale 5 grammes.

Teinture de scille 10 —

Sirop de pointes d’asperges F>0 —

Vin de Lunel 400 —

De deux à quatre cuillerées à café par jour (seconde enfance, cinq à quinze ans).

Jules Simon associe volontiers la teinture de scille à la teinture de digitale.

Teinture de scille )

Teinture de digitale )

V à VI gouttes deux fois par jour de trois à cinq ans, X à

10 grammes.

XII au-dessus.

Dans les cas d’ectasie cardiaque de croissance, avec tachycardie et anémie, R. Blache conseille :

Eau de menthe 2G0 grammes.

Tartrate ferrico-potassique 4 —

Teinture de digitale 2 —

Sirop d’éther 40 —

Une cuillerée à soupe avant chaque repas.

Le D'' Pilatte (Nice) a prescrit la teinture de digitale, comme topique, dans les engelures :

Teinture de digitale Thymol cristallisé. .

Alcool à 10“

Glycérine

G grammes.

De son coté, Jules Simon conseille, dans d’autres circonstances, le liniment suivant :

Teinture de digitale 10 grammes.

Teinture de scille 10 —

Huile de camomille 30 —

On pourra faire avec ce linimenl des onctions sur la région du cœur 1 ou 2 fois par jour, dans les cas d’endocardite ou d’asystolie.

Christison conseillait les frictions avec parties égales de teinture de digitale et de teinture de savon.

Le sirop de digitale n’est pas une préparation indifférente qu’on pourra prescrire à doses exagérées. Il faut, chez les enfants, compter par cuillerées à café ; une seule de deux à trois ans, 2 entre trois et six ans. On peut associer le sirop de digitale à différents médicaments.

Sirop de digitale 10 grammes.

Sirop d’écorces d’oranges 20 —

Eau de fenouil 50 —

Extrait de muguet 0 gr. 50

Par cuillerées à dessert de deux heures en deux heures (enfant de cinq à dix ans).

Eau distillée 50 grammes.

Eau de Heurs d’oranger 10 —

Sirop de stigmate de maïs . 20 —

Sirop de digitale 15 —

Par cuillerées à soupe de deux heures en deux heures (enfant de dix à quinze ans).

Sirop de digitale )

— d’éther ( 30 grammes.

— d'écorces d’oranges )

Bromure de strontium 1 gramme.

Une cuillerée à dessert trois fois par jour (enfant de dix à quinze ans).

Quelle que soit la préparation employée, on n’oubliera pas que la digitale s’accumule et que, si l’effet n’est pas immédiat, il est prolongé. On donnera la digitale pendant trois ou quatre jours au moins, sept ou huit jours au plus. Après celte période, on suspendra pendant un laps de temps égal ou supérieur.

En cas d’intolérance, d’intoxication (vomissements, pâleur, pouls ralenti ou irrégulier, syncope), on donnerait des injections de caféine et d’éllier, de l’alcool, des inhalations d’oxygène, on ferait des frictions stimulantes, etc.

DIGITALINE

La digitaline est le principe actif de la digitale étudiée plus haut. Elle se dissout dans le chloroforme. On distinguait autrefois la digitaline amorphe et la digitaline crislallisée. 11 faut exiger cette dernière. Elle se présente en cristaux blancs et légers, amers, peu solubles dans l’eau et l’éther, solubles dans l’alcool et le

DIURETIQUES.

chloroforme. Elle est très toxique et doit être employée avec prudence ; tonique cardiaque énergique, elle s’élimine lentement et s’accumule dans l’organisme ; comme la digitale, elle ne doit être prescrite que pendant quelques jours. On emploie les granules à 1/4 de milligramme (1, puis 2 et 3 par jour). A. Petit la recommande en solution :

GQ'cériae à 28® 40 grammes.

Eau distillée .' 15 —

Alcool à 90° 45 —

Digitaline chloroformique 0 gr. 01

Un gramme (L gouttes) contient 1/10 de milligramme. On prépare aussi une solution dix fois plus forte (1 milligramme par centimètre cube).

Digitaline cristallisée 0 gr. 10

Glycérine 33 c. c. 3

Eau 14 c. c. G

Alcool à 95° Q. s. pour 100 c. c.

(Potain).

Si l’on prescrit la première, on en donnera 1 centimètre cube (1/10 de milligramme) par jour et par année d’âge. Si c’est la seconde, on commencera par 1/10 de centimètre cube Exemple. :

Solution de digitaline à 1 p. 1000 1 gramme ou L gouttes.

Sirop des cinq racines 20 grammes.

Eau 40 —

Une cuillerée à café d’heure en heure (enfant de cinq ans).

DIIODOFORME

Le diiodoforme, ou éthylène tétraiodé, a été préparé par Maquenne et Taine en traitant l’acétylène diiodé par l’iode. Il cristallise en aiguilles prismatiques jaunes ; insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool et l’éther, il est très soluble dans le chloroforme. Il a l’avantage sur l’iodofornie d’être inodore ou à peine odorant dans l’obscurité; il contient 95 p. 100 d’iode. A été proposé comme succédané de l’iodoforme pour le traitement des plaies.

DIURÉTIQUES

Les diurétiques sont les médicaments qui activent la sécrétion de l’urine. Ils sont de divers ordres. Les uns augmentent la

masse du sang, par suite sa tension et obligent ainsi le rein à laisser passer une plus grande quantité d’urine. Les boissons aqueuses sont dans ce cas, de môme la transfusion intra-veineuse, les injections sous-cutanées de sérum artificiel. Tous ces moyens créent une pléthore passagère qui réalise, par la diurèse, un véritable lavage du sang. D’autres agents augmentent la contractilité des vaisseaux et du cœur (digitale, caféine, scille, etc.). D’autres excitent les cellules du rein (balsamiques, cantharides, nitrates, alcool, etc.). On pourrait donc classer les diurétiques sous trois chefs principaux ; 1® ceux qui augmentent la masse de sang; 2“ ceux qui modifient mécaniquement la circulation; 3“ ceux qui excitent directement la sécrétion rénale.

1“ Dans le premier groupe figurent l’eau, les tisanes, bouillon, petit-lait, limonades, eaux minérales, raisin, lactose, etc. Ces diurétiques conviennent aux états fébriles, ils favorisent la dissolution et l’élimination des déchets organiques, des toxines, etc. Ils conviennent aussi chez les arthritiques et uricémiques, les graveleux, les urinaires.

2° Dans le deuxième groupe sont les vaso-moteurs : digitale, scille, muguet, ergot de seigle, strophantus, café, bains froids, compresses froides, lavements froids, etc. Parmi les préparations de digitale les plus diurétiques, il faut citer la macération et l’infusion, qui réussissent si bien dans les affections cardiaques.

3° Dans le troisième groupe qui comprend les stimulants directs des reins, il faut citer tous les balsamiques (copahu, cubèbe, baume du Pérou, térébenthine, benjoin, santal, genièvre), les sels neutres (nitrate et acétate de potasse, chlorate de soude, salicylates, sels alcalins, alcool, cantharides, tannin, etc.).

Les diurétiques sont indiqués dans les cas d’anurie, d’oligurie, d’œdème sous-cutané, anasarque, hydropisie des grandes cavités séreuses, maladies infectieuses générales, infection des voies urinaires, gravelle, etc.

k l’anurie et à l’oligurie des néphrites conviennent les diurétiques du premier groupe, et ceux du second (y compris les pratiques hydrothérapiques); de même dans les fièvres. Aux hydropisies, il faut opposer les diurétiques énergiques, la scille, les sels neutres; quand l’iiydropisie est due à l’insuffisance cardiaque, c’est à la digitale aidée du régime lacté qu’il faut penser tout d’abord. Contre la gravelle, les boissons aqueuses abondantes, les

DIURÉTIUL'ES.

eaux de Contrexéville, Vittel, Capvern, Évian sont les meilleurs des diurétiques. Les diurétiques sont employés comme révulsifs et dérivatifs dans les bronchites et phlegmasies de l’appareil respiratoire, dans le rhumatisme articulaire aigu, etc.

Voici quelques formules ;

Tiscmes ;

I® Poudre de scille 0 gr. 50

Baies de genièvre ) ^

Racine de polygala 5 ““ 10 grammes.

Eau 500 —

Faire bouillir jusqu’à réduction à 250 —

Ajoutez :

Éther nitrique 2 —

Sirop 50 —

Une cuillerée à dessert de deux heures en deux heures.

2“ Feuilles et fleurs d’ulmaire 15 grammes.

Eau bouillante 500 —

Infusion prolongée.

3® Cinq racines 10 grammes.

Eau bouillante .500 —

Infusion pendant quatre heures et ajoutez :

Sirop des cinq racines 50 grammes.

Les cinq racines apéritives sont celles de fenouil, asperge, ache, petit houx, persil.

4® Pariétaire

5 grammes.

Espèces apéritives

Eau bouillante

Infuser une demi-heure et ajouter :

Nitrate de potasse

1 gramme.

Sirop des cinq l’acines

50 gi’ammes.

5" Décoction de chiendent

500 grammes.

Acétate de potasse

1 gramme.

Sirop des cinq racines

50 grammes.

0" Bicarbonate de potasse

2 grammes.

Nitrate de potasse

1 gramme.

Infusion de baies de genièvre

200 grammes.

7° Feuilles de Buchu

20 grammes.

Eau bouillante

Poudres.

lo Nitrate de potasse

Guimauve

Réglisse

Gomme arabique

(îO —

Lactose

Une cuillerée à café dans un verre d'eau.

lü

2° Nitrate de potasse j

Sulfate de potasse ( âh 0 gr. 'i5

Crème de tartre : ) ^

Poudre de digitale 0 gr. là

Divisez en :$ paquets, à prendre dans la journée.

3« Poudre de scille

— de digitale

Sucre de lait

Faire 5 paquets, 1 toutes les deux heures.

0 gr. 25 5 grammes.

Potions.

|o Oxymel scillitique

Alcool nitrique

Eau de menthe

Eau distillée d’hysope

A prendre en trois ou quatre fois dans la journée,

2" Acétate de potasse

Nitrate de potasse

Sirop des cinq racines

Eau distillée

Une cuillerée toutes les deux heures.

10 grammes.

1 gramme.

15 grammes.

2 grammes.

100 grammes.

Pilules.

1“ Poudre de scille

— digitale

— scammonée

Excipient avec glycérine

Pour 20 pilules, une 3 fois par jour.

1 gramme.

2" Nitrate de soude

Nitrate de' potasse

Camphre

Rob de sureau

Pour 30 pilules, 1 matiu et soir.

5 grammes.

Vins.

1“ Vin amer scillitique dit de la Charité :

1® Écorce de quinquina gris 1

— de Win ter > .-Ta

— de citron '

Racines d’asclépias \

— d’angelique i

Squames de scille ! âli

Genièvre I

Macis /

Absinthe ^ ...

Feuilles de mélisse ' )

Alcool à Gü“

Vin blanc

En prendre 20 à 50 grammes par jour.

C grammes.

1 gr. 50

3 grammes.

iOO —

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