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EAU-DE-VIE ALLEMANDE

L’eau-de-vie allemande, excellent purgatif drastique, se prépare par macération pendant huit jours avec :

Racine de jalap 8 grammes.

— de turbith 1 gramme.

Scammonée d’Alep 2 grammes.

Alcool à 60» GG —

La dose pour les enfants est de 1 gramme par année d’àge, avec parties égales de sirop de nerprun.

ÉLECTROTHÉRAPIE

L’électrothérapie joue un rôle important en thérapeutique infantile. Comme modificateurs locaux des muscles et des nerfs, on emploie les courants faradiques ou les courants continus. L’électricité statique [franklinisalion), le bain hydro-électrique sont employés comme modificateurs de l’état général ; mais leurs applications sont beaucoup plus restreintes. Enfin on se sert de l’électrolyse pour détruire certaines lésions superficielles de la peau ou des muqueuses.

L’électricité, dit le Larat (drc/i. de méd, des enfants, 1899), est un médicament d’ordre physique comme les diverses drogues sont des médicaments d’ordre chimique, et comme tel il est nécessaire de doser cet agent thérapeutique suivant l’àge des malades.

Chez l’enfant il ne faut pas employer de courants très intenses, très prolongés ; il faut que les électrodes soient de large surface pour éviter les irritations cutanées.

ELECTROTHERAPIE.

Dans ce but, 31. Larat emploie : soit de larges plaques de 9 centimètres sur 12 recouvertes d’agaric et de peau de chamois ; soit, quand cela est possible, l’eau d’une cuvette dans laquelle sont immergés le ou les membres à électriser. On doit se servir d’eau ordinaire, quoiqu’elle soit moins conductrice que l’eau salée, car cette dernière se décompose en acide chlorbydrique et soude qui vont irriter les tissus. Après chaque séance, on saupoudrera à l’amidon la partie soumise au courant.

Nous allons passer en revue les principales maladies infantiles justiciables de l’électrothérapie.

Paralysie spinale atrophique. — On cherchera d’abord s’il y a réaction de dégénérescence et en quels points elle siège. Duchenne avait bien vu, quoiqu’il ne se servît que du courant faradique, que des muscles qui ne réagissaient point étaient voués à l’atrophie rapide, à la paralysie durable. Ceux au contraire qui réagissaient même faiblement recouvraient leurs fonctions et échappaient à l’atrophie. Or cette disparition de la contractilité faradique n’est qu’une modalité de la réaction de dégénérescence.

31. Larat conseille d’explorer la contraction électro-musculaire avec la bobine à gros fil avec interruptions lentes, puis avec le courant galvanique en augmentant très doucement le courant et en employant de larges électrodes. On explore les muscles groupe par groupe (les fléchisseurs, les extenseurs) ; si l’on constate la réaction de dégénérescence dans un groupe, on examine les muscles un à un afin de voir quel est le plus atteint. La réaction de dégénérescence bien constatée permet d’éliminer l’origine cérébrale de la paralysie ; chez les enfants, dans les paralysies cérébrales, la contractilité faradique, loin d’être abolie, est presque toujours exagérée. On peut ainsi éliminer Vhémiplégie cérébrale, la maladie de Little, etc.

atrophie muscidaire progressive ne présente pas non plus la réaction de dégénérescence. Dans paralysies obstétricales les paralysies névrotigues, la réaction de dégénérescence peut exister, et il faut chercher ailleurs les éléments du diagnostic.

L’exploration électrique, dans la paralysie infantile, permet seule d’établir le pronostic. Les muscles qui répondent à l’excitation faradique et galvanique, môme faiblement, retrouvent leurs fonctions à la longue, les autres s’atrophient et sont fonctionnellement perdus. Si l’on électrise avec patience, le retour

(les premiers sera plus ra[)idc, et parmi les seconds, on en sauvera beaucoup.

11 est donc indi(|ué, même dans les cas graves, d’électriser. Sur 120 cas traités par M. Laral à l’hôpital des Enfants, 40 l’ont été sérieusement et chez tous il s’est produit une réelle amélioration, chez plusieurs l’équivalent de la guérison.

Quelques malades traités sans succès pendant plusieurs mois par la faradisation ont été améliorés en huit jours par la galvanisation. Si le muscle ne répond pas au courant induit, inutile de le faradiser. Toutes les fois, dit Larat, qu’on faradise énergiquement un muscle en voie d’atrophie et qui ne répond pas au courant, on augmente cette atrophie. La faradisation sera réservée pour les cas où la contractilité faradique est diminuée, mais non abolie. Dans tous les autres cas, il faut recourir au courant galvanique, presque tous les jours, pendant des semaines, des mois, parfois des années. Voici comment procède M. Larat : une grande plaque d’étain recouverte d’agaric et de peau de chamois bien imbibée d’eau tiède, de la dimension de la main, sera appliquée sur la région cervico-dorsale de la colonne vertébrale s’il s’agit du membre supérieur, sur la région lombaire s’il s’agit du membre inférieur ; cette plaque répond au pôle positif de la batterie. Le pôle négatif est relié à une petite plaque plongeant dans une cuvette d’eau tiède dans laquelle est immergée, d’autre part, l’extrémité du membre malade (main ou pied), la cheville ou le poignet étant recouverts par l’eau. On fait passer pendant 10 minutes un courant de 8 à 10 milliampères, puis on termine la séance par une série d’interruptions laites au moyen du bouton interrupteur, ou avec quelques inversions polaires ; on obtient ainsi une série de contractions (une centaine au début, plus tard davantage). Plus tard, quand la contractilité, revenue pour certains muscles, tarde à revenir pour d’autres, on localise le courant au niveau de ces derniers, mais en général l’électrisation en masse du membre suffit.

Dans tous les cas les résultats sont lents à venir ; la paralysie la plus légère nécessite un an de traitement, les formes graves exigent plusieurs années. Les séances doivent être faites tous les jours ou au moins trois fois par semaine la j)remière année. Puis deux séances par semaine suffisent, ou on a recours entre temps à la gymnastique et au massage.

ÉLECTROTIIÉUAPIE.

L'intervention doit être précoce (Erb) ; il ne faut pas attendre ({uatre à six semaines après le début, comme on l’a dit à tort. Le traitement n’agit pas seulement sur la motilité, mais aussi sur la circulation des membres qui se réchauffent.

Quand l’électrotliérapie intervient trop tard à la période d’atrophie et de déformation (pied bot, etc.), elle n’est pas inutile; elle peut renseigner sur l’opportunité d’une opération chirurgicale ou du port d’un appareil ; elle peut, après l’opération, renforcer certains muscles, etc.

On voit que, dans la paralysie atrophique de l’enfance, le rôle de l’électrothérapie est très important.

Paualysies OBSTÉTiiicALEs. — Daiis les paralysies radiculaires du plexus brachial, si souvent d’origine obstétricale, l’exploration électrique permet d’abord de porter un pronostic. Si la contractilité faradique est abolie, le pronostic est mauvais. Pour bien apprécier les contractions musculaires, il faut les dissocier, employer des chocs faradiques à intermittences lentes (appareil muni d’un interrupteur à vitesse variable). Une large plaque dite indifférente est placée entre les épaules du malade et maintenue par ta main d’un aide tandis qu’un tampon de charbon recouvert de peau de chamois, de la grandeur d’une pièce de 2 francs, sert à interroger le muscle en se promenant sur ses points moteurs. Le courant, d’abord faible, sera poussé jusqu’à la dose capable d’obtenir une forte contraction sur le membre sain.

S’il n’y a pas de réaction dans ces conditions, on conclut à la dégénérescence et à la longue durée de la maladie. Si la réaction faradique persiste, la guérison sera facile et prompte. Mais il faut électriser les muscles sans tarder ; le deltoïde est le dernier à revenir.

S’il y a réaction de dégénérescence, on aura recours exclusivement aux courants continus : sinon, on emploiera les courants faradiques avec la bobine à gros fils et intermittences lentes. On associera les deux courants, quand il y aura réaction de dégénérescence dans certains muscles et absence dans d’autres qui seront pourtant affaiblis.

En cas de courants continus, on place une largo électrode dans le dos de l’enfant (plaque d’étain recouverte d’agaric et de peau de chamois de î) sur 12 centimètres). Le bras est plongé dans

l’cau jusqu’au coude. Le courant est descendant, l’électrode dorsale étant reliée au pôle positif de la batterie (intensité 4à G milliampères, durée six à huit minutes).

A la fin de la séance, quelques interruptions de courant (20 secousses environ).

En cas de courants interrompus, large plaque dorsale comme précédemment, tampon promené sur les muscles malades. Le traitement sera l'ait tous les jours pendant deux semaines, pui s tous les deux jours (Larat).

Paralysies diphtériques. — Dans cette variété de paralysies, ' probablement névritiques, il n’y a qu’un simple affaiblissement de la contractilité, sans réaction de dégénérescence. La contractilité faradique se retrouve toujours quand on la cbercbe bien 'l avec le gros fil et les intermittences lentes. Le traitement électrique peut favoriser et bâter la guérison; on a utilisé la faradi- j sation (Duclienne, Erb), puis la galvanisation (Remack). M. Larat | soumet les malades aux courants faradiques à intermittences ; rapides ou au courant alternatif sinusoïdal. L’une des électrodes ! (plaques de 9 sur 12 centimètres) repose sur la nuque; le courant ; est fermé dans une cuvette d’eau où plongent alternativement les mains ou les pieds (durée d’application, un quart d’heure).

Dans les autres paralysies consécutives aux maladies aiguës, dans les affaiblissements musculaires des grandes convalescences, dans la chorée molle, dans la paralysie arsenicale et les autres ! paralysies toxiques, on peut s’inspirer de la même pratique.

Dans les paralysies faciales, les hémiplégies, la maladie de ■ Little, l’électrisation peut être employée, mais avec beaucoup de prudence. On emploiera l’électricité également dans les amyotrophies primitives ou secondaires.

Applications de l’électrolyse. — On se sert d’une batterie galvanique de 12 à 15 éléments, avec collecteur faisant entrer un à un les éléments dans le circuit et galvanomètre, fils souples et fins, aiguilles inattaquables aux acides (platine ou platine iridié),^ | isolées par un vernis spécial, dénudées d’un centimètre à leur j base pour prendre le contact du fil conducteur. \

On demande des aiguilles vernissées dans toute leur étendue | et on les dénude soi-même avec un canif à la pointe de façon que j la partie qui sera en contact avec l’épiderme soit toujours isolée. j Ainsi l’opération sera sous-épidermique et la surface de l’angiome

ÉLECTROTHÉRAPIE.

ne sera pas touchée. L’action électrolytique se manifestera seulement par l’aflaissement progressif de la tumeur. Comme conducteurs M. Larat emploie des fils de cuivre très minces et très légers garnis de soie. On dénude le fil sur une petite longueur, on l’enroule autour de la base de l’aiguille dénudée et on le relie à la batterie. L’opération faite, le bl est rejeté, car il est très fragile et d’ailleurs peu coûteux.

Dans les tumeurs érectiles, comme l’ont montré Boudet de Paris et Redard, l’électrolyse provoque l’oblitération des vaisseaux. Ces auteurs ont pensé que la formation au pôle positif d’un caillot adhérent et rétractile était la principale cause de l’oblitération vasculaire. M. Larat croit à une transformation cicatricielle des tissus et à une oblitération mécanique secondaire. Tandis que Boudet de Paris et Redard employaient la méthode monopolaire (plaque négative sur un point du corps plus ou moins rapproché de la tumeur, avec une ou plusieurs aiguilles positives dans cette tumeur), M. Larat recommande la méthode bipolaire (deux aiguilles, l’une positive, l’autre négative enfoncées simultanément dans l’angiome). Le courant se fait ainsi sentir à toute la masse. Ce procédé est très efficace et peu douloureux.

On peut employer un courant de 40 à dO milliampères avec cette dernière méthode, mais l’application sera courte sur un même point (quelques secondes). On lave le champ opératoire à l’alcool, on plonge les aiguilles dans l’eau bouillie (l’alcool altérant le vernis), parfois on anesthésie la région avec les pulvérisations de chlorure de méthyle et cocaïne. Les aiguilles doivent pénétrer profondément, à la limite du tissu sain et du tissu malade, là où naissent les vaisseaux dilatés qui alimentent l’angiome. Ces vaisseaux oblitérés, la tumeur s’affaisse et guérit. On portera d’abord ses efforts sur la périphérie, c’est-à-dire sur la zone d’accroissement (4 à 5 piqûres par séance). Les séances doivent être espacées. On fera d’abord pour les zones périphériques une ou deux séances par semaine, puis on mettra un intervalle de quinze jours.

I.es nævi plans, stellaires, sont facilement détruits en une séance quand ils sont petits.

Dans les nævi en nappe, l’électrolyse donne de moins bons résultats.

Dans les kélotdes^ l’électrolyse peut aussi rendre des services.

Il faut limiter l’action du courant au tissu malade; pour cela on emploie des aiguilles à arrêt mobile qu'on fixe soi-mème suivant la profondeur de la lésion. On enfonce dans la kéloïde Vairjuille négatice armée du courant, et on place l’électrode positive à la surface (plaque).

L’intensité du courant sera de 6 à 8 milliampères. On le fait passer un quart à une demi-minute, et on reporte l’aiguille à quelques millimètres plus loin, et ainsi de suite.

Quand toute la surface de la kéloïde est ainsi traitée, on attend huit jours avant de recommencer. Dans l’intervalle des séances, on recouvre d’emplàtre de Yigo ou d’emplâtre rouge.

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