‹ Les médicaments chez les enfantsChapitre 146 sur 385 · ERGOT DE SEIGLE · texte numérisé non relu

ERGOT DE SEIGLE

forte, désagréable ; s altère facilement et doit être conservé en vase clos, à l’abri de riiumidité etdn jour.

Outre les usages obstétricaux bien connus, l’ergot de seigde est employé topiquement pour arrêter les hémorragies, ou à l’intérieur comme tonique vasculaire, comme agent constricteur des libres lisses. On l’a préconisé dans la malaria (Duboué, r/e Pau ; Jacobi, de New-York). On l’a donné dans la polyurie (diabète insipide), la diarrhée, les sueurs profuses, la coqueluche, l’incontinence d’urine.

En poudre, on le prescrit à la dose de 5 à 10 centigrammes par année d'âge dans l’eau sucrée, le miel, la confiture. L’infusion et la décoction d’ergot de seigle sont peu usitées. La teinture (I P- 10) se donne par gouttes (II par jour et par année d’âge).

Uextrait aqueux (ergotine Bonjean) est délaissé. L’extrait alcoolique est deux fois plus actif. On doit préférer Yextrait fluide américain, employé par Jacobi dans la malaria (50 centigrammes quatre à cinq fois par jour). Cet auteur s’est au^si servi de l’infusion prolongée d’ergot (15 grammes dans 150 gr. d’eau) : une demicuillerée trois, quatre, cinq fois par jour. Il a vu dans ces cas la rate diminuer de volume et le paludisme chronique guérir assez rapidement, alors que la quinine avait échoué.

Ergotine. — L’ergotine n’est pas un produit défini, mais un simple extrait d’ergot. On en connait plusieurs variétés. Le procédé de Bonjean consiste à épuiser par l’eau la poudre de seigle ergoté déjà épuisée par l’élher. On fait bouillir, on filtre et on évapore jusqu à consistance d’extrait. On a alors une masse brun foncé, sentant la viande rôtie, soluble dans l’eau, pouvant s’administrer en potion. L’ergotine Yvon est préparée ainsi : on prend 1 000 grammes d’ergot broyé au moulin, on le laisse douze heures en contact avec 2 litres d’eau, on fait couler le liquide, et on le chauffe au bain-marie pour obtenir un coagulum que l’on sépare par filtration. On épuise le marc avec 3 litres d’eau, on évapore jusqu’à consistance sirupeuse. On mêle les deux macérés et on y verse de l’alcool à 90“ jusqu’à ce que le mélange se trouble. On décante et on évapore jusqu’à consistance d’extrait mou. Avec cette ergotine on fait un liquide pour les injections hypodermiques (1;2 à 1 centimètre cube une ou deux fois par jour).

Ergotine

Eau distillée Glycérine. . .

I gramme.

I ail 10

On peut aussi la donner en potion ;

Ergotine Yvon « gi’- 50

Sirop de fleurs d’oranger 2(» grammes.

Eau distillée Sü —

Par cuillerées de deux heures en deux heures (enfant de cinq à six ans).

S’emploie dans les îiémorragies, quel qu’en soit le siège.

Ergotimne. — L’ergotinine est un alcaloïde retiré par Tanret de l’ergot de seigle, en épuisant cette substance par l’alcool à 95“; on ajoute de la soude, on distille, on reprend le résidu par l’éther, on ajoute de l’eau, etc. Finalement on obtient une substance cristallisée insoluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, formant des sels solubles avec les acides. Le rendement du seigle ergoté en ergotinine serait de 1 gr. p. 1 000.

On peut prescrire l’ergolinine en sirop (1/4 de milligramme par cuillerée à café). Pour les injections hypodermiques, on formule:

Ergotinine 1 centigramme.

Acide lactique 0 gr. 02

Eau de laurier-cerise 10 grammes.

Injecter 1/4 à 1/2 seringue de Pravaz.

ÉRYSIMUM

L’érysimum ou vélar, herbe aux Chantres, Sysimbiniim officinale (Crucifères), est une plante très commune, dont on emploie les feuilles et les fleurs. Elle passe pour avoir une action salutaire dans les catarrhes bronchiques et les laryngites avec enrouement, dans la lithiase urinaire, etc. On l’emploie en infusion (10 grammes p. 1 000). Elle forme la base du sirop d' erysimum composé ou sirop des Chantres^ qu’on donne dans les bronchites et catarrhes de l’appareil respiratoire à la dose de 20 à 30 grammes en potion, et dont voici la formule :

Erysimuui frais

Feuilles sèches de bourrache.

— de chicorée.^.

Racines d’nunée

Orge mondé

Raisins secs de Malaga

Réglisse

Capillaire du Canada

Anis vert

Sommités sèches de Romaine — de Stœchas.

Miel blanc

Sucre blauc

Flau distillée...,..,

, 1500 grammes.

^ iiii to —

I iui 25 —

ESERINE

L’ésérine est un alcaloïde retiré de la fève de Calabar, Physostiyma venenosum (Légumineuses). Elle forme avec l’acide sulfurique un sel soluble employé pour contracter la pupille. On la prescrit à l’intérieur dans l’épilepsie, la chorée, le tétanos. On l’emploie surtout en collyre à 1 p. 200 ou 300.

Eau distillée 10 grammes.

Sulfate d’ésérine 0 gr. 05

Dans le tétanos, Martin-Damourette conseillait 1 milligramme d’esérine par heure jusqu’à sédation. Dans la chorée Bouchut a donné jusqu’à 16 ou 20 milligrammes par jour. On a proposé l’ésérine contre l’empoisonnement par la belladone ou l’atropine. On peut faire des injections hypodermiques avec la solution suivante ;

Sulfate d’ésérine 0 gr. 01

• Eau distillée 10 grammes.

Les collyres à l’ésérine conviennent aux ulcères de la cornée, parce qu’ils abaissent la pression oculaire, diminuent la sécrétion conjonctivale, etc. On a conseillé ces collyres dans les paralysies de l’accommodation (diphtérie), dans les mydriases, la photophobie hystérique, l’héméralopie, l’iritis, etc.

Sur le terrain oculaire, l’ésérine rivalise avec l’atropine.

Page 1