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ACIDE TARTRIQUE

L’acide tartrique, qui existe dans un grand nombre de fruits acides, se prépare surtout avec le jus de raisin. On prend la crème détartré ou tartrate acide de potassium et on la traite par 12 ou IS fois son poids d’eau bouillante; ou ajoute de la craie, il se forme du tartrate de chaux insoluble et du tartrate neutre de potassium en solution. Ce liquide est traité par le chlorure de calcium, et le second précipité est uni au premier; le tout est traité par l’acide sulfurique dilué; il se forme du sulfate de chaux et de l’acide tartrique qui, après l’opération, cristallise. L’acide tartrique est très soluble dans l’eau.

On emploie le sirop tartrique :

Acide tartrique cristallisé 10 grammes.

Eau distillée 10 —

Sirop de sucre 980 —

Avec ce sirop on fait une limonade tartrique :

Sirop d’acide tartrique 100 grammes.

Eau 900 —

Les enfants prennent volontiers les potions au sirop tartrique et la limonade tartrique comme tisane.

ACONIT

L’aconit est très employé dans la médecine des enfants. C’est une plante de la famille des Renonculacées, dont toutes les espèces connues sont vénéneuses.

La seule espèce usitée actuellement en thérapeutique est V Aconit napel^ ainsi nommé parce que sa racine ressemble à celle du navet. L’aconit est vulgairement désigné sous le nom de Char-de- Vénus.

L’aconit napel aune activité très inégale suivant sa provenance ; la plante cultivée, celle qu’on rencontre dans les jardins, n’a aucune vertu médicinale et n’est pas utilisée par la pharmacie.

J’en dirai autant des aconits qui poussent en plaine, dans les terrains fertiles.

Le meilleur aconit, celui qui donne le plus de principes actifs» est l’aconit sauvage, surtout quand il est récolté dans les pays montagneux comme la Suisse, les Vosges, le Dauphiné, l’Auvergne. Cette plante aime surtout les sols pierreux, secs et froids. On donne généralement la préférence à l’aconit suisse ; mais l’aconit des Vosges n’est pas à dédaigner.

Autrefois on employait l’extrait aqueux ou alcoolique de la plante fraîche, des feuilles, de la tige, et les effets qu’on en obtenait étaient incertains ou nuis.

C’est qu’en effet le principe actif, le poison, V aconitine^ s’accumule surtout dans la racine ; il n’existe qu’en proportions infinitésimales dans les feuilles et la tige.

Un auteur du xvi® siècle, Matthiole, en avait déjà fait la remar({ue : Tota 'planta pernecahilh admodum est^ sed radix cæteris parlibm atrocior.

L’aconit est plus actif avant la floraison qu’après ; on doit le récolter à la fin du printemps, en mai et juin. On fait sécher les racines à une douce chaleur et à l’obscurité, et on les conserve dans un endroit sec.

Indications et contre-indications. — Pour bien saisir les indications de l’aconit, il est indispensable de connaître ses effets physiologiques.

L’aconit, et plus particulièrement son principe actif, l’aconitine, agit sur le système nerveux à la manière des poisons déprimants et paralysants.

11 amène d’abord des fourmillements, des picotements à la face et aux membres, puis l’inertie musculaire, l’anesthésie. Après l’anesthésie et la paralysie des membres viennent les nausées et les vomissements, le ralentissement du pouls et de la respiration, et finalement la mort par asphyxie ou syncope. A dose toxique, l’aconitine produit la dilatation pupillaire. La diurèse compte aussi parmi les effets de ce médicament.

Si l’aconit paralyse surtout les nerfs du sentiment, s’il est avant tout unmédicamentsédatif etanalgésiant, il est accessoirement un antipyrétique, un antiphlogistique, un eupnéique, un diurétique, un antispasmodique. En résumé, il déprime l’activité de tous les grands systèmes organiques. 11 en résulte que l’aconit sera indiqué

ACONIT

dans tous les cas d’excitation et d’hyperactivité de ces systèmes : douleurs névralgiques, céphalées, bourdonnements d’oreilles, hypertrophie du cœur avec palpitations, toux spasmodiques, hyperthermie, etc.

Stôrck avait vanté ses effets dans le rhumatisme et la goutte, d’autres l’ont employé contre les/lermatoses herpétiques et syphilitiques, contre l’amaurose, contre l’aménorrhée ; Teissier, de Lyon, le donnait dans l’érysipèle ; Trousseau et Pidoux l’ont surtout préconisé dans les névralgies de la face; je l’ai vu prescrire jadis dans la péritonite et la septicémie puerpérales.

Chez l’enfant, nous donnerons l’aconit dans tous les cas où l’élément spasmodique sera nettement accusé, dans Vasthyne^ dans les accès asthmatiformes de {'adénopathie bronchique ^ dans la coqueluche et les toux coqueluchoïdes, dans la lanjngite striduleuse^ dans les palpitations avec ou sans hypertrophie du cœur, dans les convulsions.

Dans les affections catarrhales et spasmodiques des voies respiratoires, J. Simon, qui a beaucoup usé de l’aconit, vante son association avec la belladone. Quand il y a une bronchite avec sécrétion catarrhale abondante, on fera bien de débuter par un vomitif. Dans les maladies de cœur, Blache père, pour mitiger les effets de la digitale, avait l’habitude de lui associer l’aconit. On l’a associé avec le colchique dans les manifestations goutteuses et rhumatismales, avec l’opium dans les névralgies, avec la quinine dans les fièvres et paroxysmes intermittents.

L’aconit ayant une action sédative, dépressive, il se trouve contre-indiqué dans tous les cas où la prostration existe ou paraît imminente. Si la respiration est embarrassée, si le cœur est en .asystolie, si l’enfant abattu et somnolent ne lutte qu’avec peine contre la maladie qui l’étreint, ce n’est pas à l’aconit qu’il faut avoir recours,. mais aux toniques et stimulants. Dans la bronchite capillaire, la broncho-pneumonie, la pneumonie, dans les affections valvulaires du cœur, dans la péricardite, dans tous les étals d’affaiblissement, de collapsus provoqués par les maladies infectieuses graves, la diphtérie, la fièvre typhoïde, la scarlatine, la vaidole, etc., l’aconit est formellement contre-indiqué.

Retenons que l’aconit, chez les enfants, est surtout employé dans les affections spasmodiques et douloureuses des voies respiratoires.

PiiAUMACOLOGiE. — Il rég'nait autrefois une grande incertitude sur les effets et la valeur de l’aconit, parce qu’on s’était adressé aux feuilles de la plante.

Hien de plus infidèle que les poudres, extraits, sirops, teintures, obtenus avec les feuilles. Il fallait donner des doses énormes et encore n’était-on pas sûr d’obtpnir un effet quelconque.

J. Simon déclare avoir pu donner impunément, à un enfant de deux ans, une cuillerée à café d’alcoolature de feuilles d’aconit.

C’est le D' II. Guéneau de Mussy qui a appris aux médecins français à ne se servir que de l’alcoolature de racines d’aconit.

On trouvera, dans Gubler, l’ancien mode d’administration de l’aconit, aujourd’hui définitivement abandonné.

On prescrivait alors l’extrait aqueux, la poudre de racines, l’alcoolature (de feuilles sans doute), puisque les doses de 1 à 4 et même jusqu’à 8 grammes par jour sont indiquées.

Actuellement on ne se sert plus que del’alcoolature de racines obtenue en faisant macérer pendant plusieurs jours une partie de racines fraîches dans une partie d’alcool à 90“ ; on se sert quelquefois aussi du sirop d’aconit, qui est fait avec une partie d’alcoolature pour 10 de sirop de sucre.

Chez l’adulte, il est vrai, on emploie fréquemment Vaconitine cristallisée, alcaloïde extrêmement puissant, dont il faut surveiller les effets de très près, et qui doit se prescrire à doses réfractées par petits granules dosés à un dixième de milligramme.

L’extrême activité de l’aconitine, les dangers inhérents à son emploi, la difficulté d’une surveillance étroite et d’un contrôle effectif dans l’administration des doses prescrites, tout cela fait que cet alcaloïde est absolument inusité en médecine infantile.

Avec l’alcoolature de racines et quelquefois le sirop, nous pouvons remplir toutes les indications de l’aconit.

La teinture d’aconit (plante ou racine) se prépare en traitant une partie de la substance végétale par 5 parties d’alcool à fiO degrés. Comme on agit sur la plante sèche, c’est-à-dire concentrée, malgré la dilution plus grande dans un alcool plus étendu, plusieurs auteurs ont soutenu que la teinture était plus active que l’alcoolature ( Hébault, Vigier).

D’après Rébault, une partie de teinture d’aconit équivaudrait à une partie et demie d’alcoolature.

ACONIT

Dans quelques cas très rares, on pourrait avoir besoin d’une préparation pour l’usage externe, et on se servirait alors d’une pommade à 1 p. 10 faite avec l’alcoolature et la vaseline.

Les antidotes de l’aconit sont : la strychnine et les poisons convulsivants, peut-être l’opium. En cas d’empoisonnement, on pourra donner ces médicaments et essayer aussi le tanin et l’iodure de potassium. Richardson, dans un cas où le malade avait ingéré deux cuillerées à soupe de teinture d’aconit, a réussi à le sauver, en injectant sous la peau de l’ammoniaque liquide étendue.

Les empoisonnements avec les préparations d’aconit sont d’ailleurs extrêmement rares chez les enfants, parce que, chez eux, on est généralement très prudent, parce qu’on prescrit par gouttes et jamais par grammes^ parce qu’enfîn on ne se sert pas de l’aconitine cristallisée.

On ne se sert pas non plus de l’ancienne aconitine amorphe, moins dangereuse cependant que l’aconitine cristallisée.

Gubler dit qu’un demi-milligramme d’aconitine cristallisée injectée à un moineau le tue en une minute; il faut 15 milligrammes d’aconitine amorphe, c’est-à-dire trente fois plus, pour obtenir le même effet.

Formulaire. — Les auteurs ne sont pas d’accord sur les doses qu’il convient d’employer chez les enfants.

Oulmont, qui, en 1875, a publié une bonne étude clinique et expérimentale des préparations d’aconit, conseille les dosespetites, fractionnées, qu’on peut augmenter graduellement sans se départir de la surveillance des effets physiologiques.

J. Simon, qui a manié fréquemment l’aconit dans sa longue pratique, et qui d’ailleurs n’a recours qu’àl’alcoolature de racines, n’hésite pas à employer des doses relativement fortes, même chez les tout jeunes enfants.

Chez un enfant de deux ans et demi, il a pu aller jusqu’à XXX gouttes d’alcoolature de racines d’aconit par jour; chez un enfant de quatre ans, il a pu doubler cette dose et monter à LX gouttes, en commençant par X gouttes.

Il est vrai qu’il mélange presque toujours l’aconit avec la bella- <lone et qu’il donne la préparation loin du repas de l’enfant.

Dujardin-Bcaumetz, plus timide, conseille de ne pas dépasser XXX à XL gouttes par jour pour un adulte, et X gouttes pour un enfant.

Mais cet énoncé manque de précision, il faudrait nous dire l’age de l’enfant ; si c’est un enfant de deux ans, la dose de X gouttes sera suffisante; elle me paraît faible au contraire pour un enfant de dix ans.

Le D" R. Blache se sépare également de J. Simon sur la question des doses d’alcoolature à prescrire aux enfants; il considère cette préparation comme très active et il n’est pas pour les doses fortes. Il ne dépasse pas V à XV gouttes par jour^ suivant l’âge de J’enfant, et il fait prendre le médicament par doses réfractées, d’heure en heure ou de demi-heure en demi-heure.

11 associe volontiers l’alcoolature de racines d’aconit avec la belladone et la digitale, suivant les indications.

Voici les formules dont il se sert d’ordinaire :

Alcoolature de racines d’aconit X à XV gouttes.

Cognac 10 à 30 grammes.

Julep gommeux 120 —

Par cuillerées à café de vingt en vingt minutes.

Alcoolature de racines d’aconit.,

Teinture de belladone

Sirop de tolu

Eau distillée

Par cuillerées à café d’heure en heure.

Alcoolature de racines d’aconit V à XV gouttes.

Teinture de digitale VI a XI 1 —

Sirop de codéine 12 grammes..

Julep gommeux 120 —

Par cuillerées à café d’heure en heure.

V à XV gouttes.

IV à X —

20 grammes.

J’ai employé l’aconit aux doses sus-indiquées et même plus fortes dans la coqueluche, dans les laryngites, et je dois avouer que je n’en ai pas obtenu d’effet appréciable.

Je n’ai pas trouvé que l’aconit, à doses faibles, produisît des symptômes rappelant même de loin les effets physiologiques des doses fortes ou très fortes.

Je crois que, pour obtenir des effets calmants, antispasmodiques, eupnéiques, analgésiants, il faut aller beaucoup plus loin.

Le soulagement s’obtient surtout quand on associe la belladone et l’opium à l’aconit, comme dans cette formule de J. Simon, qui s’adresse à des enfants do cinq à six ans :

Alcoolature de racines d’aconit..

Teinture de belladone

Elixir parégorique

En prendre V à X gouttes matin et soir.

5 grammes.

1 gramme.

ACONIT

Pour ma part, je doublerai la dose et je dirai X à XX gouttes matin et soir.

De même, dans cette seconde formule, l’apaisement, s'il se produit, pourra être attribué .encore à l’opium :

Sirop de codéine ; )

— de belladone )

Alcoolature de racines d'aconit

Une à deux cuillerées à café dans la journée.

V à X, gouttes.

S’il s’agit d’une maladie de cœur, on peut associer la digitale à l’aconit, et la part à faire aux deux médicaments, quand le mélange agit, est bien difficile à établir:

Alcoolature de racines d’aconit i XX gouttes.

Teinture de digitale : X —

Eau distillée. . . i 40 grammes.

Sirop de fleurs. d’oranger 20 —

Une cuillerée à café matin et soir pour un enfant de quatre à cinq ans.

II. Roger, dans la coqueluche, prescrivait volontiers le sirop d’aconit associé au sirop de digitale :

Infusion de violettes .'

Sirop d’althæa

Sirop de digitale / -

— d’aconit , j

Par cuillerées à café de deux heui'es en deux heures.

30 grammes.

5 à 20 grammes.

Le mélange suivant, conseillé par J. Simon dans la coqueluche, a été très employé :

Alcoolature de racines d’aconit

Teinture de belladone

En prendre X gouttes matin et soir.

Monin a donné une variante qu’on peut essayer :

Teinture de belladone.... )

— d’aconit ; ' aa 2 grammes.

— de drosera 1

'reinturc de myrrhe Ifl —

Prendre X gouttes après chaciue quinte dans un peu de lait.

J. Simon cependant a conseillé, dans la coqueluche, un mélange un peu plus compliqué :

I ââ 5 grammes.

Teinture de belladone

Alcoolature de racines d’aconit

Eau de laurier-cerise

— de tilleul

-T- de fleurs d’oranger

Sirop de lactucarium

Prendre par cuillerées à café.

X gouttes.

10 grammes.

GO

On pourrait varier les formules à l’infini. Mais il est temps de conclure.

En médecine infantile la seule préparation d’aconit usitée est l’alcoolature de racines, qui s’obtient, comme on le sait, en traitant les racines par l’alcool à 90“ (parties égales de l’un et des autres).

Cette préparation, moins active que l’aconitine, l’est cependant assez pour qu’on doive la doser avec soin. Elle se prescrit par gouttes espacées dans le courant de la journée.

La plupart des auteurs conseillent les petites doses réfractées.

Retenons quil y a plus de cinquante gouttes dans un gramme d’alcoolature d’aconit.

On peut donner, par jour, à un enfant de deux ans, sans danger, V à X gouttes d’alcoolature de racines d’aconit, en espaçant les prises d’heure en heure, de deux heures en deux heures, de façon à ne donner pas plus d’une goutte par heure. A cinq ans, on peut aller à XX gouttes par vingt-quatre heures ; à dix ans, on ira jusqu’à XXX gouttes.

On pourra aller plus loin encore, à la condition de réfracter les doses, comme je l’ai dit plus haut. Si l’on s’en tient aux doses faibles, il faut s’attendre à n’obtenir aucun bénéfice de l’administration de l’aconit.

11 faut avouer d’ailleurs que nous ne sommes pas bien sûrs de l’aconit, tel que nous l’administrons actuellement chez les enfants, car nous avons bien soin de l’associer à l’opium, à la belladone, à la digitale, tous médicaments dont l’action est beaucoup plus certaine à dose médicamenteuse.

Pour avoir des effets réels de l’aconit, il faudrait friser les doses toxiques, et nous n’osons pas.

ADONIS VERNALIS

h' Adonis vernaUs, famille des Renonculacées, est un tonique cardiaque ; on emploie l’infusion des feuilles et de la tige (2 p, 100) ; on pourra formuler ainsi :

Adonis vernalis 2 grammes.

Eau bouillante 100 —

Passez et ajoutez sirop de cafti 20 —

\J adonidine est un glucoside tiré de la plante précédente : poudre

AÉaOTHÉRAPlE ET CLIMATOTIIÉRAPIE.

jaune, amère, peu soluble, se prescrit à la dose de d à 2 centigrammes par jour.

AÉROTHÉRAPIE ET CLIMATOTHÉRAPIE

L’air joue un rôle capital dans l’hygiène thérapeutique. Il faut assurer à l’enfant malade plus encore qu’à l'enfant sain un air pur et incessamment renouvelé. Quelle que soit la maladie dont il souffre, aiguë ou chronique, générale ou locale, la ventilation abondante et répétée de ses poumons s’impose. La cure d'air est bonne et salutaire dans tous lés cas.

On avait le tort autrefois de calfeutrer les malades, de les maintenir dans une atmosphère chaude et souillée par les exhalaisons pulmonaires. On entravait le renouvellement de l’air pour éviter le refroidissement du corps. C’était une pratique néfaste abandonnée aujourd’hui par tous les médecins. L’enfant a d’autant plus besoin d’air et d’espace que ses échanges organiques sont plus rapides et plus importants; cet organisme en croissance dépense beaucoup, il doit recevoir beaucoup, tant pour les aliments proprement dits que pour cq pabulimi vitæ qu’est l’air.

Les chambres des enfants doivent être grandes (SO mètres cubes si possible), munies de larges fenêtres, de cheminées pour assurer le tirage et le renouvellement de l’air. En cas de chambre petite, on recommandera l’usage de deux pièces, l’une pour le jour, l’autre pour la nuit. L’enfant étant bien couvert dans son lit, on ne craindra pas d’ouvrir largement les fenêtres, en le protégeant par un paravent contre les courants d’air si cela est nécessaire. Est-on en présence d’une affection grave des voies respiratoires, d’une tuberculose pulmonaire, il y aura intérêt à laisser la fenêtre entrouverte en permanence, nuit et jour, pour augmenter la pureté de l’atmosphère respirée par le malade. De même, dans la journée, on devra transporter l’enfant au dehors si le temps et le climat le permettent, ou dans une galerie ouverte disposée pour la cure d'air. Cette cure d’air est pratiquée en grand dans les sanatoriums. Elle est d’autant plus puissante et efficace que ces sanatoriums bien placés, bien exposés, sont aune certaine altitude(l 000, 1 200, i 400 mètres et plus) qui assure la pureté de l’air et l’intensité de la lumière solaire.

Dans la coqueluche, la cure d’air a été conseillée; on a dit qu’il

fallait porter l’enfant dehors et le laisser à l’air le plus longtemps possible; mais il faut éviter toutes les actions provocatrices des (juintes et de la période aiguë; la cure d'air doit être faite à la chambre, sans déplacer le malade. Plus tard, quand la période spasmodique touche <à sa fin, ou quand il survient une complication inquiétante, le changement d'air peut rendre de grands services; il est parfois d’une efficacité surprenante.

Pour les convalescences pénibles et longues, l’air de la campagne, des forêts de pins (Arcachon, certaines parties de la forêt de Fontainebleau) doit être recommandé.

L’air des altitudes moyennes et fortes convient aux enfants pâles, lymphatiques, aux chlorotiques; il est plus pur que l’air des plaines, plus raréfié et oblige à des mouvements respiratoires plus fréquents, à une gymnastique pulmonaire qui favorise l’hématose.

L’air dqs vallées basses, des plaines, du niveau de la mer a une densité plus grande, une pureté variable suivant les milieux, il convient moins aux enfants délicats et anémiés. Dans les villes populeuses, il est chargé d’impuretés, dé poussiérés, de miasmes désobligeants ou délétères, peu favorables à la croissance et à la bonne santé des enfants. A la campagne, au contraire, sa pureté plus grande, son renouvellement mieux assuré, le rendent plus stimulant et plus salutaire. Les colonies de vacances créées un peu partout, en Suisse, en Allemagne, en France, l’ont prouvé. On a vu les enfants des villes envoyés à la campagne revenir au bout de quelques semaines avec un accroissement de poids de plusieurs livres, en même temps que la taille et le périmètre thoracique augmentaient notablement. Le bénéfice de la cure d’air était évident. Il l’était au point que la Ville de Paris n’a pas hésité à encourager pécuniairement, dans une large mesure, l’envoi d’un nombre considérable d’enfants des écoles en villégiature dans . les départements.

L’air vif des plages marines de l’Océan est recherché pour certains enfants mous, lymphatiques, scrofuleux, qu’il Iransforine rapidement.

Cet air n’est pas seulement excitant par sa pureté et ses mouvements parfois violents, il est encore reconstituant par les effluves salés qu’il véhicule quand il est aspiré tout près de la mer, sur la plage môme. Les enfants, qui ont des affections de l’appareil respiratoire, ou qui sont trop nerveux, trop excitables,

AÉROïllERAPJE ET G LIMATOTHERAPIE.

peuvent être désagréablement affectés par l’air des plages du nord. Transportés dans le midi, sur les plages du golfe de Gascogne ou du littoral méditerranéen, ils supportent admirablement la cure d’air et bénéficient en outre de l’action bienfaisante de radiations solaires exceptionnelles. Mais tout cela rentre plutôt dans la climatolhérapie que dans l’aérolhérapie.

Cette aérolhérapie est susceptible d’applications directes dans certains cas particuliers. On a remarqué que le séjour dans un air comprimé, pendant un temps déterminé (uné heure, une heure et demie), pouvait rendre des services signalés à certains malades. Les coquelucheux, les asthmatiques se trouvent bien de ces bains d'air comprimé a une atmosphère et demie, qu’ils trouvent sans se déplacer dans certaines installations urbaines. Malheureusement l’outillage nécessaire pour obtenir l’air comprimé n’est pas à la portée de tout le monde et cette méthode thérapeutique ne s’est pas encore vulgarisée comme elle le mérite. Nous avons parlé de la coqueluche et de Vasthme comme- susceptibles de bénéficier de l’air comprimé; il faut ajouter \' emphysème pulmonaire^ peut-être la cyanose congénitale, la débilité congénitale, etc.

Cubes d’altitude. — L’air des altitudes diffère notablement de l’air des plaines, de l’air des villes surtout. Ce dernier est chargé de poussières et fourmille de microbes, dont quelques-uns peuvent être pathogènes. Les poussières et les microbes qu’elles charrient ne s’élèvent pas très haut dans l’atmosphère, et il suffit de monter de quelques centaines de mètres pour rencontrer un air relativement pur. L’air recueilli au sommet du Panthéon contient 400 fois moins de germes que l’air de la rue de Rivoli. Un gramme de poussières recueillies à Montsoiiris contient 730 000 bactéries: dans Paris, il en contient le double ou le triple. Les recherches du D'' Miquel ont mis hors de doute cette impureté de l’air des villes.

Dans les montagnes, au contraire, l’air est tout autre; l’atmosphère se purifie quand on s’élève, les auteurs les plus compétents insistent sur ce point :« L’air des altitudes, dit le ü'' P. Regnard '1), commence dès 1 000 mètres à ne contenir presque plus de germes, non seulement pathogènes, mais môme quelconques. Dans les grandes hauteurs, à celles où sont précisément construites les

(l) La cure d'alliUcde, Paris 1897.

stations climatériques, il est d’une pureté absolue qui équivaut à une stérilisation faite au laboratoire. »

Dès 1861, le D" Jourclanet avait remarqué que, sur le plateau de l’Anahuac, la phtisie était inconnue. L’immunité, pour la phtisie, commence à une hauteur variable suivant la latitude, mais qu’on peut placer à égale distance du niveau de la mer et de la région des neiges éternelles. Ce n’est pas seulement la pureté de l’air et l’absence de germes qui expliquent cette immunité, c’est encore l’augmentation des globules rouges observée en montagne et qui rend le terrain mauvais pour le tubercule, c’est la rareté du bacille de Koch, c’est le froid qui favorise sa dégénérescence, etc.

A mesure qu’on s’élève, en effet, la température baisse de 1 degré par 160, 200 ou 250 mètres suivant les régions. L’air n’est pas seulement plus froid, il est plus sec, et par suite mieux supporté.

Ce n’est pas que la quantité d’oxygène de l’air varie suivant l’altitude; la proportion reste toujours la même (21 p. 100 environ), mais le volume de l’air changeant avec la pression, l’oxygène se raréfie; si nous montons à une demi-atmosphère, l’air ne pèse plus que la moitié du poids qu'il a au niveau de la mer : 0 gr. 64 au lieu de 1 gr. 29. Dans la plaine, chaque inspiration introduit dans le poumon Ogr. 259 d’air; si nous nous élevons à une demi-atmosphère, cette quantité baisse de moitié. L’air ainsi raréfié conduit moins bien les ondes sonores (d’où le calme apaisant qu’on rencontre en montagne). Comme il est en même temps très sec, sauf les temps de pluie, il laisse passer presque tous les rayons calorifiques ; d’où la chaleur des régions neigeuses et le visage hronzé des personnes qui viennent d’y séjourner. L’appétit est augmenté, les muqueuses se dessèchent, les catarrhes rhinopharyngiens s’amendent, on se sent plus léger, plus résistant.

Quand on dépasse 3 000 mètres en Europe, 4 000 en Amérique, on peut éprouver le mal de montaejne , très analogue cliniquement au mal de mer, mais n’ayant pas la même pathogénie. Une ascension au delà de 3 000 mètres (Jourdanet l’a dit et P. Bert l’a démontré expérimentalement) équivaut à une désoxygénation barométrique du sang. 11 y a anoxémie résultant du manque de pression et qui fera d’autant plus vite sentir ses effets qu’on sera plus fatigué, (ju’on aura besoin de consommer plus d’oxygène. Le meilleur traitement sera donc le repos. Mais quand on est acclimaté, quand on a pris l’habitude de vivre sous une faible pression, c’est-à-dire

AEROTHERAPIE ET CLIMATOTHÉRAPIE.

à une grande altitude, il se fait une compensation hématopoiétique, une liypercytliémie qui prévient le mal de montagne. Le sang des animaux qui vivent dans ces altitudes présente une capacité d'absorption pour l’oxygène bien supérieure à celle du sang des animaux qui vivent en plaine.

Viault a montré que le nombre des globules rouges augmentait très vite à mesure qu’on s’élevait : de 5 000 000 par millimètre cube à Lima le 4 octobre, ses hématies passaient à 7 100 000 dans la Cordillère le 19 octobre, et à 8 000 000 le 27 octobre. Chez les animaux, mêmes constatations ont été faites, non seulement dans les Andes, mais encore dans les Alpes, les Pyrénées, etc. Le D" P. Regnard a vérifié cette hypercylhémie expérimentalement en faisant vivre des animaux dans une atmosphère décomprimée. En allant à la montagne, on acquiert donc un excès d’hématies qui permet de faire face à la consommation excessive d’un air raréfié ; le retour à la plaine amène la résorption lente de ces hématies en excès chez les individus bien portants. Chez les malades, les anémiques, les chlorotiques, les hyperglobuliques, la résorption s’arrête au niveau des gens bien portants, d’où un réel bénéfice. Même temporaire, la cure d’altitude est comme un coup de fouet qui change le chimisme de l’économie.

Donc la montagne sera bonne pour les anémiques, les chlorotiques, les affaiblis, les dyspeptiques, les tuberculeux; elle sera bonne aussi pour les neurasthéniques à cause de la pureté de son air, du silence, du calme qui y régnent.

Quelles sont les conditions que doit remplir une station de montagne ? S’il s’agit d’enfants jeunes, de nourrissons, ou d’enfants sevrés, mais n’ayant pas dépassé six ou sept ans, on ne demandera pas une grande altitude, sauf indication spéciale. On se tiendra entre ;i00 et 800 mètres. Dans la troisième enfance, entre sept ans et la puberté, on pourra aller à 1 000, 1 200 mètres; dans l’adolescence comme à l'àge adulte on pourra séjourner à 1 .‘>00 et 1 800 mètres. Dépasser ce niveau, dans nos climats, est parfaitement inutile et peut avoir des inconvénients.

La station choisie devra être protégée contre les vents du nord et exposée au md. Elle devra être adossée à une montagne ou assez voisine d’une montagne pour en être protégée, mais non masquée ni encaissée ; elle doit jouir d’une vue étendue et belle autant que possible. Le voisinage d’une forêt est à désirer; celui

LES MÉDICAMENTS CHEZ lÆS ENFANTS.

d’im lac peut aussi.ôtre agréable et utile à la fois, en tempérant la rudesse du climat, en égayant le paysage.

Avant de conduire des enfants ou môme des adultes à une grande altitude, il sera prudent de commencer par une altitude faible ou moyenne; il faut, en un mot, graduer la cure d’altitude.

Cette cure d’altitude a des indications multiples : en premier lieu la tuberculose qu’on soigne aujourd’bui dans des sanatoriums de faible ou moyenne altitude (Durtol en Auvergne, Vernet dans les Pyrénées-Orientales, I horenc dans les Alpes-Maritimes, Falkenstein [440 in.] en Prusse, ou dans des sanatoriums de grande altitude, Leysin, 4 464 m. ; Davos, 1 560 m.). Après la tuberculose, qui doit être traitée dans des conditions toutes particulières, et rarement appliquées aux enfants, nous indiquerons comme pouvant béné- ^ Acier largement de la cure d’altitude : l’anémie, la chlorose, les troubles de croissance, les convalescences, les dyspepsies, le lymphatisme ou scrofule légère, le nervosisme et la neurasthénie, certaines dermatoses eczémateuses ou prurigineuses, les états d’affaiblissement et d’épuisement sans lésions organiques appréciables, etc.

On ne mènera pas à la montagne, surtout dans les grandes altitudes, les asthmatiques et emphysémateux, les cardiaques, les rhumatisants, etc.

Enumératiox de quelques statioxs d’altitude. — Nous n’avons que peu, en France, de stations d’altitude où l’on puisse envoyer des enfants. Cependant nous citerons La Bourboule (850 m.), bien connue pour ses sources thermales, et qui pourrait être par surcroît aménagée pour des cures de moyenne altitude convenant aux enfants affaiblis tolérant plus ou moins mal la cure, arsénicale. On trouve en Auvergne, dans les Pyrénées, en Savoie, dans le Dauphiné, dans toutes lès Alpes françaises, des sites ravissants qui n’attendent qu’une installation convenable, comme ont su depuis longtemps la créer chez eux nos voisins les Suisses.

Parmi les stations utilisables à rbeurc actuelle, nous pouvons citer Saint-Gervais (Savoie), Cérardmer (Vosges), Les' Cor- ‘ bières (près d’Aix), d’altitude faible (moins de 700 m.); Aas (Basses-Pyrénées), près d’Eaux-Bonnes (800 m.), abritée par la montagne Verte, le Mont-Pilat (Loire, 4 200 m.), entouré de sapins, Chamonix (4 050 m.), le llcvard (4 545 m.), le Salève (4 474 m.), les VoirOns (4 456 m.), la Grave (4 526 m.), le Momie-

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tier (1 493 m.). Le>D'' P. Redard cite, parmi les stations à créer, dans les Pyrénées : Pont d’Espagne (1488 m.), lac de Gaube (1790 m.), Gavarnie (1 350 m.),-col d’Aspin (1497 m.), vallée du Lys (1 100 m.), lac d’Oo (1500 m.), etc.

En Suisse, nous trouvons une multitude de stations, les unes célèbres et très fréquentées, les autres de réputation moins étendue, d’allures plus modestes, où nous pouvons envoyer de jeunes sujets dont l’organisme a besoin du climat de montagne. On peut distinguer, dans ce pays si tourmenté, trois zones principales (D^H. Lœtscher) :

1“ Zone des plaines et collines, caractérisée par sa faible altitude (200 à 700 mètres), pouvant convenir aux enfants de tout âge; le climat de cette zone est égal, calmant, quand la station est bien abritée ; on peut souvent faire la cure de raisins.

2“ Zone des contreforts alpins, zone subalpine, avec altitudes .moyennes et fortes (700 à 1300 m.). Cette deuxième zone est excitante ; l’air chargé d’ozone est purifié par les forêts et les grands alpages ; elle convient aux enfants déjà grands.

3® Zone alpine ; grandes altitudes (1 300 à 2 500 m.) ; elle est exci, tante et ne convient qu’aux adolescents ; l’air est sec et raréfié la température est assez basse; la circulation, la respiration s’accélèrent, l’appétit augmente. On peut se servir de ces altitudes quand on veut donner à la nutrition un vigoureux coup de fouet., àlais il faut s’adresser à des sujets capables de le supporter.

Dans la zone des plaines et collines nous citerons:

1® Aigle (419 m.), non loin de Lausanne ; établissement d’hydrothérapie, cure de raisins.

2® Bex (435 m.), dans le canton de Vaud, station bien protégée contre les vents du nord, du nord-ouest et de l’ouest; hydrothérapie et eaux chlorurées sodiques fortes ; convient pour cette dernière raison aux lymphatiques, scrofuleux, rachitiques.

3® Lavey (433 m.), également dans le (canton de Yaud ; air léger et tonique, eaux sulfureuses. On peut y envoyer les enfants débiles, anémiques.

Rlieinfelden (270 m.), dans le canton d’Argovie; station chaude en été, bains' salins (scrolùle, anémie, rachitisme).

5® Montreux, Clarens, Vernex, Territet, Veylaux-Chillo7i, série de localités au nord-est du lac Léman, bien abritées par les montagnes auxquelles elles s’adossent, recevant la brise du

lac (380, 400, 410 m.). Localités iiii peu chaudes, à fréquenter au printemps et en automne. Les tuberculeux qui viennent de passer l’hiver à Cannes, Menton, etc., s’arrêtent souvent dans la région de Montreux avant de gagner les sanatoriums d’hiver (Leysin, Davos, etc.). Cette région, abritée des vents du nord, du nordouest et de l’est, jouit d’un climat doux et réconfortant; elle est pourvue de vignes. Elle convient aux sujets menacés de phtisie, souffrant de laryngites, d’emphysème, ayant eu des pleurésies, etc.

6“iS'2on(521 m.), dans le canton du Valais, est une station assez^ chaude, recommandable au printemps et à l’automne; cure de raisins.

7“ Yverdon (437 m.), dans le canton de Vaud, à l’extrémité du lac de Neuchâtel. Bains.

8“ Marges [3S0 m.), Nyon (404 m.).

9“ Glgon (687 m.), non loin de Territet, moins abrité; air assez vif.

10° Ileustrich (640 m.), dans le canton de Berne, sur le lac de Thoune ; air calme, climat un peu chaud convenant aux catarrheux; bains et source sulfureuse.

11“ lïUerlaken m.), dans le canton de Berne; climat doux et tonique, air très pur et salubre.

12° Saxon-les-Bams (478 m.), dans le Valais; eaux iodurées ; air vif.

13° Coù'c (590 m.), dans le canton des Grisons; localité abritée du nord.

14° Locarno (217 m.), dans le canton du Tessin ; sur le lac Majeur; station trop chaude en été, très abritée, végétation exceptionnelle, bonne au printemps, en automne et en hiver.

15° Lugano (275 m.), également dans le Tessin, station de printemps et d’automme, très abritée, pas de vent, bonne pour les cardiaques.

16° Ikigaz-Pfœfers (521 m.), neurasthénie, scrofule (eaux minérales).

17° StacheLberg (664 m.), dans le canton de Claris; eau sulfureuse.

ZoNic SUBALPINE. — Daus la zone des altitudes moyennes (700 à 1300 m.), on peut citer;

1° Les Avants (1 000 m.), dans le canton de Vaiul, non loin do Montreux, très accessible, protégée partout sauf au sud-ouest.

AÉROTHÉRAPIE ET CLIMATOTIIÉRAPIE.

pouvant être considérée à la fois comme station d’hiver et d’été.

2“ BaUaigiies m.), dans le canton de Vaud, près de Vallorbe ; station bien exposée, avec forêts de sapins dans le voisinage, convient aux convalescents, aux enfants chétifs, délicats, anémiques, lymphatiques.

3“ Charmey [SiOi m.), dans le canton de Fribourg, bien abrité, avec forêts de sapins.

4“ Faule7isée{%^^ m.), dans le canton de Berne ; eaux minérales diurétiques.

5“ Heide?i (806 m.), dans le canton d’Appenzell, près du lac de Constance ; cure de petit-lait de chèvre (purgatif et très diurétique).

6“ Gais (934 m.), et Teufen (836 m.), près d’Iieiden, station d’été bien protégée contre les vents du nord.

1° Salvan (923 m.), dans le Valais, convient aux enfants délicats et nerveux.

8° Sc/iœnb)'unn dans le canton de Zoug, station abri-

tée contre les vents froids, climat doux, convient aux nerveux ; établissement d’hydrothérapie.

9" Weissonbow'cj (878 m.), dans le canton de Berne; climat doux, station protégée contre le nord.

10“ Grmdelwald (1 057 m.), dans l’Oberland Bernois ; station tonique et reconstituante, convient aux convalescents, aux nerveux, aux délicats.

Les Plans de Frenières (1 120 m.), dans le canton de Vaud, abritée des vents du nord; station calmante, bonne pour les anémiques et neurasthéniques.

\2° Finhaut (1 237 m.), dans le Valais, air vif et tonique, séjour d’été.

13“ Sloos (1 290 m.), dans le canton de Schwylz, station bien abritée et entourée de bois.

14“ Tarasp-Schids (1 1 85 m.), dans le canton des Grisons; climat de montagne, assez doux, station abritée du nord, eaux minérales légèrement purgatives.

[VF La Ih'cvine (1 046m.), dans le canton de Neuchâtel, station d’été, eau minérale; convient aux anémiques, chlorotiques, neurasthéniques.

16“ Champéry (1 049 m.), dans le Valais, abrité du nord, exposé à l’est ; eaux minérales.

17“ Enyelbery (1019 m.), dans l’Unterwald; vallée encaissée,

bien abritée du nord ; cures de lait et petit-lait ; convient aux anémiques et convalescents.

18® IHderis (1 091 ni.), dans les Grisons; établissements balnéaires; belle forci; eau ferrugineuse convenant aux anémiques et chlorotiques.

19® Gryon (1130 m.), dans le canton de Yaud, au-dessus de Bex ; air vif et léger, peu excitant, convient aux rhumatisants.

20® Gurnîgel 133 m.), dans le canton de Berne.; eaux minérales, bel établissement ; convient aux dyspeptiques.

21® Villars[{ 275 m.), dans le canton de Yaud ; air pur, vif et fortifiant.

22® £'/m(1000 m.), dans le canton de Glaris.

23® S(^elisherg (848 m.), sur le lac des Qualre-Cantons.

24® Weissbad (820 m.), dans le cànton d’Appenzell ; climat doux, cure de petitvlait.

Dans la zone alpine, zone des grandes altitudes, zone tonique mais excitante, ne convenant qu’aux enfants déjà grands et assez résistants, nous citerons :

1° Arosa (1 892 m.), dans les Grisons, non loin de Coire; pas de brouillards, forte insolation; air frais et très excitant.

2“ La Maloja (1 817 m.), près du lac de Sils (Grisons) ; séjour d’été très excitant ; air sec, tonique, sans brouillards, beaucoup de vent.

3® Saint-Moritz > (1 77^1 m.), près d’un lac, avec forêts dans le voisinage (Grisons). Air vif, sec, insolation considérable, mais changements brusques à prévoir.

4® Pontremia (1 803 m.), dans les Grisons, près de Saint- Moritz ; climat tonique ; mais station trop mouvementée.

5® Zermatl (1 G20 m.), dans le canton du Yalais ; climat fortifiant convenant aux débilités et cachectiques ; les asthmatiques et catarrheux l’éviteront.

0° La Comballaz (1 364 m.), dans le canton de Yaud, air tonique, bon pour les convalescents.

7® Andermatt (1444 m.), dans la vallée du Rhône, près du Pont-du-Diable, manque un peu d’ombrages. Peut être considéré à la fois comme station d’hiver et d’été.

8“ Morgins (1 411 m.), dans le Yalais, protégé contre les vents du nord ; forêts de sapins, eau ferrugineuse, air tonique et excitant.

AÉROTHÉRAPIE ET CLIMATOTHÉRAPIE.

9° Louèche (1415 m.), également dans le Valais; station thei’male très fréquentée ; air pur. Exposition à l’est, voisinage de glaciers. .

10° Schimbercj (1425 m.), entre Lucerne et Berne, abrité, entouré de bois; eaux minérales.

11° Montana (1520 m.), dans le Valais, climat sec, lumineux, belle forêt.

12° TL7esm (1400 m.), dans les Grisons.

13° Belalp (2137 m.), dans le Valais, air vif, tonique et excitant; changements brusques de température à prévoir.

La liste que nous donnons pourrait être allongée ; nous somn^es loin d’avoir cité toutes les stations suisses; nous n’avons pas dit un mot de celles du Tyrol, où nous trouverions entre autres Méran (324 m.), climat très doux, station bien abritée par les montagnes, à fréquenter pendant l’hiver et le printemps.

Il fallait nous borner, nous avons choisi parmi les stations les plus connues et les plus accessibles.

Parmi les stations qui ne sont pas à proprement parler des stations d’altitude, mais des lieux d’hivernage agréables et utiles pour les phtisiques et débilités, il faut citer: Pau (205 m.), abrité du nord, jouissant d’un air calme, doux, sédatif; Madère^ caractérise par l’égalité de sa température; Alger ^ un peu trop ventilé ; Biskra et Le Caire^ meilleurs; Ahbazia (Autriche), bonne station d’hiver.

Stations HIVERNALES DE la Méditerranée. — L’admirable côte qui s’étend de Toulon à Gênes, sur la rive septentrionale de la Méditerranée, doit à la protection que lui assurent contre le nord les contreforts des Alpes, un ciel radieux et un climat enchanteur. Grâce à ce formidable écran, la Riviera ne connaît pas les hivers de l’Europe continentale. Peu ou pas de pluie, pas de brouillards, peu de vent, insolation merveilleuse ; tels sont les principaux avantages des stations hivernales de la Méditerranée. Sans doute ces avantages peuvent se retrouver en tout ou en partie à Ajaccio, en Algérie, au Caire, etc. Mais nulle part ils ne sont aussi sûrs ni aussi complets.

Le soleilbrille d’un si vif éclat, qu’en plein hiver, en décembre, en janvier, aumilieu.de la journée, on doit s abriter avec le chapeau de paille ou l’ombrelle. Cette lumière intense explique la végétation africaine qu’on rencontre sur ces plages d’Europe. Elle

explique aussi les efîets bienfaisants que les poitrines délicates éprouvent de ce climat, tant pour la facilité de la respiration, que pour la stimulation de la peau, des nerfs, des fonctions digestives. A ceux que le voisinage de la mer exciterait trop, on conseillera de s’élever un peu vers les collines adossées aux stations, de s’éloigner de la plage. Ceux qui sont calmes au contraire et qui ont besoin d’un peu d’excitation n’auront pas à redouter le voisinage de la mer.

Les stations auxquelles nous faisons allusion sont des stations hivernales; l’été elles sont trop chaudes et sont abandonnées par les malades. Quoique très ensoleillées et très abritées, il faut bien savoir que, d’un moment à l’autre de la journée, elles sont exposées à des variations de température considérables. Au coucher et avant le lever du soleil, l’air est très froid, et il convient de se vêtir très chaudement, de ne pas sortir avant que l’air soit réchauffé par le soleil ou quand il fait mauvais temps, de rentrer avant le coucher du soleil, de ne pas se fatiguer tout en restant dehors le plus possible.

Au point de vue de la douceur du climat, on peut ranger les principales stations dans l’ordre suivant: Menton, Cannes, Hyères, Nice, Saint-Raphaël, en France; San Remo, Alassio, Bordighera, en Italie. Voici, par ordre alphabétique, quelques renseignements sur les stations méditerranéennes:

1“ Alassio (province de Porto-Maurizio), protégé au nord et à l’ouest ; belle plage. Saison d’octobre à avril. En été, bains de mer.

2“ Bordighera (môme province), s’avance en promontoire sur la mer; beaux palmiers, admirable végétation. Station calme, mais exposée aux vents d’ouest et de sud-ouest ; on est donc soumis aux vents marins, à l’air salé (climat tonique et excitant).

3° Cannes (Alpes-Maritimes), la reine des stations méditerranéennes ; site admirable, belle végétation. Protégée contre les vents du nord, Cannes ne l’est pas contre ceux du sud; mistral presque inconnu et très atténué. Pas de brouillards, atmosphère lumineuse et chaude, pluie rare, température douce et régulière. Les enfants lymphatiques, scrofuleux, menacés de phtisie, se trouveront très bien à Cannes. Ceux qui ne seront pas excitables peuvent habiter près de la mer; les autres peuvent monter dans le haut de la ville ou sur les collines environnantes, aller habiter

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