‹ Les médicaments chez les enfantsChapitre 275 sur 385 · OSEILLE · texte numérisé non relu

OSEILLE

L’oseille, Rumcx acetosa (Polygonées), a des usages culinaires et des usages médicaux. C’est une plante acide, contenant (surtout les feuilles) de l’oxalate de potasse. Elle passe pour diurétique et antiscorbutique. On l’emploie comme laxatif et pour faciliter l’action des purgatifs (bouillon aux herbes). Son action antipériodique est môme certaine. On a dit que les feuilles d oseille mâchées par les enfants les préserveraient du croup. On a employé les feuilles d’oseille cuites en cataplasmes contre les engor-

OXYGÈNE

"ements inllammatoires, l’hygroma du genou, les adénopathies scrofuleuses.

Si l’usage de l’oseille cuite est avantageux pour les enfants constipés, il serait fâcheux pour les uricémiques et graveleux, pour les eczémateux, les urlicariens, etc.

OUABAÏNE

De l’extrait de ouabaïo (Apocynées), Arnaud a retiré un glucoside, l’ouabaïne cristallisable, peu soluble dans beau froide, soluble dans l’eau bouillante et l’alcool. C’est un poison violent, qu’on a préconisé contre l’asthme et la coqueluche. Il doit être prescrit à doses très minimes, comme dans la formule suivante :

Solution mère d’ouabaïne XVIII gouttes.

Sirop d’écorce id’oranges 30 grammes.

Eau distillée 150 —

En prendre trois, à quatre cuillerées à café par jour.

La solution mère contient 6 centigrammes d’ouabaïne pour .oO grammes d’eau distillée.

OXYCYANURE DE MERCURE

C’est un antiseptique moins irritant que le sublimé, n’attaquant pas les instruments de métal, et pouvant servir au lavage des mains. On prépare une solution à 1 p. 1000 comme pour le sublimé.

OXYGÈNE

L’oxygène est un gaz retiré du bioxyde de mercui-e par Priestley (1774), puis par Schecle (1773), étudié complètement par Lavoisier qui lui a donné le nom qu’il porte.

Cailletet et Raoul Pictet sont parvenus à le liquéfier et à le solidilier.

Il est un peu plus lourd que l’air dans la composition duquel il entre.

Ses applications médicales suivirent de près sa découverte.

I.NUALATiONS u'oxYGÈNc. — En 1780, Cliaussier fit respirer l’o.vygènc à des malades, pour comliattre l’asphyxie. En 1783, Caillens traita des phtisiques par les inhalations d’oxygène. A la fin

du xviip siècle ces inhalalions étaient devenues à la mode.

En Angleterre, Beddoes installe de magnifiques appareils pneumatiques qui lui servent à traiter presque toutes les maladies par l’oxygène, y compris la chlorose, l’épilepsie, l’asthme, la dyspepsie, l’hydrocéphalie, l’empoisonnement par l’opium, la scrofule, les fièvres, etc.

Mais bientôt cette médication nouvelle est discréditée et tombe dans l’oubli pendant cinquante ans. Demarquay réagit contre cette défaveur imméritée, et la vogue de l’oxygène reprend.

Il montre que les plaies baignées d’oxygène rougissent, bourgeonnent, s’irritent (la cicatrisation des plaies atoniques est favorisée); plus tard, on devait montrer que l’oxygène avait une valeur antiseptique et pouvait jouer un rôle actif dans les plaies infectées.

Les effets généraux de l’oxygène inhalé sont bien connus. Déjà, il y a plus d’un siècle, Priestley, Ingenhousz, s’étant soumis aux inhalations d’oxygène, en avaient ressenti des impressions agréables; la respiration était plus libre, la force plus grande, l’appétit meilleur, etc. C’était unaw’ de luxe, suivant l’expression de Priestley.

Demarquay a confirmé ces appréciations : bien-être, ivresse parfois, pouls plus fort et plus fréquent, gaieté, exaltation de l’intelligence, respiration facilitée, augmentation de l’appétit et de la soif. Il insiste sur l’innocuité de l’oxygène: « Quand on peut, dit-il, respirer impunément 20 à 30 litres d’oxygène, on ne comprend pas les craintes exprimées à son endroit par plusieurs chimites et physiologistes. »

En résumé, l’oxygène augmente le nombre des respirations, des pulsations, accroît l’hémoglobine du sang et les hématies, et agitsur la nutrition comme un stimulant. La compression exagère ses propriétés excitantes.

Indications. — En premier lieu, l’oxygène est indiqué dans les maladies de l’appareil respiratoire, avec dyspnée, cyanose, tendance à l’asphyxie : bronchite capillaire, broncho-pneumonie, dilatation des bronches, croup, laryngites graves.

Dans la phtisie pulmonaire, l’oxygène a été vanté et honni sans mesure; il n’est en tout cas qu’un palliatif.

Dans l’asthme, au moment de la crise, il rend des services.

Dans l’emphysème de môme, ainsi que dans la coqueluche.

OXYGÈNE

Dans cette dernière maladie, on a proposé d’associer à l’oxygène des vapeurs médicamenteuses (bromoforme, bromure de camphre, eau de laurier-cerise — Lacroix, Thèse de Paris, 9 juin 1898).

Dans tous les genres d’asphyxie, dans l’asphyxie des nouveaunés, et dans l’asphyxie par le charbon notamment, on doit employer largement les inhalations d’oxygène.

De même dans les accidents dûs à l’anesthésie par l’éther ou par le chloroforme et dans les divers empoisonnements.

Dans la dyspnée d’origine cardiaque (asystolie, cyanose congénitale), dans les néphrites, l’urémie, les inhalations d’oxygène sont formellement indiquées.

L’anémie et la chlorose s’en trouvent également très bien ; le rachitisme grave, le scorbut infantile, l’athrepsie, l’hémophilie ne peuvent que bénéficier des inhalations d’oxygène.

De même le diabète, le choléra, les septicémies, les vomissements, la paralysie diphtéidque.

Il est particulièrement indiqué dans la gangrène des extrémités.

Doses et mode d' administration. • — Aujourd’hui l’oxygène se délivre chez tous les pharmaciens sur ordonnance du médecin par ballons de 30 à 40 litres, depuis que Limousin, il y a vingt ans, imagina un mode de préparation simple et pratique.

Dans une cornue en acier, il place 100 grammes de chlorate de potasse très sec et 40 grammes de peroxyde de manganèse pur ; cette cornue, formée de deux calottes hémisphériques vissées est mise en communication par un tube en caoutchouc avec un flacon laveur contenant une solution de potasse caustique et mise en relation avec un hallon de caoutchouc. On chauffe la cornue avec une lampe à alcool, et l’oxygène se dégage rapidement; on peut en obtenir 30 litres en quelques minutes.

Le gaz étant emmagasiné dans le ballon en caoutchouc, on le fait inhaler à l’aide d’un tube terminé par un embout de porcelaine, de verre, ou d’ivoire. Le malade est obligé d’aspirer avec la bouche, à moins que l’embout ne soit introduit dans le nez.

C’est une gêne et une fatigue, surtout chez les enfants. Je me suis toujours bien trouvé de remplacer l’embout par un entonnoir qui, maintenu à quelques centimètres du visage, permet d’inonder les narines et la bouche d’oxygène, sans participation active du malade.

Quand il s’agit de nouveau-nés, d’athrepsiques, de débilités,

placés dans une couveuse, on fait arriver l’oxygène largement sous le couvercle de la couveuse et on accroît ainsi les chances de viabilité de l’enfant.

Les doses d’oxygène doivent être fortes ; on ne doit pas craindre, en cas d’urgence, d’employer 30, 40, 60 litres en quelques heures. D’ordinaire, je prescris une inhalation de 5 à 6 litres toutes les heures ou toutes les deux heures.

Eau oxygénée. — En 1818, Thénard découvrit le bioxyde d’hydrogène (IPO^), combinaison chimique d’eau et d’oxygène. C’est Teau oxygénée qu’il faut distinguer de l’eau oxygcnatée qui est une eau simplement chargée d’oxygène, comme l’eau de sellz est chargée d’acide carbonique.

Il y a plus d’un siècle qu’Odier de Genève l’a préconisée en médecine comme tonique, antispasmodique, diurétique (1798). Ozanam (1869) Ta proposée contre le goitre et le crétinisme. En 1880, Regnard a montré sa valeur antiseptique, Damaschino ne tarda pas à en faire l’épreuve contre le muguet ; des badigeonnages avec une eau oxygénée à 12 volumes arrêtèrent le développement de l’oïdium.

J’ai pour mon compte employé les injections d’eau oxygénée dans la pleurésie putride, et constaté ses propriétés désodorisantes et antiseptiques.

Plusieurs chirurgiens, Baldy en 1879, et tout récemment J. Lucas-Championnière (Académie de médecine, déc. 1898) ont vanté les propriétés de Tcau oxygénée pour le pansement des plaies putrides, gangréneuses, etc.

On imbibe des compresses de tarlatane qu’on place sur la plaie et on recouvre de taffetas chiffon ; s’il s’agit d’une cavité, on injecte Teau oxygénée avec une'seringue ou un laveur; on peut faire des irrigations, pulvérisations, gargarismes (diphtérie).

On peut l’utiliser dans la vulvo-vaginite des petites filles, dans Totorrhée ou les ophtalmies.

Outre ses propriétés antiseptiques, Teau oxygénée a des propriétés hémostatiques; dans les épistaxis rebelles, Gelléfils (1896) a montré que les applications de tampons imbibés d’eau oxygénée pouvaient arrêter l’hémorragie.

Dans les vomissements incoercibles, on peut, à l’exemple de P. Gallois, prescrire Teau oxygénée à l’intérieur; on en prend une à deux cuillerées dans un verre d’eau ou de lait.

Page 1