‹ Les médicaments chez les enfantsChapitre 341 sur 385 · SIROPS · texte numérisé non relu

SIROPS

Voici les formules de quelques sirops.

Sirop antiscoiuiutique :

Feuilles récentes de coeliléaria

— cresson > 100 graniines.

Racine récente de raifort )

Feuilles sèches de. ményanthe 10 —

Écorces d’oranges amcros 20 —

Cannelle de Ccylan 5 —

Vin blanc 400 —

Sucre blanc 500 —

Sirop de chicorée composé ;

Rhubarbe de Chine ) ^

Racine sèche de chicorée i “

Feuilles sèches de chicorée

— de fumelcrre 1 ^

— de scolopendre )

Baies d'alkékenge

Cannelle de Ceylan I ^

Santal citrin j

Sucre blanc . .

Sirop des cinq racines :

Racine d’ache \

— d’asperge i

— de fenouil J .-ui 10 grammes.

— de persil ^

— de petit houx ;

Eau bouillante 300 —

Sucre blanc 200 —

Sirop DE salsepareille composé (Cuisinier).

.Salsepareille Honduras

Fleurs sèches de bourrache.

— de roses [làles

Feuilles de séné

Fruits d’anis vert

Sucre blanc /

• > . . ilil

Miel )

Eau

100 grammes.

Sirop d'ipéca composé (Dcsessnrl/) :

Ipéca concassé

Seriiolet

Feuilles de séné

Sulfate de magnésie

l-'leurs de coquelicot...

Vin blanc

Eau de fleurs d’oranger

Eau bouillante

Sucre

3 grammes.

75 grammes.

SODIUM

Le sodium est un métal isolé par Davy, en 1807. Inusité en médecine à l’état do pureté, ses combinaisons chimiques, si répandues dans la nature, ou réalisées dans les laboratoires, sont d’un usage courant. Nous allons les passer en revue.

Chlorure de sodium. — Le chlorure de sodium ou sel marin est le sel ordinaire de cuisine. II est extrait de l’eau de mer ou de salines naturelles (sel gemme, eaux de Salies-de-Béarn, etc.). Sa solubilité dans l’eau froide est assez grande (40 p. 100 environ). Le mélange de sel marin et de glace pilée (33 de sel p. 100 de neige) abaisse la température à 21°.

Le chlorure de sodium entre dans la composition de l’eau de mer, dans la proportion de 3 à 4 p. 100 ; on le trouve dans un grand nombre d’eaux minérales chaudes ou froides, dans les plantes, les humeurs des animaux, etc. Le sérum du sang humain contient 4 à b p. 1000 de chlorure de sodium.

La peau ne se laisse pas pénétrer par le sel marin, mais les muqueuses s’en imprègnent au bord de la mer, au contact de la brise marine ; l’action locale est irritante, aussi bien sur les muqueuses que sur les téguments qui réagissent et sécrètent plus abondamment. Un contact trop prolongé ou trop répété peut amener de la dermite, des poussées eczémateuses, etc. Le sel augmente les combustions organiques, accroît l’élimination de l’urée élève la température centrale, favorise la multiplication des héma ties, en un mot développe la nutrition. C’est pourquoi les éleveurs mêlent le sel marin à l’alimentation de leurs bêtes. La diminution du sel dans le sang prédispose à ralbuminurie.

Le sel marin provoque la sécrétion de la salive et du suc gastrique ; c’est un condiment utile à la digestion; à dose moyenne, il constipe ; à dose forte, il purge (c’est un purgatif dialytique). On a dit que le sel marin augmentait la sécrétion lactée et on l’a préconisé pour les vaches laitières et les nourrices. IMais, peut-être, n’agil-il qu’indirectementen augmeulant la soif et poussant àboirc. L’usage prolongé et abusif des aliments salés expose au scorbut.

Les principales proj)iMétés du sel marin sont donc: 1° à l’intérieur, stimulant de la nutrition ; 2° purgatif ; 3“ à l’extérieur, irritant local.

SODIUM

La médication chlorurée sodiqne joue un grand rôle dans la scrofule et le rachitisme ; elle est peu utilisée pour l’usage interne (lait salé, cresson, etc.) ; mais elle est journellement employée sous forme de bains, de douches, de compresses, etc.

Le séjour sur les bords de la mer, soit qu’on se contente de respirer les eflluves salés de la plage, soit qu’on prenne des bains de lame ou des bains de mer chauds, rend les plus grands services aux scrofuleux, rachitiques, anémiques, lymphatiques, tuberculeux des os, qui fréquentent les stations maritimes de l’Europe (Voy. Bains de mer). Adéfaut du traitement marin, les bains chlorurés sodiques de Salies-de-Béarn, Briscous-Biarrilz, Salins, Kreuznach, Bourbonne, etc., doivent être recommandés dans les mêmes maladies.

A domicile, on se trouvera encore très bien des bains salés (chlorure de sodium, 1, 2, 3 kilogrammes par bain, suivant l’âge) dans le rachitisme, la scrofule, etc. La balnéation chlorurée sodique forte réussit merveilleusement en pareil cas. Dans d’autres maladies (albuminurie, cardiopathie), les eaux chlorurées sodiques faibles sont préférables (Saint-Nectaire, Bourbon- Lancy, Royat, etc.).

Les injections sous-cutanées ou intra-veineuses d’eau salée, à b, 7, 10 p. 1000, sont reconnues efficaces dans les diarrhées infantiles, le choléra, l’athrepsie, les septicémies, etc. (Voy Sérothérapie). Les lavements à' eau salée sont à recommander contre les oxyures vermiculaires.

Dans l’empoisonnement par le nitrate d’argent, on fera boire à l’enfant de l’eau salée (50 grammes par litre) en abondance. Il se forme alors du chlorure d’argent insoluble, donc inoffensif; et c’est dans ce but qu’on recommande les badigeonnages salés après les cautérisations de la conjonctive par le nitrate d’argent.

A Kreuznach, à Salies et ailleurs, on a l’habitude d’appliquer, sur les engorgements ganglionnaires des scrofuleux, des compresses imbibées d’eaux salées ou d’eaux-mères provenant des sources salines. Ces compresses amènent «une action résolutive manifeste.

Gomme on le voit, les applications médicales du chlorure de sodium sont très importantes en médecine infantile et nous faisons incessamment appel aux eaux salines (Voy. Eaux minérales) dans la thérapeutique des maladies cliniques de l’enfance.

IIypoculoiute de sodium. — Ce sel forme la base de la liqueur de Labarraque, qui est antiseptique par le dégagement de chlore auquel elle donne lieu.

S’emploie en irrigations, à la dose de 50 grammes par litre d’eau.

Bromure de sodium. — Le bromure de sodium est un succédané de bromure de^)o^rtssû/m (Voyez ce mot). 11 est très soluble dans l’eau (parties égales au moins) et peut se prescrire dans toutes les circonstances où le bromure de potassium intervient (insomnie, nervosisme, épilepsie, hystérie, chorée, convulsions, etc.). On le suppose moins toxique que le bromure de potassium. On peut l’associer à ce dernier et à d’autres bromures analogues :

Bromure de sodium

— de potassium

— d’ammoüium

— de strontium

Sirop d’écorces d’oranges amères Eau distillée

Prendre une cuillerée à café de cette potion trois, quatre ou cinq fois par joui, suivant l’âge.

La dose moyenne est de 20 centigrammes, par jour et par année d’âge ; mais, en cas d’urgence, elle peut être triplée.

loDURE DE sodium. — Ce sel, analogue à l’iodure de potassium, dont il partage les propriétés résolutives, est très soluble dans l’eau. 11 se prescrit comme l’iodure de potassium, à la dose de 10 à 20 centigrammes par jour et par année d’âge. Il trouve son emploi dans la syphilis héréditaire tardive, dans les néphrites chroniques, les catarrhes bronchiques persistants, l’asthme et l’emphysème (Voy. Potassium).

Sulfure de sodium. — Le sulfure de sodium joue un grand rôle dans la médecine thermale, car c’est lui qui sert de hase aux principales eaux sulfureuses : Ludion, Eaux-Bonnes, Barèges, etc. (Voy. Soufre).

Avec le foie de soufre ipentasulfure de sodium)., on préparait autrefois les bains sulfureux moins usités chez les enfants que les bains salés, mais cependant encore assez souvent prescrits ; aujourd’hui, on prépare les bains sulfureux avec un mélange de monosulfure de sodium et de carbonate de soude (50 grammes de chaque).

Soude. — La soude pure ou hydrate d’oxyde de sodium, soude

;ia 2 grammes.

SODIUM

caustique^ n’est pas utilisée en médecine infantile; par contre, ses sels sont d’un usage quotidien. Ils sont très solubles dans l’eau ; nous allons passer en revue les principaux. Nous ne parlerons pas du borate de soude, dont nous avons dit quelques mots à l’article Acide borique^ ni du phosphate et hypophosphite de soude (Voy. Phosphore).

Arséniale de soude. — Ce sel forme la base de l’eau de la Bourboule, qui en contient jusqu’à 28 milligrammes par litres (Yoy. Arsenic).

C’est un médicament très actif, prescrit dans la scrofule, l’asthme, l’anémie, etc., à la dose de un milligramme par jour et par année d’àge au maximum ; il ne faut pas en continuer indéfiniment l’emploi, mais suspendre après dix ou quinze jours, pour éviter l’accumulation.

Nitrate de soude ou azotate de soude ; c’est le salpêtre, très soluble dans l’eau, ayant des propriétés diurétiques, analogues à celles du nitrate de potasse; on le prescrit, dans une tisane sucrée, à la dose de 1 à 2 grammes par jour.

Chlorate de soude. — Le chlorate de soude peut remplacer le chlorate de potasse, dans le traitement des stomatites. Il est moins toxique que son congénère : dose 1 à 2 grammes par jour en potion, 10 grammes en gargarismes.

Carbonate de soude. — Le carbonate de soude neutre sert à la préparation des bains alcalins ; on met dans la baignoire, pour un enfant de cinq à dix ans, 50 à 100 grammes de carbonate de soude. Le carbonate acide ou bicarbonate de soude est un médicament très employé pour l’usage interne, à cause de ses qualités antiacides, eupeptiques, laxatives. 11 est connu vulgairement sous le nom de sel de Vichy. Les eaux de Vichy en effet sont des bicarbonatées sodiques contenant 4, 5 grammes et plus de bicarbonate de soude par litre. Les oaux de Vais, de Saint-Galmier, sont également bicarbonatées sodiques. Le même sel se retrouve en proportion moindre, mais très notable, dans les eaux de Saint-Nectaire, Koyat, La Bourboule, et dans une multitude d’eaux minérales françaises ou étrangères. (Voy. Eaux minérales).

Les eaux bicarbonatées sodiques peuvent être prescrites assurément dans Tenfance, et môme chez les nourrissons, dans les cas de vomissements, flatulences, dyspepsie, lientérie. On peutdonner à un nourrisson, qui digère mal, une cuillerée à café d’eau de

Vichy ou d’eau de Vais avant la tétée. Dans la seconde enfance, la même pratique peut être suivie en augmentant les doses. Mais alors je préfère administrer le sel en poudre (paquets ou cachets), en l’associant, suivant les circonstances, à la magnésie, au henzonaphtol, à la craie, au bismuth, à la noix vomique, etc. Exemple.

Bicarbonate de soude \

Magnésie calcinée ( a7i 0 gr. 20

Benzonaphtol )

Poudre de noix vomique 0 gr. 01

Pour 1 paquet, n® 30; en prendre 3 par jour avant le repas dans une cuillerée à café de lait, pour un enfant de trois à six ans, dyspeptique et constipé.

Bicarbonate de soude

Craie préparée ,

Phosphate basique de chaux

Benzonaphtol

Id. pour dyspeptique ayant la diarrhée.

Dans quelques cas de dyspepsie acide douloureuse, on pourra prescrire le bicarbonate de soude à plus fortes doses, après le repas (2, 3, 4 grammes). S’il y a ulcère de l’estomac, héinatémèses, les doses pourront encore être plus élevées, afin de neutraliser complètement l’acidité du suc gastrique.

Localement, le bicarbonate de soude agit efficacement contre le muguet de la bouche et de la gorge : lavages à l’eau de Vichy, badigeonnages avec une solution de bicarbonate de soude à 5 ou dOp. 100.

Sulfate de soude. — Le sulfate neutre de soude (sel de Glauber) est un des meilleurs purgatifs salins que nous connaissions; il est très soluble, et entre dans la composition de plusieurs eaux minérales naturelles (Hunyadi-Janos, Carabana, Miers, Ydes, etc.). Je le prescris à la dose de 2 grammes par année d’âge, à prendre en une fois le matin à jeun.

Exemple :

Sulfate de soude 10 grammes.

Sirop de groseilles 10 —

Eau 120 -

Pour un enfant de cinq ans.

Pour avoir des elTets éméto-cathartiques, je l’associe au tartre stibié :

aa 0 gr. 20

Sulfate de soude

Eméli(|ue

Sirop simple

A prendre en plusieurs Ibis daus l’espace

20 grammes.

0 gr. Oô

d’une heure (eufaut de dix uns).

SODIUM

On donne aussi le sulfate de soude en lavement, associé au séné (lavement purgatif du Codex).

Pour un enfant de huit à dix ans.

Snlfovinate de soude. — Ce sel est un purgatif comme le précédent ; très .soluble dans l’eau, il a une saveur plutôt agréable, mais il est peu stable et sa préparation peut faire intervenir de la baryte ou de l’arsenic, agents dangereux qu’il faut absolument écarter. La dose est de 1 à 2 grammes par année d’âge :

Sulfovinate de soude ; 10 grammes.

Sirop de groseilles 20 —

Eau 150 —

A prendre le matin à jeun (enfant de cinq ans).

On peut le mêler à l’eau de seltz.

Tartrate de soude. — Ce sel, également purgatif, se donne à la dose de 2 grammes par année d’âge, dans de l’eau édulcorée ou gazeuse :

Tartrate neutre de soude 10 grammes.

Sirop de cerises 20 —

Eau 150 —

(Enfant de cinq ans.)

Le tartrate double de soude et de potasse de Seignette) est aussi

un purgatif qu’on peut administrer dans le lait.

La dose est la même que pour le sel précédent.

Le citrate de soude peut être employé comme le citrate de magnésie pour faire une limonade purgative. Tous ces purgatifs sont diurétiques, quand on les prescrit à faibles doses.

Acétate de soude. — Ce sel a les mêmes propriétés que l’acétate de potasse, il est diurétique; il ne devient purgatif qu’à doses fortes. On le prescrit à l’intérieur, à la dose de 1 à 4 grammes par jour.

Henzoate de soude. — Le benzoate de soude, comme le benzoate de lithine, est un médicament alcalin et dialytique, applicable à l’arthritisme et à la gravelle. Mais on a voulu employer le benzoate de soude* dans les alTections des voies respiratoires (bronchites, coqueluche) et Lctzericli l’a préconisé â hautes

Sulfate de soude . .

Follicules de séné Eau bouillante

10 grammes.

5lf8 LES MÉDICAMENTS CHEZ LES ENFANTS.

doses dans la diphtérie. En même temps qu’il pulvérise le sel sur les fausses membranes, il fait prendre à l’intérieur une solution ou une potion contenant 5 ou 10 grammes de benzoate de soude. On donne une cuillerée à dessert de la potion toutes les heures. (Dans cette méthode, la dose de benzoate de soude est de 1 gramme par jour et par année d’âge).

Page 1