‹ Les médicaments chez les enfantsChapitre 343 sur 385 · SON · texte numérisé non relu

SON

Le son est l’écorce de graines de céréales obtenue par la mouture; on se sert surtout de son de blé ou de seigle. Il contient une grande proportion de cellulose (34 p. 100), d’amidon (21p. 100), d’eau (12 p. 100), une faible proportion do dextrine (7 p. 100), albumine (5 p. 100), etc.

En médecine, le son est employé à l’intérieur comme laxatif

SOUFRÉ

(Voy. pain de Graham)^ àl’extérieur comme émollient. La décoction de son peut se donnei- en lavement.

Mais on emploie surtout le son en cataplasmes comme la farine de graines de lin, ou en bains. Dans certaines contrées, on a préconisé l’élevage des enfants dans le son ; le berceau est rempli de son et l’enfant y plonge tout entier jusqu’au cou; les urines et matières forment avec le son des boules plus ou moins grosses, l’enfant n’est jamais souillé par ses déjections. Mais ce mode de couchage est toujours resté exceptionnel.

> SOUFRE

Le soufre est un métalloïde très répandu dans la nature, pur,

-■ ' ou en combinaison avec des minéraux ou des corps organiques.

' Il est deux fois plus lourd que l’eau dans laquelle il est insoluble, se liquéfie à 120 degrés, se dissout dans l’éther, le chloroforme, l’essence de térébenthine, le sulfure de carbone. En médecine, on distingue le soufre précipité et le soufre sublimé ou fleur de soufre.

• Le soufre précipité, très divisé, très fin, s’obtient en traitant une r solution de polysulfure alcalin par l’acide chlorhydrique; il est

blanc. Le soufre sublimé s’obtient par condensation des vapeurs de soufre ; il a une couleur jaune.

Dès l’antiquité, on connaissait les principaux usages médicaux du soufre ; Pline parle de ses applications aux dermatoses, aux ■ catarrhes pulmonaires ; il servait à désinfecter les maisons ;

Galien le recommande contre les plaies. Le soufre en poudre tue i les petits cryptogames et son action contre l’oïdium de la vigne

t est bien connue ; il tue aussi les insectes. Le contact prolongé du

soufre irrite la peau (érythème), la conjonctive (ophtalmie), les bronches, l’intestin.

: A dose faible, le soufre n’est pas toxique, et il agit comme un

J stimulant des sécrétions bronchiques et gastro-intestinales. A dose forte, il purge, excite les contractions intestinales ; il est également vermifuge. C’est un expectorant et un sudorifique. Une partie du médicament est éliminée par les voies respiratoires et ^ par la peau, la plus grande partie étant évacuée avec les selles. *. L’urine et le lait exhaleraient une odeur sulfureuse chez les nourrices qui prennent du soufre.

*j On a prescrit le soufre dans la phtisie pulmonaire, les bron- .• .

chites, l’asllime, la coqueluche, etc. Le D’’ de Smet, dans la bronchite chronique, conseillait l’électuaire suivant :

Fleur de soufre 10 grammes.

Poudre de quinquina 5 —

Sirop d’althœa Q. S.

En prendre une cuillerée à café deux, trois ou quatre fois par jour.

Le D'’ Duché a prescrit le soufre à l’intérieur dans la diphtérie (25 à 50 centigrammes par jour).

Sénéchal a traité le croup par l’électuaire de soufre et les insufflations soufrées. Dans l’intoxication saturnine, l’élecluaire de soufre est très recommandable. Chez l’enfant, le soufre en poudre peut s’administrer dans du lait, du miel, de la confiture, en pastilles, etc. Les pastilles du Codex contiennent 10 centigrammes de soufre. Voici une formule de potion soufrée :

Soufre

Mucilage

Sucre

Essence de menthe

Une cuillerée à café toutes les deux heures.

1 gramme.

25 grammes.

II gouttes.

Dans la coqueluche, Archambaud prescrivait :

Soufre sublimé et lavé .3 grammes.

Sucre de lait : 6 —

Pour 30 prises, 1 à 3 par jour.

Le soufre a été utilisé également contre la scrofule, l’arthritisme, l’herpétisme. Mais c’est surtout en applications locales que le soufre a de l’efficacité. Son triomphe est dans le traitement de la gale ; autrefois, il était prescrit à l’intérieur contre cette maladie, au jourd’hui on se contente des applications locales. Chez les enfants un peu grands, on peut se servir de la pommade de Delmerich qui a pour formule :

Soufre sublimé et lavé 10 grammes.

Carbonate de potasse. . .

Eau distillée

Huile d’amandes douces Axonge 35 —

Après un bain suivi d’une frotte au savon noir, on enduit le corps de cette pommade; on se couche sans l’enlever, et le lendemain on prend un bain de propreté.

Chez les enfants jeunes ou ayant des lésions cutanées secon-

SOUFRE

claires, cette pommade est trop irritante; on l’emploiera mitigée à parties égales d’axonge ou on la remplacera par le baume du Pérou (Voy. ce mot), le styrax, etc.

Contre l’eczéma séborrhéique, sans acuité, sans dermite vive, contre le pityriasis capitis (pellicules), contre le pityriasis versicolor, on se servira avec avantage d’une pommade soufrée à 1/10, 1/20, 1/30 ainsi formulée ;

Fleur de soufre 1 gramme.

Axonge 10 à 30 grammes.

Onctions matin et soir.

On commencera par le titre le plus faible (pommade à 1/30) et, en cas d’insuccès, on emploiera la pommade à 1/20 ou 1/10.

La même pommade peut être employée avec succès dans Vacné ponctuée de la face, assez commune chez les fillettes aux approches de la puberté et contre la couperose (acné rosée), plus rare.

Mais il est préférable d’avoir recours à la lotion soufrée ;

Soufre précipité 10 grammes.

Alcool à OO® 40 —

Eau 200 —

Agiter avant de s’en servir; lotionner la face le soir en se couchant; le lendemain matin, laver à l’eau savonneuse tiède; recommencer le jour suivant.

Acide sulfureux. — On a préconisé les vapeurs du soufre en combustion (acide sulfureux) contre la coqueluche; mais ce traitement n’a pas pris faveur, et les vapeurs sulfureuses ne sont guère utilisées en médecine que pour la désinfection des locaux. On fait brûler 20 grammes de soufre par n“iètre cube. La pièce doit être hermétiquement close.

Acide sulfurique. — C’est un liquide dense (1,84), incolore, inodore, très avide d’eau, et partant très caustique. Acide très énergique, dilué à 1 p. 1000, il rougit encore le papier de tournesol. Ingéré, il brûle atrocement la gorge et l’œsophage et peut laisser à sa suite un rétréci.^sement cicatriciel. Sa causticité peut être utilisée pour l’usage externe : destruction des verrues. Mais il y a d’autres caustiques préférables. Tour l’usage interne, on se sert de l’acide sulfurique très dilué dans les hémorragies diverses, en particulier dans les hémoptysies, et dans l’intoxication saturnine.

On prépare la limonade sulfurique avec :

Eau

Sirop

Acide sulfurique

900 grammes.

On prépare encore la limonade sulfurique avec l’eau de Rabel qui contient une partie d’acide sulfurique pour trois parties d’alcool à 90°; on en met alors 4, G ou 8 grammes par litre. La limonade sulfurique doit être préparée et maintenue dans un récipient en verre ; elle attaque les métaux.

Acide sulfhydrique. — L’acide sulfhydrique ou hydrogène sulfuré est un gaz infect, ayant l'odeur des œufs pourris, très toxique, et partant inutilisé en pharmacie. iMais certaines eaux minérales naturelles( Allevard, par exemple), contiennent une faible proportion d’acide sulfhydrique qui les rend précieuses pour certaines formes de phtisie, de catarrhe bronchique, etc. Dans ces eaux, l’hydrogène sulfuré agit comme tonique stimulant, qui convient particulièrement aux enfants lymphatiques et scrofuleux, mous, peu excitables. Il agit aussi très favorablement dans plusieurs dermatoses chroniques (eczémas, etc.). Le contre-poison de l’hydrogène sulfuré, gaz essentiellement asphyxiant, est l’oxygène (inhalations, eau oxygénée).

Sulfures ALCALINS. — Tous les sulfures alcalins (potassium, sodium, calcium) sont des réservoirs d’hydrogène sulfuré, qu'ils dégagent avec la plus grande facilité ; toutes les eaux sulfureuses frappent par leur odeur d’œuf pourri : ces sulfures sont de dilTérents degrés suivant les proportions du métalloïde, et on distingue des mono, des bi, des tri, des tétra et des pentasulfures.

Sulfure de potassium. — On emploie le trisulfure pour la préparation des bains sulfureux ; il dégage de l’hydrogène sulfuré. Jurine l’a préconisé pour l’usage interne dans le croup, à la dose de 1/2 à 1 gramme, par doses de 5 à 10 centigrammes toutes les deux heures ; Rilliet et Barthez le recommandent ; ils n’ont pas réussi à le faire adopter. Par contre, les bains sulfureux sont toujours très employés dans les douleurs rhumatismales, la chorée, l’intoxication saturnine, etc. (50 à 100 grammes par bain). Le Codex indique un bain sulfuro-gélatineux préparé avec 100 grammes de trisulfure de potassium et 250 grammes do gélatine concassée. On fait tremper la gélatine dans un litre d’eau froide pendant une heure; on achève la dissolution par la chaleur, et on verse dans l’eau du bain.

Sulfure de sodium. — Propriétés analogues à celles du précédent; c’est l’élément minéralisateur de la plupart des eaux sulfureuses : Ludion, Barèges, Eaux-Bonnes, Cauterets, Saint-

SOYA HISPIDA.

Sauveur, Amélie-les-Baius, le Vernet, Molitg-, Ax, Olette, Escaldas, la Preste, Carcanières, Castera-Verduzan, Uriage, Mariiez, Challes, Saint-Honoré. La plupart de ces eaux sont chaudes; parmi les sulfurées sodiques froides, il faut citer Labassère, Argelès-Gazost, Challes. Toutes sont alcalines.

Pour les bains sulfureux, Anglada conseillait le mélange suivant :

Monosulfure de sodium 32 grammes.

Carbonate de soude 42 —

Sulfate de soude 16 —

Chlorure de sodium 5 —

Eau 200 litres.

Pour un enfant, doses moitié moindres.

Le bain de Barèges artificiel du Codex a pour formule :

Monosulfure de sodium cristallisé 60 grammes.

Chlorure de sodium sec 60 —

Carbonate de soude sec 50 —

Sulfure de calcium (Voy. calcium).

Sidfw'e de magnésium. Inusité.

Sulfates. — Très employés en médecine, ces composés sont étudiés aux articles potasshmi, magnésie.^ cuivre, zinc, etc.

H YPO SULFITES. — Lcs hyposulfites, surtout ceux de soude, ont été préconisés dans la phtisie et les les bronchites fétides, et Lancereaux a retiré de grands avantages de la préparation suivante :

Hyposulfite de soude 4 grammes.

Julep gommeux 120 —

Contre le pityriasis versicolor, les lotions avec une solution d’byposullite de soude à 5 p. 100 sont assez efficaces.

SOYA HISPIDA

Le soja ou soya (famille des Légumineuses) croît en Asie. Les graines servent à la préparation d’un lait, d’un fromage, d’une liqueur, usités dans ce pays. Ces graines sont extrêmement riches en matières protéiques et en phosphore; elles en contiennent plus que la viande de bœuf. Il était donc à prévoir qu’on utiliserait la farine de soya pour l’alimentation des diabétiques. Avant de panifier cette farine, il a fallu la débarrasser d’une huile acre et purgative qu’elle contient. Cela fait, on a fabriqué dos biscottes et

un pain qui remplacent avantageusement le pain de gluten. Le pain de soya n’a pas de saveur désagréable, et il reste frais pendant 4 à S jours.

SOZOlODOL

Le sozoiodol, acide sozoiodolique, acide diiodoparaptiénolsulfurique, se présente sous forme d’aiguilles cristallines solubles dans l’eau, la glycérine et l’alcool. On l’a proposé comme succédané de l’iodoforme. On l’emploie en poudre à o, 10, 20 p. 100 (mélangée avec carbonate de chaux), en solution, en collodion.

SOZOIODOLATE DE POTASSE, SOZOIODOEATE DE SOUDE. ClÛstaUX ill-

colores, solubles dans l’eau, employés de la même façon que le sozoiodol : poudre seule ou mêlée au talc, pommade à 5 ou 10 p. 100. Au lieu de sozoiodolale de potasse ou de soude, on dit encore sozoiodol potassique, sozoiodol sodique.

SPARADRAPS

Les sparadraps sont des tissus de coton ou de lin sur lesquels on étend un emplâtre préalablement fondu : emplâtre de ciguë, emplâtre diachylon, emplâtre de Yigo, emplâtre de thapsia, emplâtre vésicant, emplâtre rouge au minium, etc. (Voy. emplâtres). Ces toiles rendent de grands services pour le pansement des plaies simples, des dermites suppurées, des dermatoses et sypbilides.

SPARTÉINE

Le genêt à balais [Spartius scoparius, Papilionacées) contient, dans ses feuilles et ses ramil les, une substance très active (3 grammes par kilogr.), la spartéÀne, formant avec les acides des sels solubles. Le sulfate de spartéine, le seul usité, est très soluble dans l’eau et peut se prescrire en injections hypodermiques. C’est un tonique cardiaque, qui peut être employé même dans les cas où le myocarde est malade ; il ne s’accumule pas comme la digitale. Les badigeonnages cutanés avec une solution à 1 p. 20 abaisseraient la température du corps (Guinard et Gley).

La dose, à l’intérieur, est de 1 centigramme par jour et par année d’âge. On peut le prescrire en potion ou on injections bypodermiques. l‘our ce dernier usage, je me sers fré((uemment, dans

STAPHYSAIGRE.

les cas de faiblesse cardiaque (broncho-pneumonie, fièvre typhoïde adynamique, etc.), de la solution suivante :

Sulfate de spartéine 0 gr. 20

Sulfate de slryclmiue 0 gr. 005

Eau distillée q. s. pour 10 c.c.

Une seringue de Pravaz deux ou trois fois par jour.

SPIGÉLIE

La spigélie (Loganiacées), surtout la variété Spigelia anthelmia, peut être employée chez les enfants, à cause de ses propriétés vermifuges incontestables. On peut administrer la poudre en nature (1 à 3 grammes) ou la décoction (S à 10 grammes p. 500). On fait prendre, aux enfants qui ont des A^ers, 60 à 120 grammes par jour, et on donne un purgatif.

On prépare également un sirop avec l’extrait aqueux. La racine est plus active que le reste de la plante.

STAPHYSAIGRE

La staphysaigre {Renonculacées) a des usages restreints; on n’emploie que les semenées, d’odeur désagréable, de saveur âcre et brûlante. On les prescrivait au trefois comme éméto-cathartiques et anthelminthiques. Aujourd’hui, on ne s’en sert que pour l’usage externe. Roque a traité la gale avec la décoction de staphysaigre (do à 30 grammes pour 100 d’eau). Mais, le triomphe de la poudre de semences de staphysaigre est dans la pédiculose du cuir chevelu. On l’emploie en nature pour saupoudrer les cheveux, ou en décoction quand il n’y a pas de lésions ulcéreuses ou inflammatoires de la peau. On peut aussi se servir de la pommade :

Poudre de staphysaigre 1 gramuie.

Axonge benzoïnée 30 grammes.

Delphine. — C’est la partie active des semences de staphysaigre [ Delphinium staphymgrici) ; elle est irritante et comparable à la vératrine. On l’administre en granules de 1 milligramme ou en teinture (5 centigrammes par année d’âge dans une potion). On a fait des frictions sur les engorgements ganglionnaires (huile d’amandes douces 30 grammes, teinture de Delphine 1 à 2 grammes). On a employé les onctions de Delphine (5 à 6 grammes pour 30 grammes d’axonge) dans la gale.

STÉRÉSOL

Le stérésol est un vernis antiseptique préparé par Berlioz et contenant 10 p. 100 d’acide phénique :

Gomme laque 270 grammes.

Acide phénique 100

Baume de toiu

Benjoin

Essence de cannelle

Saccharine .

Alcool Q. s. pour , 1 litre.

Ce vernis a été appliqué au traitement de la diphtérie. On l’étend au pinceau sur les amygdales trois ou quatre fois par jour.

On s’en est servi également pour le pansement des plaies opératoires (bec-de-lièvre, circoncision, etc.).

STRAMOINE. Voy. DATURA STRONTIUM

Le strontium existe dans la nature, à l’état de carbonate ou de sulfate; il a été isolé en 1808 par Davy. Ce n’est que depuis quelques années qu’on l’emploie en médecine. Quand on prescrit un sel de strontium, il faut s’assurer qu’il est pur, exempt de baryte. G. Sée a administré le bromure de strontium dans les affections de l’estomac, Laborde et Férédans l’épilepsie. Dujardin Beaumetz a prescrit le lactate de strontium dans l’albuminurie ; Wood a utilisé le salicylate de strontium comme antiseptique intestinal.

Les sels de strontium se prescrivent dans l’enfance aux mômes closes que les sels de sodium ou de potassium.

Soit un enfant atteint d’bystérie, d’épilepsie, de goitre exophtalmique, on prescrira 20 centigrammes de bromure de strontium par jour et par année d’ùge :

Bromure de strontium 2 grammes,

Sirop d’écorces d’oranges 30 —

Eau 100 —

Par cuillerées à soupe de deux heures en deux heures.

I âh 10 —

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