VENTOUSES
Les ventouses, généralement en verre, sont de petits appareils destinés à faire le vide sur une Surface circonscrite du corps, afin d’y appeler le sang, d’y créer une fluxion dérivative. Les cloches en verre, dont on se sert habituellement, peuvent être remplacées en cas de besoin par de petits verres de table. On fait le vide à l’aide d’une lampe à alcool ou en brûlant quelques bouts de papier dans le verre, et en appliquant aussitôt sur la peau. L’air, étant raréfié par la chaleur, la ventouse adhère avec plus ou moins de force aux téguments et détermine une aspiration qui se traduit par un gonflement violacé presque immédiat.
On peut aussi faire le vide avec une pompe. Ce procédé est surtout employé pour la ventouse Junod, sorte de botte métallique permettant de faire une large révulsion sur la totalité d’un membre.
Toutes ces ventouses sont dites sèches^ la révulsion se faisant sans soustraction de sang. Quand, au contraire, on a fait sur la peau, aux points recouverts par les ventouses, des incisions ou scarifications destinées à faire couler le sang, on dit que les ventouses sont scarifiées. Dans ce cas, il y a une véritable saignée locale.
Les ventouses sèches ou scarifiées sont indiquées dans les maladies des voies respiratoires telles que : pneumonie, bronchopneumonie, bronchite aiguë, congestion pulmonaire, pleurésie, etc.
Elles combattent la dyspnée et l’hypérémie interne en attirant le sang à l’extérieur. Les ventouses scarifiées agissent de même, avec plus d’énergie, et font assez souvent disparaître la douleur locale, le point de côté de la pneumonie et de la pleurésie.
Malheureusement, chez les enfants très jeunes ou très maigres, la poitrine ne se prête pas à l’application des ventouses. Les ventouses n’adhèrent pas, ne prennent pas. Ouest obligé d’y renoncer.
On se trouve bien de l’application des ventouses sèches et scariliées sur les lombes, dans les cas de néphrite aiguë et de congestion rénale active ou passive. De même dans les engorgements hépatiques, etc.
VÉRATRINE
En 1818, Meissner retira des semences du veralrum sabadilla (Colchicacées), ou cévadille, une substance qu’il désigna sous le nom devératrine.
En 1819, Pelletier et Caventou trouvèrent la vératrine dans le veratrum album (hellébore blanc) et dans les bulbes du colchique d’automne. En 1855, Merck montra que la vératrine était un alcaloïde cristallisable dans l’alcool absolu. La vératrine est très toxique, et d’un emploi très restreint en médecine infantile. Onia prescrit en pilules de 2 à 5 milligrammes.
Pour l’usage externe, on a préparé une teinture à 1 pour 10 pour frictions et en pommade.
Vératrine ; 0 gr. 25
Dissoudre avec alcoolat et ajouter axonge 30 graïuoies.
Faire des onctions en cas d’anasarque, d’hydarthrose. On peut faire un liniment résolutif avec :
Vératrine 0 gr. 50
Huile d’olive 2 grammes.
lodure de potassium 4 —
Axonge 30 —
Bouchut a employé la vératrine dans le rhumatisme des enfants, à la dose del à 5 milligrammes par jour, pour augmenter jusqu’à 4 céntigrammes. Il associait l’opium à la vératrine. 11 attribue à ce médicament un cas de guérison de rhumatisme compliqué d’endocardite, méningite, névrite optique, etc. On a essayé la vératrine dans la chorée.