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BAUMES

Les baumes’ sont des résines liquides (baumes du Pérou, de Tolu, styrax, de copahu, etc.), ou des produits pharmaceutiques plus ou moins complexes. Parmi ces derniers nous citerons les plus usités ;

1° Baume nu Commanueur' ou teinture balsamique du codex. On fait macérer pendant huit jours 20 grammes de sommités lleiiries d’hypéricum et 10 grammes de racine d’angélique dans 720 grammes d’alcool à 80”; on passe et on ajoute 10 grammes de myrrhe et 10 grammes d’oliban; après huit jours do macération, on ajoute : baume de Tolu et de benjoin (“î' 60 grammes), 10 grammes d’aloès. On filtre ajirès dix jours. Ce baume est

1 gramme, ■ï grammes.

LES MÉDICAMEINÏS CHEZ LES EMFANTS.

employé à l’extérieur comme vulnéraire; en somme c’est un pansement à l’alcool.

2“ Baume de Fiokavanti ou alcoolat de Fioravanti du Codex. C’est encore un alcool chargé de principes aromatiques (laurier, gingembre, cannelle, résines, térébenthine, styrax, etc.); c’est un liquide limpide, stimulant, qui sert à faire des frictions cutanées dans les cas d’anémie, langueur, dyspepsie, paralysies, etc.

3“ Bau3ie NERVAL. — 11 a poui’ fomiule ; moelle de bœuf 3o0, huile de muscades 4S0, huile d’amandes douces 100, camphre 15, alcool à 80® 60, etc. On l’emploie également en embrocations. Il est excitant et fait partie du liniment de Rosen.

4® Baume opodeldoch. — Ce dernier est plus alcoolique que le précédent : alcool à 90® 2 500 grammes, savon animal 300, camphre 240, ammoniaque liquide 100, huile volatile de romarin 60, huile volatile de thym 20. Très employé en] frictions dans les contusions, douleurs rhumatoïdes, paralysies, etc.

5® Baume tranquille. — Ce baume est sédatif et narcotique ; il a pour base différentes Solanées (belladone, jusquiame, morelle, nicotiane, stramoine), sans parler de l’opium en infusion dans l’huile d’olive. On l’emploie contre les douleurs. On renforce son action en ajoutant du chloroforme, du laudanum, etc. :

Baume tranquille 30 grammes.

Chloroforme 5 —

Laudanum de Rousseau 3 —

BELLADONE

Plante de la famille des Solanées, la belladone, Atropa belladona, croît, comme l’aconit, dans les régions tempérées de l’Europe. On utilise surtout les feuilles et la racine.

Quelle que soit la partie de la plante employée, il faut bien savoir qu’elle n’agit que par l’alcaloïde énergique qu’elle renferme et qui porte le nom ^atropine.

Le sulfate neutre d’atropine convenablement dilué et fractionné pourrait remplacer toutes les préparations de belladone.

La belladone a pour action physiologique : de diminuer et tarir les sécrétions (sécheresse de la bouche et de la gorge, soif) ; si la dose est plus forte, à la sécheresse pharyngée se joignent la dysphagie, l’anorexie, l’embarras de la parole ; puis les yeux

BELLADONE

deviennent brillants, les pupilles se dilatent, la vue se trouble, les joues se colorent, la tète devient lourde, le sujet a des vertiges et des étourdissements ; en poussant plus loin la dose, on peut avoir l’agitation, le délire, les hallucinations, l’incontinence des mouvements, de la parole, le météorisme, la petitesse du pouls, la dysurie, la diarrhée.

En cas d’empoisonnement, on pourra agir comme le docteur ^lonteverdi à l’égard d’une fillette de trois ans qui avait avalé un collyre de 15 grammes contenant 5 centigrammes de sulfate d’atropine et autant de chlorhydrate de cocaïne. L’enfant, après une période de vertiges, d’agitation, de délire, avec alternatives de rires et de pleurs, avait présenté la mydriase, la tachycardie, le stertor, le froid aux extrémités. Quatre heures s’étaient écoulées depuis l’ingestion et on ne pouvait songer à évacuer l’estomac par la sonde ou les vomitifs. On fit une injection souscutanée de 1 centigramme de chlorhydrate de morphine, des frictions au vinaigre aromatique; l’enfant prit un lavement excitant. Deux heures après, elle sortait de son assoupissement, et deux jours après, elle était guérie.

En cas d’empoisonnement par la belladone, on essaiera donc l’opium, et aussi le café, l’alcool, peut-être même la fève de Calabar, dont l’alcaloïde, l’ésérine, agit sur la pupille dans un sens opposé à celui de l’atropine.

Les préparations de belladone usitées en pharmacie sont : l’extrait de feuilles ou de racines, la teinture de feuilles et le sirop fait avec cette teinture (75 centigrammes pour 10 grammes).

Les feuilles sèches, pulvérisées, entrent dans la composition des cigares et cigarettes antiasthmatiques. Elles peuvent aussi servir à confectionner des pilules, en usage surtout chez les adultes. La dose de poudre est de 1 centigramme par année d’àge.

L’extrait hydro-alcoolique de racines de belladone s’obtient en faisant agir sur la plante l’alcool à 00" ; on reprend par l’eau et on évapore jusqu’à consistance suffisante.

La dose de cet extrait est de un demi à 1 centigramme par jour au plus et par année d’àge.

La teinture alcooli({ue s’obtient en traitant une partie de feuilles par cinq parties d’alcool à 00" ; c’est la préparation la plus employée; elle se prescrit par gouttes comme l’aconit (II gouttes par année d’àge).

• Le sulfate neutre d'atropine se donne aussi par gouttes d’une solution à 1 centigramme d’alcaloïde pour 10 grammes d’eau distillée. Un milligramme de sulfate d’atrophine est contenu dans XX gouttes (II à V gouttes pai-année d’âge).

Pour l’usage externe, on fait des collyres au sulfate d’atropine à 1 p. 300, 1 p. 500. Les granules de un demi ou 1 milligramme d’atropine sont surtout utilisés chez l’adulte contre les sueurs profuses.

Indications et contre-indications. — La belladone est indiquée' dans les maladies de l’appareil respiratoire à caractère liypersécrétoire et spasmodique, depuis le coryza jusqu’à la bronchite et à la coqueluche, parce qu’elle dessèche les muqueuses et calme les nerfs.

On donnera la belladone dans la laryngite simple et striduleuse, dans le spasme glottique, dans le rhume de poitrine ou trachéobronchite, dans la grippe, l’asthme, l’emphysème, l’adénopathie bronchique.

La belladone est contre-indiqiiée dans les maladies du poumon compliquées d’abattement, de prostration, de collapsus .(pneumonie, broncho-pneumonie, elc.).

C’est surtout dans la coqueluche qu’on a usé et abusé de la belladone ; mais il faut forcer la dose pour en obtenir un effet antispasmodique appréciable.

On a employé la belladone dans les coliques intestinales, la fissure à l’anus, la constipation. Contre la constipation, elle agit bien, si elle est associée à un purgatif comme l’aloès, la scammonée, le podophyllin ; elle peut se prescrire en suppositoires, en pommades, etc..

Dans la pérityphlite, M. Ferrand emploie la belladone de préférence à l’opium comme calmant et antispasmodique; il accuse l’opium de favoriser la coprostase, qué la belladone au contraire tend à dissiper.

On l’a essayée dans les flux salivaires, dans la dysménorrhée des jeunes filles.

On l’a beaucoup donnée aussi, depuis Trousseau, dans l’incon-' tinence essentielle d’urine, Venuresis nocturna ; elle pourrait agir dans ce cas en supprimant l’action réllexe, en anesthésiant la muqueuse vésicale, en resserrant les libres du sphincter.

Mais cela n’est qu’hypolhétique, et les échecs sont nombreux.

BELLADONE

Très incertaine encore est l’action de la belladone dans l’épilepsie, les affections convulsives de l’enfance, la chorée, la tétanie ; ces névroses, traitées jadis par des doses énormes de belladone, n’ont été que rarement guéries ou amendées par ce médicament. Hahnemann a voulu en faire un préservatif de la scarlatine, mais les expériences de Barthez à Sainte-Eugénie, et de Balfour à Chelsea, ont démontré que la valeur prophylactique de la belladone à l’égard de la scarlatine était simplement égale à zéro. Dans les dermatoses, la belladone a été employée intus et extra pour combattre les démangeaisons, le prurit, etc. Elle agit bien contre les sueurs profuses des phtisiques.

En somme, quoique la belladone soit prescrite couramment et d’une façon banale, elle ne donnera de bons résultats que dans les flux pituitaires, bronchiques, salivaires, dans les toux spasmodiques de la coqueluche, de l’asthme, de la laryngite, de la tracbéo-bronchite, etc. Dans les autres maladies où l’usage veut qu’on la prescrive, son action est des plus infidèles.

Pour l’usage interne, je l’ai déjà dit, la préparation pharmaceutique la plus employée est la teinture alcoolique de belladone, qui se prescrit par gouttes, aussi bien chez les enfants que chez les adultes.

Mode d’admixistration et doses. — R. Blache est pour les doses faibles, et conseille de ne pas dépasser III, IV, V gouttes jusqu’à, deux ans, V à VIII gouttes jusqu’à trois ans, X à XX gouttes jusqu’à dix ans; encore faut-il avoir soin de fractionner les doses.

J. Simon, qüi a toujours beaucoup usé de la teinture de belladone, v^a plus loin et déclare qu’il a pu donner sans danger, en fractionnant les doses, XL gouttes à des enfants de trois ans, LX gouttes à quatre ans, et jusqu’à CXX gouttes chez une fille de treize ans. ,

Il n’y a pas en effet de règle absolue, et l’on doit chercher à atteindre la limite des effets physiologiques (visage animé, yeux brillants, pupilles dilatées). En commençant par II gouttes et en allant à V gouttes de teinture par année d’âge, soit X gouttes à un enfant de deux ans, XX gouttes à un enfant de quatre ans, XXX gouttes à un enfant de six ans, on ne nuira pas, à la condition de répartir cette dose sur toute la journée et de s’arrêter s’il y a intolérance ou menace d’intoxication. C’est surtout à la

période convulsive de la coqueluche qu’on usera largement de la belladone, soit pure, soit associée à l’aconit. On pourra prescrire ;

Teinture de belladone Alcoolature d’aconit. .

âh 6 grammes.

X, XX, XXX gouttes en quatre ou cinq fois dans la journée, suivant l’âge des enfants; on se servira, comme véhicule, d’une cuillerée à café de lait ou d’eau sucrée.

La teinture de belladone peut être associée à la teinture de drosera rotundifolia ou de grindelia robusta, à l’élixir parégorique, à l’eau de laurier-cerise, etc.

Teinture de belladone

Teinture de drosera

Teinture de grindelia

Alcoolature de racines d’aconit

Élixir parégorique

Eau de laurier-cerise

V à X gouttes toutes les deux ou trois heures; augmentez de I goutte par prise et par jour jusqu’à effet.

On peut aussi mêler la teinture à un sirop simple ou composé :

ââ 2 grammes.

Teinture de belladone

Sirop de fleurs d’oranger

Sirop de codéine

Eau distillée

Une cuillerée à café de deux heures en deux heures

XXX gouttes, âa 10 grammes.

GO

Dans les douleurs intestinales, J. Simon a prescrit IV à X gouttes, avant le repas, de la mixture suivante :

Teinture de belladone l

— de cannelle >ââ 5 grammes.

— de Colombo ;

Dans les douleurs qui accompagnent quelquefois l’établissement de la menstruation chez les jeunes filles, il a conseillé l’association avec l’élixir parégorique :

Teinture de belladone 5 grammes.

Élixir parégorique 10 —

On peut donner par jour, à une fillette de douze à quinze ans, XL à LX gouttes de cette préparation.

Quand, dans la coquelucbe, le cœur faiblit, quand le pouls prend une fréquence exagérée, il y a avantage, comme le faisait

II. Roger, à associer la belladone à la digitale; on peut prescrire à son exemple ;

Teinture de belladone 10 grammes.

— de valériane >

— de digitale i

V à LX gouttes par jour suivant l’âge.

Si la teinture de belladone est aujourd’hui la préparation la plus employée, il n’en a pas toujours été ainsi et l’on avait jadis recours volontiers à la poudre et à l’extrait.

Sandras prescrivait, dans la coqueluche ;

Poudre de racine de belladone 0 gr. 05

Sucre pulvérisé 0 gr. 25

Pour 1 paquet, 2 <â 8 par jour suivant Tàge.

Trousseau formulait :

Poudre de belladone Extrait de belladone,

Sa 1/2 centigramme.

Pour 1 pilule, 1 le matin, ou 1 matin et soir, suivant l’àge (au-dessous ou au-dessus de quatre ans) ; pour faire prendre ces pilules, ou les écrase et on les mêle à de la conûture, à du sirop, à du lait sucré, etc.

Le sirop de belladone est très employé, soit pur, soit mitigé par le sirop de Tolu; M. Cadet de Gassicourt prescrit :

Sirop de belladone 50 grammes.

Sirop de Tolu 150 —

Une cuillerée à café en deux ou trois fois dans la première enfance, puis augmentation progressive par demi-cuillerée à café, jusqu’à sédation des quintes de coqueluche. Pour les enfants de plus de sept ans, on commencera par deux cuillerées à café et on augmentera progressivement jusqu’à ce que les pommettes rougissent et que les paupières se dilatent.

On peut associer le sirop de belladone au sirop d’opium, de codéine, d'éther, etc.

Sirop de belladone 30 grammes.

Sirop de codéine. 30

Bromure de potassium 2 —

Eau de fleurs d’oranger 'SO —

Une cuillerée à café matin et soir à trois ans ; trois cuillerées à café par jour audessus de cet âge.

En résumé, la dose moyenne de sirop de belladone sera d’une

cuillerée à café (o grammes) par trois années d’àge; une cuillerée à trois ans, Jeux à six aiis, trois à neuf ans, quatre à douze ans, etc. On pourra aller plus loin. en suivant de près les etfets du médicament et en fractionnant les doses. Les extraits, teintures, sirops de belladone n’ont malheureusement pas toujours une valeur égale. 11 y a des teintures très énergiques et d’autres qui le sont très peu. Nous ne savons jamais d’avance quelle est la teneur en atropine des teintures que nous prescrivons. De là une grande incertitude dans les effets obtenus. Il serait préférable de recourir, d’un commun accord, au sulfate neutre d’atropine, dont il est facile d’avoir des solutions parfaitement titrées.

Quand on se sert de l’alcaloïde, du sulfate d’atropine, qui n’est pas seulement employé en oculistique, mais encore en médecine interne, on choisit des solutions très étendues ; Archambault prescrivait une solution au millième :

Sulfate d’atropiue 0 gr. 01

Eau distillée 10 gi’ammes.

1 goutte trois fois par jour dans une cuillerée à café d’eau pour un enfaut d’un an ; doubler au bout de quelques jours pour les enfants plus âgés.

J. Simon, plus audacieux, a pu donner, à trois ans, dans la coqueluche, jusqu’à 2 milligrammes d’atropine par jour, soit NL gouttes de cette solution. 11 ne serait pas prudent de débuter par cette dose.

■ Dans l’épilepsie et les affections convulsives de l’enfance, si l’on emploie la belladone, on fera bien de l’associer au bromure de potassium, qui renforcera son action calmante et antispasmodique : •

Extrait de belladone 0 gr. 10

Bromure de potassium 10 grammes.

Sirop d’écorces d’oranges amères 200 —

Une cuillerée à café matin et soir dans la première enfance, une cuillerée à dessert deux fois par jour de cinq à dix ans, deux et trois cuillerées à soupe au-dessus de dix ans.

Pour l’usage externe, la belladone est prescrite en pommade ou en lininient.

La pommade se faisait autrefois avec l’axonge et l’extrait de belladone, à la dose de 4 grammes d’extrait pour 3U grammes de corps gras.

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